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Un Google français pourra exister si les 120 plus grandes entreprises du pays acquièrent 'au moins 1 startup par an'

Un Google français pourra exister si les 120 plus grandes entreprises du pays acquièrent 'au moins 1 startup par an'
© Marion Carrette, présidente-directrice générale de OuiCar

BNP et Compte Nickel, SNCF et OuiCar, AccorHotels et VeryChic ou La Poste et Stuart: en deux ans, il y a eu plus d'une dizaine de rachats majeurs de startups françaises par des grands groupes hexagonaux.

Mais le mouvement demeure limité. Le sujet revient régulièrement sur le devant de la scène quand il s'agit d'évoquer le financement des pépites françaises de la tech et de faciliter les sorties des premiers investisseurs.

Interrogé sur le sujet, le directeur exécutif de l'innovation de la banque publique d'investissement (Bpifrance) Paul-François Fournier estime qu'il faudrait que "les entreprises du SBF 120 effectuent au moins un rachat par an. A ce moment-là, on aurait réussi une partie de notre mission", a-t-il confié devant quelques journalistes, à l'occasion des deux ans de la création du Hub Bpifrance.

Le SBF 120 est un indice boursier de référence à Paris. Il regroupe les 40 entreprises du CAC40, auxquelles viennent s'ajouter 80 entreprises françaises parmi les 200 plus grosses capitalisations boursières.

Le nombre avancé par Paul-François Fournier est même un minimum à l'écouter.

"L'étape va être difficile mais il faut une bascule rapidement. Ça se joue maintenant, dans les 3-4 ans. Si une entreprise fait un ou deux rachats, et qu'elle s'arrête, ça ne marchera pas. Les entreprises du SBF 120 ont réalisé 40 acquisitions en 18 mois contre 70 pour Google à lui tout seul. Il n'y pas de raison que les règles d'un fonds d'investissement sur la prise de risque dans 10-15 startups ne s'appliquent pas à celle d'un grand groupe", pense l'ancien directeur exécutif du Technocentre d’Orange.

Hub Bpifrance/Alice Dardun.

Derrière cette envie de fusion-acquisitions dans la tech française, se cache un enjeu politico-économique pour l'investisseur public: celui de permettre aux plus prometteuses des startups de devenir des champions mondiaux en atteignant des valorisations comprises entre 500 millions et 1 milliard d'euros, à l'image de BlaBlaCar ou Sigfox.

Bpifrance gère 25 milliards d'euros d'actifs dans la tech. C'est le premier fonds souverain au monde dans ce secteur en nombre d'opérations effectuées depuis 2010, selon une étude publiée en début d'année.

Elle finance le secteur par des prises de participation directe ou en abondant les fonds de capital risque d'investisseurs privés.

Avec le Hub Bpifrance, elle a aussi vocation à mettre en relation des startups et grands groupes, à servir d'accélérateur (42 startups pour 220 millions d'euros levés), à aider à la conclusion de contrats commerciaux (35 à ce jour) et à promouvoir la constitution de fonds de corporate ventures.

Avant la fin de l'année, le Hub Bpifrance va lancer une plateforme en ligne pour identifier les startups françaises et favoriser le rapprochement avec les grands groupes.

Business Insider
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