Huawei testerait un smartphone avec son système maison à la place d'Android

Un piéton parle au téléphone en passant devant un magasin Huawei Technologies Co, le 29 janvier 2019 à Beijing, en Chine. Kevin Frayer/Getty Images

Les médias d'Etat chinois ont déclaré dimanche que Huawei testait un smartphone tournant avec son propre système d'exploitation HongMeng et que l'appareil pourrait être mis sur le marché à la fin de cette année. Le prix du téléphone serait d'environ 288 dollars (environ 258 euros), ce qui le mettrait à un niveau équivalent aux appareils d'entrée du gamme du marché, a déclaré le tabloïd Global Times proche du Parti communiste de Chine, citant des sources non identifiées.

L'article ajoute que le système d'exploitation HongMeng serait "une alternative au système d'exploitation Android de Google". Huawei prévoirait de le présenter lors de sa conférence annuelle des développeurs le 9 août à Dongguan, en Chine. L'entreprise a déclaré que l'OS HongMeng serait également intégré sur les téléviseurs intelligents Honor de la marque et pourrait bientôt se développer dans d'autres domaines comme la conduite autonome, selon l'article.

Huawei sur liste noire

Cette décision intervient alors que les relations de Huawei avec les États-Unis restent tendues après l'ajout de Huawei à une liste noire commerciale par le ministère américain du commerce en mai, ce qui l'empêche d'acheter des pièces et composants importants à des entreprises américaines sans l'approbation du gouvernement américain. L'administration Trump avait fait part de ses préoccupations quant au fait que la technologie de Huawei pourrait poser un risque pour la sécurité nationale et pourrait servir à espionner. 

En réponse à l'interdiction, Google a coupé ses liens avec le deuxième fabricant mondial de smartphones et a déclaré qu'il cesserait de déployer les mises à jour Android sur les appareils Huawei. Les nouveaux téléphones Huawei n'auront pas accès à des services tels que Gmail et YouTube, ni d'autres applications tierces populaires. Ce changement a forcé Huawei à accélérer le développement de son propre système d'exploitation afin de maintenir sa position de leader mondial de la technologie des smartphones. L'entreprise avait néanmoins affirmé déjà préparer son propre système "plan B" depuis des mois, au cas où.

Plus tôt ce mois-ci, un dirigeant d'entreprise a déclaré à l'agence de presse chinoise Xinhua que le système d'exploitation HongMeng serait utilisé à des fins industrielles plutôt que pour les smartphones, bien que l'article de dimanche semble contredire cette affirmation.

Un assouplissement des restrictions visant Huawei

Après avoir rencontré le président chinois Xi Jinping en marge du sommet du G20 le mois dernier, le président Donald Trump a déclaré que les entreprises américaines pouvaient recommencer à vendre du matériel à Huawei. "Les entreprises américaines peuvent vendre leur équipement à Huawei... il n'y a pas de grand problème d'urgence nationale", a déclaré Donald Trump aux journalistes après sa réunion. Au début du mois, le secrétaire au Commerce, Wilbur Ross, a annoncé un assouplissement de la réglementation à l'encontre de l'entreprise chinoise, conformément aux déclarations de Donald Trump après le sommet du G20, indiquant que les États-Unis délivreraient des licences aux entreprises américaines souhaitant vendre à Huawei tant qu'elles ne constituent pas une menace pour la sécurité nationale, même si la société reste sur la liste noire.

Le président Donald Trump a également rencontré les dirigeants de Google, Cisco, Intel, Qualcomm, Micron, Broadcom et Western Digital Corporation le mois dernier - tous les principaux producteurs d'équipement technologique américain - pour discuter des restrictions visant Huawei. Le PDG d'Intel, Bob Swan, a déclaré à CNBC la semaine dernière que l'entreprise avait recommencé à vendre certains produits à Huawei "dans le respect des règles de la loi" au cours du deuxième trimestre, et qu'elle demandait la permission de vendre à l'entreprise des puces "informatiques à usage général" qui ne posent, à son avis, aucun risque à la sécurité nationale.

Version originale : Business Insider / Rosie Perper

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