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Hélicoptères autonomes, essaims de drones... 5 innovations technologiques portées par l'armée chinoise

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Hélicoptères autonomes, essaims de drones... 5 innovations technologiques portées par l'armée chinoise
L'hélicoptère autonome développé par l'entreprise Ziyan, baptisé Blowfish A2, peut être équipé d'obus de mortiers et atteindre une vitesse maximale de 145km/h. © Capture d'écran YouTube/ZIYAN UAV

Sous l'impulsion de Xi Jinping, au pouvoir depuis 2013, la république populaire de Chine a poursuivi et vigoureusement renforcé son programme militaire : depuis 2014, le budget alloué à l'Armée populaire de libération (APL) augmente de 6 à 8% chaque année. En 2021, malgré la pandémie, 202 milliards de dollars (175 milliards d'euros) seront injectés dans la défense — un chiffre en progression de 6,8% en un an.

Toujours largement distancée par les États-Unis — dont l'armée devrait disposer d'un montant colossal de 733 milliards de dollars (613 milliards d'euros) en 2021 — l'APL dispose néanmoins de la première flotte militaire du globe avec 360 navires de combat.

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La volonté de Xi Jinping de faire du pays la principale puissance régionale de la zone Asie-Pacifique a poussé la marine chinoise à adopter une cadence de production sans précédent : en 2019, année pacifique, la Chine a construit davantage de navires que les États-Unis en quatre ans de guerre, entre 1941 et 1945.

La course au développement de technologies de défense est également prise très au sérieux par le dirigeant chinois. Et pour cela, le pays s'inspire beaucoup des autres puissances. "La Chine analyse en permanence les technologies émergentes et les programmes similaires de R&D de haute technologie de défense aux États-Unis, en Russie, en Inde, au Japon, en Israël et dans d'autres pays", écrivait en janvier 2020 Michael Raska, coordinateur du programme de transformation militaire à la S. Rajaratnam School of International Studies à Singapour.

"Cela comprend l'exploitation de sources ouvertes, le transfert de technologies, le retour d'étudiants chinois formés en Occident et, bien sûr, l'espionnage industriel, à la fois traditionnel et, de plus en plus, le piratage systématique."

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Des convergences entre les mondes civils et militaires chinois ont aussi été initiés, à travers la création de plusieurs agences gouvernementales, dans le but de développer des technologies avancées de défense. Avec, en tête de gondole, l'intelligence artificielle (IA). "Les penseurs stratégiques chinois affirment que l'avènement de l'IA pourrait modifier les mécanismes fondamentaux pour gagner les guerres futures", expliquait en 2019 Elsa B. Kania, chercheuse au think tank Center for a New American Security

"Dans la future guerre intelligente, la 'confrontation entre systèmes' d'aujourd'hui pourrait devenir un 'jeu d'algorithmes' dans lequel l'avantage algorithmique est un facteur déterminant de l'avantage opérationnel".

IA mise à part, la Chine se penche tout aussi sérieusement sur d'autres technologies qui feront partie intégrante des futurs conflits : informatique quantique, missile hypersonique, big data...

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Business Insider France a sélectionné cinq innovations de défense développées par l'armée chinoise et les entreprises qui lui sont affiliées :

Hélicoptère autonome

Capture d'écran YouTube/ZIYAN UAV

Présenté en 2019 lors d'un salon international malaisien, le Blowfish A2 est un petit hélicoptère autonome pouvant être utilisé pour des missions diverses. Avec une capacité de charge utile de 15kg, il peut mener des opérations de fret, de reconnaissance ou d'attaque — pouvant embarquer, par exemple, six obus de mortier de 60mm.

Développé par l'entreprise privée Ziyan, basée à Guangdong en bordure de Macao, le Blowfish A2 a avant tout été pensé pour des missions maritimes. D'une taille modeste (1,87 mètre de long pour à peine 60cm de hauteur), il peut décoller et atterrir sur des espaces étroits et résister à des vents allant jusqu'à 60km/h.

Surtout, le Blowfish A2 peut être associé à plusieurs autres hélicoptères de Ziyan pour former un essaim capable d'attaquer une cible de manière coordonnée et totalement autonome.

Selon le Global Times, ces drones-hélicoptères sont d'ores et déjà en service dans quatre pays situés en Afrique, dans le Moyen-Orient ainsi qu'en Asie du sud-est.

Canon électromagnétique

Contrairement aux armes conventionnelles, qui utilisent la mise à feu de la poudre à canon pour propulser la balle, les "railguns" fonctionnent grâce à l'attraction électromagnétique pour tirer un projectile à une vitesse et une portée bien plus importantes. Depuis 2017, la marine chinoise teste ce qui est considéré par CNBC comme "le canon naval le plus puissant du monde".

