Le gouvernement veut plus d'argent pour vous encourager à passer à une voiture propre — et c'est aux constructeurs de payer

Bruno Le Maire, ministre de l'Economie au Parlement européen de Strasbourg, le 23 octobre 2018. EUTERS/Vincent Kessler

La prime à la conversion est au centre des discussions en ce moment dans le monde de l'automobile. Les constructeurs ont eu un rendez-vous ce lundi après-midi à Bercy pour savoir à quelle sauce ils seront mangés.

Le gouvernement veut en effet leur demander de mettre la main à poche pour cofinancer l'actuelle "prime à la conversion". Les constructeurs ont indiqué qu'ils étaient d'accord, mais la décision ne sera prise qu'à la fin du mois de novembre.

L'actuelle prime offre 1000 à 2500 euros aux automobilistes qui lâchent leur vieille voiture (immatriculée avant 2001 pour les diesels si le ménage est imposable et avant 2006 s'il ne l'est pas et immatriculée avant 1997 pour les moteurs à essence) au profit d'un véhicule électrique neuf ou d'une occasion peu polluante (correspondant aux vignettes Crit'air 1 ou 2).

Le dispositif a massivement séduit. Bercy avait envisagé de verser 500.000 primes sur l'ensemble du quinquennat. Mais rien que pour 2018, 250.000 ménages vont en bénéficier a indiqué Bruno Le Maire dans Le Parisien-Aujourd'hui-en-France, soit la moitié de ce qui est prévu.

L'engouement est tel que les finances publiques sont d'ailleurs débordées par la demande. Fin septembre, le Parisien révélait que plus de 70.000 personnes attendaient depuis quatre mois le versement de leur prime par l'Agence de service et de paiement de l'Etat.

Malgré tout, Bercy veut aller encore plus loin pour accompagner le renouvellement du parc automobile et souhaite que cette prime puisse toucher encore plus de Français. Le gouvernement exclut en effet de baisser la fiscalité sur les carburants, dont le prix s'envole et face à la bronca des automobilistes — qui sont appelés à manifester le 17 novembre — sa réponse est d'aider à l'achat d'un véhicule plus récent, qui donc consomme moins. 

Pour cela, il faut de l'argent, encore plus. C'est pourquoi Bruno Le Maire et François De Rugy, son homologue à la Transition écologique et solidaire, négocient avec les constructeurs. Aux constructeurs de financer le surcoût de la nouvelle prime et en échange l'Etat les épaule dans les négociations concernant les nouvelles normes d'émissions de CO2 en cours de discussions à Bruxelles.

Une stratégie similaire est en cours en Allemagne. Volkswagen et Seat viennent de mettre en place une prime à la conversion jusqu'à 7000 euros pour certains modèles diesels, BMW propose jusqu'à 6000 euros, Skoda 6500 euros, Audi jusqu'à 9000 euros et Daimler et Renault vont jusqu'à 10.000 euros.

En France, rien n'est encore acté quant au montant de la prime réclamée aux constructeurs. On devrait en savoir plus dans les prochaines semaines. 

Cet article a été mis à jour à l'issue de la réunion du lundi 29 octobre.

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