Le PDG de Siemens, Joe Kaeser, et le PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, annonçant la signature de leur accord de fusion des activités ferroviaires, à Paris, le 27 septembre 2017. REUTERS / Stephane Mahe

Alstom s'affiche en net repli à la Bourse de Paris, lundi 7 janvier 2019, alors que la fusion du constructeur ferroviaire français avec le groupe allemand Siemens semble loin d'être acquise. 

Les propos tenus dimanche par Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie et des Finances, sont venus le rappeler. "Je souhaite que cette fusion aille jusqu'au bout et je ne vois aucune raison acceptable que la Commission s'y oppose", a-t-il déclaré au micro d'Europe 1 Et CNews

Le ministre français met en garde Bruxelles et ne mâche pas ses mots :

"Ce ne serait pas simplement une erreur économique, ce serait une faute politique, parce que ça affaiblirait toute l'industrie européenne face à la Chine."

La direction générale de la Concurrence de la Commission européenne doit se prononcer d'ici le 18 février sur le mariage des deux constructeurs. En attendant, Alstom chute de 2,76% en Bourse, à 10h03 ce lundi. Siemens recule de son côté de 0,36%.

Cours de l'action Alstom à 10h03, lundi 7 janvier 2019. Investing

Fin octobre, Bruxelles précisait craindre que cette "concentration" entre les deux groupes "ne réduise la concurrence pour la fourniture de plusieurs types de trains et de systèmes de signalisation", rappelle Europe 1. En conséquence, la Commission n'avait pas donné son feu vert à la fusion.

Alstom et Siemens ont depuis annoncé la cession d'actifs communs, portant notamment sur des activités de signalisation et de production de matériel roulant, pour un montant total d'environ 600 millions d'euros.

"Le droit de la concurrence européen est obsolète", a martelé Bruno Le Maire dimanche. "Il a été créé au XXe siècle et fait face aujourd'hui à l'émergence de géants industriels du XXIe siècle, et il ne permet pas à l'Europe de créer ses propres champions industriels", estime-t-il.

Bruno Le Maire veut un constructeur européen performant

Le ministre évoque notamment le géant chinois CRRC, dont le chiffre d'affaires ferait le double de celui de Siemens et Alstom réunis. La fusion des deux doit donner naissance à un groupe pesant 15 milliards d'euros au total. 

"Cela ne sert à rien de demander une fusion pour qu'Alstom et Siemens se débarrassent de leurs technologies, leurs savoir-faire les plus performants", a ajouté Bruno Le Maire.

Pour rappel, suite au rachat de la branche énergie d'Alstom par la société américaine General Electric en 2014, la branche transport ferroviaire du constructeur français doit fusionner à parité avec Siemens.

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : 'Une année qui pourrait être aussi difficile que 2018': 5 experts qui gèrent des milliards d'actifs disent ce qu'il faut attendre des marchés en 2019

VIDEO: Ces étonnants projets de gratte-ciels sont en bois