Monté sur un navire militaire, le canon est capable d'atteindre des cibles situées à 200 kilomètres de distance, le tout à une vitesse stratosphérique de 9 000km/h. D'après CNBC, citant des sources au sein des renseignements américains, le prix de chaque cartouche utilisée par ce canon électromagnétique varie entre 25 000 et 50 000 dollars (20 000 et 42 000 euros).

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Dévoilée pour la première fois en 2011, cette arme ne devrait pas entrer en service avant 2025. Les États-Unis poursuivent un programme de développement similaire, même si leur propre canon électromagnétique n'a pas encore été dévoilé jusqu'ici.

L'APL, comme le média d'État Global Times s'en était fait l'écho en juin dernier, cherche déjà à diversifier cette technologie en la miniaturisant à l'échelle d'un fusil d'assaut classique. Bien que très silencieux, ce prototype reste encore loin de détrôner la puissance et la précision des armes traditionnelles. Qu'en sera-t-il d'ici cinq ou dix ans ?

Essaims de drones

Publiée en octobre dernier par l'Académie chinoise d'électroniques et d'information technologique (CAEIT), la vidéo avait fait grand bruit. Depuis un camion, ce sont pas moins de 48 drones-kamikazes qui peuvent être déployés rapidement en un essaim coordonné. Basés sur l'intelligence artificielle, ces essaims de drones peuvent être utilisés pour des manoeuvres conjointes de reconnaissance ou d'attaque. Petits et très mobiles, ils sont conçus pour harceler les défenses ennemies, pouvant par exemple frapper plusieurs cibles simultanément.

Cette technologie est développée par la majorité des grandes puissances, qui s'évertuent dans le même temps à trouver des moyens pour s'en défendre.

Selon le Global Times, le système peut même être augmenté pour déployer jusqu'à 200 drones dotés de charge explosives "en une seule fois". Les présentés modèles auraient un rayon d'action de 15 kilomètres pour une vitesse de pointe de 150km/h, d'après le média chinois.

Navire de combat autonome

China Shipbuilding Corporation/Twitter

Véritable tank des mers, le navire autonome JARI peut mener une lutte sur trois fronts : sous-marin, en surface et même dans les airs. Développé le conglomérat public China Shipbuilding Industry Corporation (CSIC), le drone a débuté des essais en mer en janvier 2020, d'après le South China Morning Post.

Long de 15 mètres, ce navire a un rayon d'action de 500 miles nautiques, soit 926 kilomètres. Surtout, il est doté d'un arsenal dantesque : deux torpilles anti-sous-marin, deux petits lanceurs de missiles sol-air et antinavires, un canon de 30mm sur son pont avant ainsi que des missiles anti-aériens de courte portée...

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Avec sa vitesse maximale de 77km/h (42 noeuds), le JARI pourrait à terme être capable d'évoluer en essaims, à l'image des drones aériens. "JARI peut être chargé sur un porte-avions ou un navire d'assaut amphibie pour fournir à leurs groupes d'attaque des plateformes de reconnaissance et d'attaque supplémentaires", détaille le média chinois, citant le magazine Ordnance Industry Science Technology.

La technologie reste malgré tout perfectible, notamment sa capacité à résister aux conditions météorologiques difficiles en mer.

Drone sous-marin

Fin décembre 2020, un pêcheur indonésien a découvert un drone sous-marin similaire à un modèle développé par la Chine, qui n'en a jamais confirmé la propriété. Twitter/@MediaSelayar

Le 20 décembre dernier, un pêcheur indonésien de l'île de Selayar a découvert un engin présentant des caractéristiques troublantes avec le Sea Wing, un drone sous-marin conçu par la Chine — officiellement pour récolter des données scientifiques. Le mystère persiste cependant, le pays étant resté de marbre face aux questions qui se sont rapidement muées en soupçons d'espionnage.

Déployés pour la première fois en 2017 en mer de Chine méridionale, les Sea Wing sont équipés pour mesurer divers éléments tels que la température de l'eau, la salinité et le niveau d'oxygène. Peu gourmands en énergie, ils peuvent rester jusqu'à un mois dans les profondeurs.

Ces drones sont surtout très utiles pour mener des missions de reconnaissance en préparation de futures missions. "Les renseignements recueillis par le drone peuvent être précieux pour la marine chinoise si ses sous-marins ont l'intention d'utiliser ces détroits", explique le média spécialisé Naval News.

La plupart des drones sous-marins sont peints en orange ou jaune vif pour les retrouver plus aisément. Mais celui retrouvé en Indonésie était des plus ternes, laissant penser que ses opérateurs souhaitaient garder sa présence discrète.

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