Google veut apparemment lancer un moteur de recherche censuré en Chine après que son DG s'est entretenu secrètement avec le gouvernement chinois

Les anciens locaux de Google à Pékin en Chine. Reuters

  • Google envisagerait de relancer un moteur de recherche en Chine continentale, en accord avec la censure du gouvernement, selon The Intercept. 
  • Le projet dont le nom de code est "Dragonfly" et le nouveau service pourrait prendre la forme d'une appli Android. 
  • Google avait retiré son moteur de recherche de Chine en 2020 car l'entreprise américaine refusait de proposer des résultats censurés. 
  • Selon The Intercept, cela représente un changement et le DG de Google, Sundar Pichai, a eu une réunion en fin d'année dernière avec un représentant officiel chinois pour accélérer le lancement. 
  • The Intercept a parlé au lanceur d'alerte de Google, qui a dit qu'ils avaient des inquiétudes d'ordre éthique par rapport au projet.

Google envisagerait de lancer une version censurée de son moteur de recherche en Chine continentale, après huit ans d'absence dans le pays. 

The Intercept a obtenu des documents qui ont fuité, montrant que le DG Sundar Pichai avait rencontré un représentant chinois officiel en décembre 2017, dans le cadre d'une tentative pour être à nouveau présent en Chine. 

Selon le site américain, le nom de code du projet est "Dragonfly" et les ingénieurs ont créé une appli Android personnalisée, appelée soit "Maotai" ou "Longfei".

Une démo de l'appli a été présentée aux représentants chinois et une version finale pourrait être lancée dans les six à neuf prochains mois, mais elle censurera les termes concernant les droits de l'homme, la démocratie, la religion et les manifestations pacifiques. Elle bloquera également des sites comme la BBC et Wikipedia. Le gouvernement chinois doit encore donner son accord final, a dit The Intercept. 

Le DG de Google, Sundar Pichai, lors de l'I/O Conference de 2018. Greg Sandoval/Business Insider

Si Google se relance en Chine, il s'agirait d'un virage important. Google a une histoire compliquée en Chine et ses services de recherche ne sont généralement pas disponibles dans le pays depuis 2010, date à laquelle l'entreprise a refusé de censurer ces résultats de recherche et a relocalisé ses opérations chinoises à Hong Kong. Le moteur de recherche n'est pas accessible en raison du "Grand Firewall" de Chine, qui bloque beaucoup de services internet étrangers. 

The Intercept a révélé certains détails concernant la manière dont l'appli devrait fonctionner. 

La censure sera également faite dans les recherches d'images, le correcteur orthographique et même dans les recherches suggérées. Cela signifie que Google ne peut pas diriger les gens vers des termes "sensibles" ou des photos censurées par le gouvernement. Google va aussi gérer le service avec un partenaire local, dont le nom n'est pas connu pour le moment. 

Selon The Intercept, quelque centaine de personnes au sein de Google sont au courant du projet Dragonfly, dont le lanceur d'alerte qui a dit qu'il y avait des inquiétudes d'ordre éthique. La plupart du travail est fait en dehors du siège de Google à Mountain View en Californie. 

Google n'a pas répondu immédiatement à la demande de précisions de Business Insider, ni de The Intercept.

Version originale: Shona Ghosh/Business Insider UK

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