La messagerie instantanée devait bouleverser les médias — voici ce qu'il en est réellement aujourd'hui

Steve Carrel joue un présentateur involontairement prolixe dans "Bruce Tout Puissant". YouTube/James Carbonie

Il y a un peu plus d'un an, le site d'information Quartz sortait son application mobile en forme de chatbot.

Il y a un an, Facebook dévoilait une offre de bots dans Messenger.

Il y a un an, tout cela semblait furieusement révolutionnaire et moderne. On permettait enfin au lecteur d'interroger un média sur l'actualité de son choix en mimant une relation unipersonnelle entre un média et son lecteur.

C'est une suite logique de la révolution qu'internet a été pour les médias: celle d'avoir pour la première fois un retour en direct et en continu du lecteur sur le contenu.

Dans une récente interview à Business Insider US, Jonah Peretti, fondateur de Buzzfeed, l'expose ainsi: 

"Une des choses essentielles qu'internet permet et que vous n'avez pas dans la presse écrite et la télévision, c'est le feedback de l'audience et une quantité considérable de données qui arrivent et vous montrent ce que les gens partagent. Sur quoi cliquent-ils? Comment interagissent-ils? Quand décrochent-ils quand ils regardent une vidéo? Quand arrêtent-ils de faire défiler une page? Quels type de commentaires écrivent-ils?"

Dans l'âge de la messagerie instantanée, on peut désormais savoir ce qui intéresse et interroge les lecteurs. De quelle manière ils souhaitent comprendre une actualité. Qu'est-ce qui est plus ou moins intéressant. Etc.

L'interface de l'application Quartz demande au lecteur s'il veut en savoir plus ou passer à autre chose. Capture d'écran

Mais un an plus tard, les chatbots qu’il faut interroger pour suivre l’actualité n’ont pas encore pris la place des applications classiques où l’on navigue librement au milieu des contenus proposés.

Les éditeurs de contenus doivent, avec des bots sur Facebook Messenger, régler encore une fois le problème de toute stratégie de distribution:

Comment faire découvrir mon chatbot aux utilisateurs lorsqu'il est noyé parmi 1000 autres dans un portail d'application? 

C'est un défi pour les applications mobiles sur l'App Store et Google Play. C'est un problème pour les chatbots sur Facebook Messenger.

Un an après le lancement de ces derniers, de nouveaux usages numériques poussent aussi à s'interroger sur le potentiel réel de cette méthode de distribution de contenus.

En effet, comme Mary Meeker le souligne dans son édition 2017 du très emblématique Internet Trends Report, l'humain a deux nouvelles façons de converser avec les machines sans passer par le clavier: l'image et la voix.

De plus en plus, l'image est la donnée qu'on entre dans une appli. Mary Meeker

La voix peut remplacer le clavier, suggère Mary Meeker dans son dernier Internet Trends Report. Mary Meeker

Avec l'essor d'Alexa, Siri et Google Assistant, la "botification de l'information" esquissée par Nieman Lab passerait alors peut-être plutôt par la voix que par la messagerie instantanée.

Les chatbots n'auront alors été qu'une étape pour apprendre au "consommateur" à converser avec une intelligence artificielle, à le préparer à un monde dans smartphone et sans clavier...

Cette problématique, qui interroge les médias mais aussi les annonceurs, sera posée lors d'un débat à la conférence Vivatech, dont Business Insider France est partenaire, le 15 juin prochain.

Réservez votre ticket ici.

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : L'ETAT DE LA TECH EN 2017 SELON MARY MEEKER: Voici ce qui se passe sur internet en ce moment

VIDEO: Cet oreiller de voyage devrait résoudre un problème fréquent des coussins classiques pour le cou