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Voici un guide super rapide sur le scrutin explosif qui se tient en Italie ce week-end

Voici un guide super rapide sur le scrutin explosif qui se tient en Italie ce week-end
© REUTERS/Alessandro Bianchi

Les Italiens sont appelés aux urnes ce dimanche 4 mars pour élire un nouveau Parlement. C'est une des élections les plus dangereuses de l'année pour l'économie européenne, même si on en a moins parlé que de la présidentielle française ou des législatives allemandes et néerlandaises.

Outre un renforcement du populisme dans l'UE, le résultat pourrait avoir un impact sur la gestion économique du pays et par extension sur la stabilité européenne.

Voici un résumé rapide des enjeux de ce scrutin explosif:

L'Italie teste une nouvelle loi électorale

Pour la première fois, ce scrutin combine la représentation proportionnelle et un scrutin majoritaire à un tour. Il n'y a donc plus de prime accordée au parti ou à la coalition qui arrive en tête et il faut recueillir environ 40% des suffrages pour constituer un gouvernement. Mais selon les dernières enquêtes — interdites depuis le 16 février — aucune coalition ou parti n'atteindrait ce seuil.

Il y a donc une crainte de blocage.

Il faut surveiller Berlusconi et le Mouvement 5 étoiles

La coalition de l'ancien président du Conseil italien Silvio Berlusconi est en tête des intentions de vote. Elle rassemble Forza Italia, le parti de Berlusconi, la Ligue du Nord, anti-européenne et anti-immigration, le parti d'extrême droite Frères d'Italie et les libéraux-conservateurs de Noi con l'Italia.

Un autre scénario consisterait à voir émerger une grande coalition de Forza Italia et du Parti démocrate, de centre gauche, de l'ancien président du Conseil Matteo Renzi. Mais même en cas d'accord, ils n'auraient pas assez de sièges au Parlement pour former une majorité à deux, prévient Reuters.

Dans ce cas, le président italien pourrait confier à la formation arrivée en tête la mission de former un gouvernement. Il s'agirait probablement du parti populiste Mouvement 5 Etoiles (M5S), crédité de 28% des voix dans les sondages.

"En réalité, le parti qui ressort vraiment en tête est l'abstention, créditée de 30% dans les sondages", résume le service Etudes économiques de Crédit Agricole dans une note dédiée au scrutin en Italie.

Voici les scénarios imaginés par le service des Etudes économiques de Crédit Agricole:

Etudes économiques Crédit Agricole

Les marchés s'inquiètent pour la dette

REUTERS/Guglielmo Mangiapane

La dette publique de l'Italie représente 131% de son PIB, soit le niveau le plus élevé en Europe derrière la Grèce.

Dans ses prévisions annuelles 2018, le spécialiste du renseignement Stratfor expliquait que "les élections générales en Italie vont générer de l'incertitude sur l'avenir de la zone euro. Quand bien même le pays ne quittera pas la zone euro dans l'année, son prochain gouvernement militera pour obtenir l'autorisation de doper les dépenses publiques."

Or, interrogé par Le Temps, le chef économiste de la banque Sarrasin Laurenti Adolfo prévient qu'une victoire de la coalition de centre-droit de Berlusconi ne plaira pas aux marchés:

"Silvio Berlusconi et ses partenaires ont fait des promesses (augmentation des retraites, baisses d’impôts, revenu minimum) qui sont irréalistes et coûteuses et qui peuvent faire dérailler l’économie italienne."

Idem pour un gouvernement mené par M5S:

"Si un tel scénario se matérialise, on verrait l'écart entre le rendement des obligations italiennes et allemandes augmenter rapidement."

L'éternelle question de la construction européenne

"La situation de surendettement de l'Italie et la faiblesse de son adhésion à l'euro constitueront le principal risque politique dans la zone euro en 2018", prévenait Allianz Global Investors dès l'année dernière.

L'alliance menée par Silvio Berlusconi menace ainsi de sortir l'Italie de l'Union européenne si Bruxelles ne renégocie pas d'ici deux ans ses règlements en matière de fiscalité et d'immigration.

Les élections en Italie pourraient donc renforcer de nouveau le raz-de-marée populiste en Europe que d'aucuns pensaient avoir vaincu.

En Espagne, en Pologne, en République tchèque aussi, le projet européen est menacé. Paris et Berlin sont donc isolés dans leur volonté de relancer la construction européenne, et ils ne pourront le faire que dans une période de croissance économique.

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