Google licencie l'employé qui avait signé un manifeste anti-parité

Le DG de Google Sundar Pichai à la conférence Google I/O à San Jose, California, le 17 mai 2017. REUTERS/Stephen Lam

Google a licencié un employé qui avait, dans une note interne à l'entreprise, justifié l'inégalité de traitement entre femmes et hommes dans le secteur des hautes technologies par des différences biologiques.

James Damore, l'ingénieur ayant rédigé ce memo d'une dizaine de pages intitulé ""Google's Ideological Echo Chamber", a confirmé son licenciement dans un courriel à Reuters, précisant avoir été remercié pour "perpétuation des stéréotypes de genre".

Il a dit envisager tous les recours légaux possibles.

Un peu plus tôt, lundi, le site Recode a rapporté que le DG de Google, Sundar Pichai, avait envoyé un email interne pour indiquer que certaines parties du manifeste violaient le code de bonne conduite de la filiale d'Alphabet.

Dans son "manifeste", James Damore estimait notamment que la "répartition des préférences et compétences des hommes et femmes diffère en partie pour des raisons biologiques et ces différences peuvent expliquer pourquoi on n'observe pas une répartition égale des femmes dans le secteur technologique et aux postes de direction".

Dans son courriel interne à l'entreprise, Sundar Pichai, a déclaré: 

"Suggérer qu'un groupe de nos collègues a des caractéristiques qui les rend biologiquement moins apte à travailler est offensant et pas OK."

Il rappelle par ailleurs que l'entreprise "soutient fermement le droit des Googlers de s'exprimer, et qu'une grande partie de ce qui est dans le mémo peut faire l'objet d'un débat" mais que le code de bonne conduite exige que "chaque Google fasse de son mieux pour créer une culture sur le lieu de travail qui est dépourvue de harcèlement, intimidation, préjugés et discrimination illégale."

Sundar Pichai nuance le problème ainsi: 

"Nos collaborateurs ne devraient pas se dire, à chaque fois qu'elles ouvrent la bouche dans une réunion, qu'il leur faut prouver qu'elles ne sont pas comme le dit ce mémo, être "agréable" plutôt qu'"affirmative", montrer une "tolérance inférieure au stress" ou être "nevrosée". 

Sundar Pichai estime que plusieurs points soulevés dans le mémo de James Damore méritent d'être discutés, comme la critique des formations de Google, le rôle de l'idéologie politique sur le lieu de travail et l'accès aux programmes dédiés aux femmes et minorités.

Il a aussi écourté ses vacances en Afrique et en Europe pour rentrer à Mountain View, en Californie, où une réunion est prévue jeudi. "Clairement, il y a beaucoup de choses à discuter en groupe — y compris comment créer un environnement plus inclusif pour tous."

Cette polémique arrive quelques mois après que le ministère américain du Travail accuse Google d'appliquer une politique d'inégalité "extrême" de rémunération entre hommes et femmes chez Google. 

"Nous avons constaté des disparités salariales systémiques défavorables aux femmes à tous les niveaux des effectifs", avait résumé Janette Wipper, responsable régionale du ministère du Travail devant un tribunal de San Francisco en avril.

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