Google Stadia est là, voici les autres services qui veulent s'imposer dans le cloud gaming

Sur le stand de Google Stadia au Gamescom à Cologne, en Allemagne, en août 2019. dronepicr/Flickr/CC

Ces deux dernière décennies, le marché des jeux vidéo se résumait à une guerre entre deux fabricants de consoles : Sony et Microsoft, tandis que Nintendo traçait sa route dans sa propre catégorie, avec ses échecs et ses succès. En effet, depuis 2001, pour jouer aux derniers jeux à la mode, vous aviez le choix entre acheter une PlayStation ou une Xbox, ou bien investir dans un PC surpuissant, ce qui n'était pas à la portée de tout le monde.

Cette époque semble maintenant révolue. Grâce aux avancées technologiques permises par l'informatique dans le cloud, jouer au dernier "Call of Duty" ou à "Red Dead Redemption" va bientôt s'avérer aussi simple que de lancer un épisode sur Netflix. C'est ce qu'on appelle le cloud gaming. Pour faire simple : lorsque vous lancez une partie sur votre appareil — ordinateur, téléviseur, téléphone ou tablette — un serveur à distance met le jeu en route, puis un flux vidéo est envoyé vers votre écran, pour afficher le jeu chez vous. Toutes les ressources nécessaires pour faire tourner le jeu sont gérées par ce serveur, si bien que vous n'avez besoin que d'une bonne connexion internet pour jouer de chez vous, ou n'importe où en 4G (et bientôt 5G).

Cette révolution technologique est l'occasion pour de nouveaux acteurs de débarquer sur le marché du jeu vidéo. Ce mardi 19 novembre, c'est Google qui lance enfin son service Stadia auprès d'un nombre limité d'utilisateurs, en s'appuyant sur son importante infrastructure Google Cloud. Mais les historiques comptent bien ne pas se laisser faire. Sony a déjà sa plateforme de cloud gaming, et Microsoft devrait prochainement débarquer, avec l'aide des capacités de sa branche cloud Azure.

Voici les différents services de cloud gaming qui sont déjà disponibles, et ceux qui vont prochainement arriver :

Google Stadia est lancé, mais pas pour tout le monde

Une manette Google Stadia exposée au Gamescom de Cologne, en Allemagne. Marco Verch/Flickr/CC

En lançant Stadia en ce mois de novembre, le géant de la Silicon Valley dame le pion à Microsoft et EA — deux poids lourds du secteur — et fait une entrée fracassante dans le jeu vidéo. Il s'agit d'un démarrage progressif : seuls ceux qui ont précommandé un des deux packs proposés par Google — la Founders Edition et la Premiere Edition — vont avoir accès au service dans les jours qui viennent. Pour les autres, il faudra attendre 2020.

Sur quels supports : sur les téléviseurs équipés d'un Chromecast Ultra, sur les tablettes et ordinateurs via Google Chrome, sur les téléphones Pixel 2, 3, 3a et 4.

Quel prix : en 2020, Google proposera un accès gratuit à Stadia, baptisé Stadia Base, qui permettra de jouer en HD à 1080p, avec un son stéréo. Pour accéder aux meilleurs conditions de jeu, avec des images en 4K et un son surround 5.1, il faudra s'acquitter d'un abonnement à Stadia Pro, pour 9,99 euros par mois. L'abonnement donne aussi accès à des promotions exclusifs et à certains jeux gratuitement ("Destiny 2" et "Samurai Shodown" au lancement).

Quels jeux : sur Stadia, vous devrez acheter chaque jeu individuellement pour y jouer. 42 titres sont annoncés sur la plateforme. 22 d'entre eux seront disponibles dès le 19 novembre, d'autres arriveront plus tard cette année, voire en 2020. Dans la liste : "Red Dead Redemption 2", "Assassin's Creed Odyssey", les trois derniers "Tomb Raider", "NBA 2K20", "Final Fantasy XV", mais aussi le tant attendu "Cyberpunk 2077".

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PlayStation Now, déjà sur le marché

Une PlayStation 4 et sa manette. Pixabay

Sony a déjà son service de cloud gaming, accessible en France depuis 2017. Il revendique un million d'utilisateurs dans le monde. Ce qui est peu, quand on sait que la PlayStation 4 s'est vendue à 100 millions d'exemplaires. Pour profiter du streaming, Sony demande à ce que les joueurs disposent d'une connexion internet supérieure à 5 megabits par seconde. Pour rendre le service plus accessible, il est désormais possible de télécharger les jeux sur la console, pour y jouer hors ligne, avec une qualité d'image allant jusqu'à la 4K (pour ceux qui possèdent une PS4 Pro).

Sur quels support : PlayStation 4, PC sous Windows.

Quel prix : 9,99 euros par mois, 24,99 euros tous les trois mois, ou bien 59,99 euros par an.

Quels jeux : Sony revendique plus de 700 titres PS3 et PS4 inclus, dont certains blockbusters comme "God of War", "GTA V" ou "Uncharted 4" (pour un temps limité). Par contre, ne vous attendez pas à voir les jeux débarquer dès leur sortie en magasin, même pour les jeux exclusifs à la PS4. Ainsi, pas de "Death Stranding" ni de "Marvel's Spider-Man".

