Google va faire payer les fabricants de téléphone pour ses applis Android en Europe — un changement sans précédent afin de se mettre en accord avec les régulateurs

Le DG de Google Sundar Pichai. Getty Images/Justin Sullivan

  • Pour se conformer à une décision antitrust de l'Union européenne, Google n'impose plus aux fabricants de téléphones Android d'accorder un traitement préférentiel aux applications Google.
  • L'inconvénient, pour les fabricants utilisant Android, c'est que, s'ils veulent installer Google Play ou Gmail sur leur téléphone, ils devront payer.
  • Google fait appel de la décision de l'UE mais doit commencer à s'y conformer ou risquer davantage de sanctions.

L'Union européenne semble obtenir ce qu'elle veut de Google, au moins en partie.

Suite à la répression exercée par les régulateurs européens, Google annonce mardi 16 octobre dans un billet de blog qu'il ne sera plus nécessaire pour les fabricants européens de téléphones fonctionnant avec Android d'accepter un ensemble d'applications de la société.

L'inconvénient pour les fabricants d’appareils est que Google fera payer pour la première fois la plupart de ses applications les plus populaires.

Google a annoncé son intention d'introduire un nouvel "accord de licence payant" pour les smartphones et tablettes utilisant ses logiciel et expédiés sur le marché européen. L'article du blog ne précise pas quels logiciels Google vendra lorsque le programme de licence en question entrera en vigueur le 29 octobre.

Selon un article paru dans le New York Times, Google vendra des licences à des entreprises européennes de produits électroniques grand public pour un pack comprenant le magasin d'applications Google Play, Gmail, YouTube et Google Maps.

Cette opération marque un changement majeur pour Google, qui a construit une société valorisée 780 milliards de dollars presque entièrement en offrant ses produits gratuitement et en vendant de la publicité. Et le passage aux licences payantes en Europe semble d'avantage conçu pour apaiser les régulateurs qu'une volonté de Google de générer de nouveaux revenus.

Google a également annoncé mardi qu'il proposerait des licences commerciales aux entreprises européennes souhaitant pré-installer Google Search et le navigateur Chrome de la société.

>>>> Découvrez l'univers Business Insider France sur Instagram <<<<

Les changements interviennent après que Google ait été condamné à une amende de 4,3 milliards d'euros

Google a toujours proposé gratuitement une version allégée de son système d'exploitation mobile Android. Mais pour donner accès au populaire Play Store de Google, la société a demandé aux fabricants d’installer le kit de Google, qui comprenait le navigateur Chrome et Google Search.

Toutefois, en juillet, les autorités européennes de la concurrence ont constaté que Google avait abusé de la domination d'Android sur le marché, le système d'exploitation mobile le plus populaire au monde. En plus d'imposer une amende de 4,3 milliards d'euros, l'UE a demandé à Google de cesser d'imposer des packs d'applications aux fabricants d'appareils.

L'UE estimait que cette pratique empêchait injustement les concurrents d'atteindre les consommateurs et ordonnait à Google d'offrir un accès aux applications individuellement. Google a fait appel de cette décision. Hiroshi Lockheimer, vice-président sénior des plateformes et des écosystèmes de Google, explique dans le billet de blog publié mardi que la société procédait aux modifications nécessaires pour se conformer à la Commission, en attendant une décision sur l'appel.

Les changements annoncés mardi signifient que les fabricants d'appareils devraient être en mesure de choisir des applications spécifiques de Google, telles que Google Search, mais pas Google Maps, en les associant aux applications de ses concurrents.

Mais il reste à voir si les mesures prises mardi par Google satisferont les législateurs européens. Une question qu'ils ne manqueront pas de se poser est de savoir si les fabricants d'appareils ont un intérêt économique à adopter les applications d'autres entreprises s'ils doivent payer pour Google, qui sont parmi les plus populaires.

Google n'a pas immédiatement répondu aux questions de Business Insider.

Ce contrôle de l'Union européenne intervient à un moment où Google fait l'objet d'une surveillance de plus en plus minutieuse dans de nombreuses juridictions sur diverses questions.

Version originale: Greg Sandoval/Business Insider

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : Après avoir infligé d'importantes amendes à Google et Apple, Bruxelles s'attaque à Amazon

VIDEO: Voici pourquoi les avions sont dégivrés quand il fait froid

Contenu Sponsorisé

E.Leclerc encourage l'innovation pour répondre aux enjeux du commerce de demain

  1. BERTRAND

    On ferait mieux de faire des GAFAS européens.... on se reunis a 6 ou 8 via des accords multilateraux....
    Dans un monde multipolaire l'inde, la chine, la russie ont chacun
    - leur propre GAFA
    - leur propre OS Systeme serveur
    - leur propre fabricant de routeur
    pour des raisons de guerre économique et de souveraineté numérique.

    La seule zone qui n'a rien fait c'est l'union européen.
    Elle a laisser les americains occuper le vide fabrique volontairement par les technocrates de bruxelles.

  2. Lo

    Il faut bien remarquer le message de google qui défend coûte que coûte son modèle économique: Ah je ne peux plus fournir ma publicité à travers mes services? Alors c'est plus cher! En son temps, Microsoft n'avait pas fait payé l'installation de son lecteur multimédia lorsqu'il avait été condamné à laisser le choix au consommateur, il avait simplement proposé les alternatives. Google pourrait faire de même mais préfère sanctionner le consommateur, mais ce n'est pas légitime...

Laisser un commentaire