Huawei ne pourra plus utiliser Android et YouTube pour ses smartphones

REUTERS/Thomas Peter

Google a pris une décision lourde de conséquences pour Huawei. La filiale d'Alphabet ne fournira plus de logiciels, de matériel informatique et de service technique au géant chinois des télécoms, à l’exception des services disponibles en open source, a appris Reuters dimanche de source informée. Résultat, les utilisateurs actuels de téléphones de la marque Huawei ne pourront plus mettre à jour le logiciel d’exploitation Android, développé par le groupe californien. En revanche, ils devraient toujours pouvoir utiliser et mettre à jour les applications mobiles fournies par Google.

Cette décision intervient alors que l'administration du président américain Donald Trump a placé jeudi Huawei Technologies sur une liste noire, rendant presque impossible pour l'entreprise l'achat de produits fabriqués aux Etats-Unis. Vendredi, le département américain du Commerce a toutefois annoncé qu'il pourrait prochainement réduire certaines restrictions imposées à la société chinoise en délivrant une licence générale temporaire afin d'"empêcher l'interruption des opérations et des équipements du réseau existants".

Un porte-parole de Google a annoncé, sans entrer dans les détails, que l'entreprise "se conformait à l'ordre et examinait les conséquences". Huawei aura toujours accès à l'Android Open Source Project (AOSP), une version libre de droits du système d'exploitation. Mais il "ne pourra pas accéder aux applications et services appartenant à Google", a précisé une source à Reuters. 

Les applications phares de Google, telles que Gmail, YouTube et le navigateur Chrome, disponibles via le Google Play Store, ne pourront donc plus être utilisées sur les futurs modèles de smartphones Huawei car ces services ne sont pas couverts par la licence en open source et nécessitent un accord commercial avec Google.

Huawei aussi privé de puces américaines

Les détails concernant les services spécifiques affectés par la décision du géant de la tech américain seraient encore en cours de discussions chez Google, qui revendique environ 2,5 milliards d'appareils Android actifs à travers monde. Les détenteurs de smartphones Huawei en Chine ne devraient en tout cas pas être affectés, car la plupart des applications mobiles de Google y sont interdites et remplacées par des alternatives chinoises, telles que Tencent et Baidu. 

En revanche, l'Europe, deuxième marché le plus important de Huawei, risque d'être davantage touchée par cette décision.

Et le groupe chinois pourraient devoir faire face à d'autres difficultés, dans la fabrication même de ses appareils. Plusieurs grands fabricants de puces américains, dont Intel, Qualcomm, Xilinx et Broadcom ont en effet décidé de rompre leurs liens avec Huawei jusqu'à nouvel ordre, selon Bloomberg. Intel est le principal fournisseur de puces pour serveurs de Huawei, tandis que Qualcomm fournit à la société des processeurs et des modems pour ses smartphones, précise l'agence d'informations financières.

Les fabricants européens chutent en Bourse

En Europe, le secteur des semi-conducteurs s'inscrit en forte baisse en Bourse, alors que le groupe allemand Infineon a aussi décidé de suspendre ses livraisons, selon Nikkei, cité par Reuters.

En revanche, l'autre grand fabricant européen de puces, la société suisse STMicroelectronics, cotée à la Bourse de Paris, maintient pour sa part ses livraisons mais prévoit des réunions sur le sujet cette semaine, ajoute le quotidien économique japonais. Ce qui n'empêche pas l'action de l'entreprise de chuter de 6,16% en Bourse, à 11h06 ce lundi.

Huawei a réagi à la décision de Google, mais n'a pour le moment pas fait de commentaires sur les décisions des fabricants de puces. "Huawei continuera à fournir des mises à jour de sécurité et des services après-vente pour tous les smartphones et tablettes Huawei et Honor existants, ceux vendus et ceux restés en stock dans le monde", a déclaré lundi un porte-parole, selon Reuters.

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