Shadow, l'alternative française

Startup française de 250 salariés, Blade commercialise depuis 2015 une service baptisé Shadow, qui compte 65 000 utilisateurs. Bien plus qu'une plateforme de cloud gaming, il vous permet d'accéder, pour le prix d'un abonnement mensuel ou annuel, à un PC en complet sous Windows 10. Celui-ci tourne sur un serveur distant et s'affiche sur votre écran grâce à une simple connexion internet.

Il permet de jouer à n'importe quel jeu compatible avec Windows 10, mais aussi de regarder des films, de faire du montage vidéo, de la retouche photo, ou d'utiliser n'importe quel autre logiciel. Selon Shadow, le service fonctionne avec une connexion ADSL de 5 mégabits par seconde, mais dans les faits, une connexion à 15 mégas assure un usage optimal.

Sur quels supports : l'appli Shadow est disponible sur PC, Mac, les mobiles et tablettes iOS et Android, et les TV connectées et box qui fonctionnent sous Android TV. 

Quel prix : les nouvelles offres de Shadow, lancées en février 2020, débuteront à 12,99 euros par mois pour jouer en HD. Quant à l'abonnement le plus cher, qui permet de jouer en 4K et offre 1 To de stockage, il coûtera 39,99 euros par mois avec un engagement d'un an (49,99 par mois sans engagement). 

Quels jeux : en principe, tous les jeux disponible sur PC sont jouables avec Shadow, du moment qu'ils existent en version dématérialisée. Il vous suffit de passer par un store en ligne comme Steam ou Origin pour les acheter.

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Nvidia GeForce Now, toujours en version bêta après 4 ans

Le fabricant de processeurs et cartes graphiques Nvidia est un précurseur dans le cloud gaming. Son service GeForce Now existe depuis 2015. L'entreprise déploie sa technologie très progressivement : à l'heure actuel, le service est toujours accessible uniquement en version bêta. Il faut donner son adresse email à Nvidia et attendre patiemment de recevoir une invitation. En mars, l'entreprise indiquait compter 300 000 utilisateurs, et un million qui attendaient de recevoir leur invitation, selon Cnet.

Sur quels supports : PC, Mac et box Nvidia Shield. Le service s'est également récemment étendu aux smartphones et tablettes Android.

Quel prix : gratuit, pour l'instant. Le service n'étant accessible qu'en version bêta.

Quels jeux : GeForce Now permet de jouer à des centaines de jeux (la liste est ici). Il faut préalablement avoir acheté le jeu sur Steam, UPlay ou Epic Games Store pour y jouer. Certains jeux sont cependant gratuits.

Le Project xCloud de Microsoft a lancé ses tests publics

Une console Xbox One S. Pixabay

Microsoft a du retard sur Sony en matière de cloud gaming, mais son projet, baptisé Project xCloud, avance. Une preview publique est accessible à un nombre limité de joueurs aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Corée du Sud depuis octobre. Elle devrait être ouverte à des nouveaux pays en 2020 en Europe de l'ouest, dont peut-être la France, ainsi qu'au Canada, à l'Inde et au Japon. xCloud permet initialement de jouer à quatre jeux Xbox One mais Microsoft a annoncé le 14 novembre ajouter 50 titre à son catalogue. Les joueurs peuvent accéder au service sur les smartphones et tablettes Android, à l'aide d'une manette connectée en bluetooth. Là encore, Microsoft avancera en 2020 avec la possibilité de jouer sur les PC tournant sur Windows 10 et d'utiliser des manettes PlayStation 4 ou Razer.

Sur quels supports : la bêta fonctionne pour l'instant sur les smartphones et tablettes Android. En 2020, elle fonctionnera aussi sur les PC tournant sur Windows 10.

Quel prix : Microsoft n'a pas encore communiqué sur le prix, mais le test est bien évidemment gratuit.

Quels jeux : le test public a commencé avec les jeux "Gears 5", "Halo 5: Guardians", "Killer Instinct" et "Sea of Thieves". Cinquante titres ont ensuite été ajoutés au catalogue dont "Shadow of the Tomb Raider" ou "Devil May Cry 5".

Le Project Atlas d'EA, encore mystérieux

"FIFA 19", un des jeux disponibles dans le test technique du Project Atlas d'EA. Electronic Arts

EA veut aussi sa part du gâteau. Début 2018, l'éditeur américain a racheté les activités cloud gaming de GameFly, pour développer son propre service. En septembre, EA a annoncé une phase de tests fermés auprès du public, mais celle-ci ne semble pas encore avoir débuté. Contrairement à des géants comme Google ou Microsoft, EA ne dispose pas d'une division cloud, l'éditeur s'est donc associé à Amazon Web Services pour faire fonctionner son service.

Sur quels supports : EA n'a pas encore indiqué sur quels appareils son service va fonctionner, le test technique aura lieu sur PC.

Quel prix : EA n'a pas encore communiqué sur le prix, mais le test est bien évidemment gratuit.

Quels jeux : quatre jeux seront accessibles lors du test, "FIFA 19", "Titanfall 2", "Need for Speed Rivals" et "Unravel".

Steam, le prochain à entrer dans la bataille ?

Le principal magasin en ligne de jeux vidéo sur PC pourrait prochainement annoncer lui aussi son service de streaming. C'est ce que laissent penser des éléments de code repérés par un compte Twitter, rapporte Digital Trends le 6 novembre. Rien d'officiel pour l'instant.

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