Google est prêt à fermer son service d'actualités s'il est touché par la nouvelle directive européenne sur le droit d'auteur

Le DG de Google, Sundar Pichai. Justin Sullivan/Getty Images

  • Richard Gingras, directeur des actualités de Google, déclare au Guardian que Google n'exclut pas de fermer Google Actualités dans les pays de l'UE si le Parlement européen applique une taxe dite "de lien", aussi connu sous le nom "droit voisin".
  • La "taxe de lien" fait référence à l'article 11 de la directive sur le droit d'auteur, un texte législatif soutenu par le Parlement européen en septembre, qui exigerait que des sociétés comme Google détiennent des licences pour établir des liens hypertextes vers les éditeurs de contenus.
  • Gingras indique que même s'il n'est "pas souhaitable" de fermer des services, Google est préoccupé par cette législation dans sa forme actuelle.

Le principal responsable des actualités de Google laisse entendre que l'entreprise est prête à fermer Google Actualités en Europe si l'entreprise est touchée par la nouvelle législation européenne.

Richard Gingras, vice-président des actualités de Google, déclare au Guardian qu'il n'exclut pas de fermer le service d'informations en réponse à la proposition de l'UE de sévir contre la violation du droit d'auteur en ligne, appelée "taxe de lien" ou "droit voisin".

La "taxe de lien" fait référence à l'article 11 de la directive sur le droit d'auteur, un texte législatif voté par le Parlement européen en septembre, qui obligerait des entreprises telles que Google à détenir une licence pour établir un lien avec des éditeurs.

La législation, incluant l'article 11, a été proposée en juillet, mais a été rejetée à la suite des critiques selon lesquelles elle était trop radicale. L'article 11 a été modifié de manière à ce que les hyperliens vers des articles sur "un mot individuel" ne soient pas pénalisés et que les journalistes aient droit à une rémunération de la part de leurs éditeurs si leurs articles sont utilisés par des agrégateurs d'actualités. Le projet de loi fera l'objet d'un vote final au début de 2019.

Richard Gingras déclare que l'avenir de Google Actualités en Europe dépendra de la volonté de l'UE de modifier le libellé de l'article 11. "Nous ne pouvons pas prendre de décision tant que nous n'avons pas vu le texte final", dit-il.

Richard Gingras ajoute que même s'il n'est "pas souhaitable de fermer les services", Google est préoccupé par les propositions dans leur état actuel.

Richard Gingras, vice-président des actualités de Google. Daniel Zuchnik/Getty Images for Advertising Week New York

Il souligne également que ce ne serait pas la première fois que Google ferme son service d'actualités.

En 2014, le gouvernement espagnol a introduit une législation similaire obligeant les sites d'agrégation à payer pour des liens vers des articles de presse, et Google a réagi en fermant son service d'actualités en Espagne, où il est toujours inactif. Richard Gringas affirme auprès du Guardian que cela a conduit à une baisse du trafic vers les sites d'informations espagnols.

"Nous ne voudrions pas que cela se produise en Europe", déclare Richard Gingras au Guardian. "Pour l'instant, ce que nous voulons, c'est travailler avec les parties prenantes."

Il souligne que Google Actualités n'est pas une activité rentable pour l'entreprise, mais un outil social précieux pour les utilisateurs.

"Il n'y a pas de publicité dans Google Actualités. Il ne s'agit pas d'un produit générateur de revenus pour Google. Nous pensons que c'est un service précieux pour la société. Nous sommes fiers de l'avoir comme partie intégrante de l'écurie de services à disposition des gens", affirme Richard Gringas.

Ce n'est pas la première fois que Google s'oppose à la nouvelle législation européenne sur le droit d'auteur. En plus de l'article 11, la directive européenne sur le droit d'auteur inclut l'article 13, qui obligerait des entreprises comme Reddit, Facebook et YouTube, propriété de Google, à surveiller et à supprimer les violations du droit d'auteur sur leurs plateformes.

Susan Wojcicki, DG de YouTube, s'est opposée à l'article 13 dans un éditorial du Financial Times la semaine dernière, affirmant que les résidents de l'UE risquaient de ne pas avoir accès à des vidéos sur le site.

Contacté par Business Insider, Google a refusé de commenter.

Version originale: Isobel Asher Hamilton/Business Insider

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : Les 15 pays d'Europe qui ont accueilli le plus d'investissements étrangers dans l'industrie en 2017

VIDEO: Voici pourquoi les lucioles brillent dans la nuit