Download_on_the_App_Store_Badge_FR_RGB_blk_100517

Huawei va implanter des usines en Europe pour concevoir la 5G

Huawei va implanter des usines en Europe pour concevoir la 5G
© Photographer: Geert Vanden Wijngaert/Bloomberg

Huawei compte concevoir la 5G en Europe. Le dirigeant de l'entreprise chinoise pour cette zone géographique a annoncé mardi 4 février que le géant des télécommunications allait installer "des unités de production" sur le continent européen, alors que le groupe tente de lutter contre la pression américaine sur les pays occidentaux pour y interdire ses activités. "Huawei est plus engagé que jamais vis-à-vis de l'Europe", a déclaré Abraham Liu, vice-président du groupe pour l'Europe, lors d'une réception organisée à l'occasion du Nouvel An chinois à Bruxelles.

"Nous avons décidé d'implanter des unités de production en Europe afin que nous puissions vraiment avoir la 5G pour l'Europe conçue en Europe", a-t-il ajouté, se félicitant à l'idée de "passer les vingt prochaines années ici". Cette annonce intervient quelques jours seulement après que l'Union européenne (UE) a ouvert partiellement la porte à Huawei. L'UE a publié il y a une semaine une série de recommandations strictes pour le déploiement du réseau 5G en Europe afin de prévenir tout "risque pour la sécurité", sans toutefois bannir Huawei soupçonné d'espionnage par les Américains.

Une façon d'amadouer Bruxelles

Ces recommandations, concoctées par les Etats membres de l'UE et l'exécutif européen, préconisent "d'appliquer des restrictions pertinentes pour les fournisseurs considérés comme présentant un risque élevé", sans nommer aucune entreprise. La publication de ces mesures non contraignantes pour les 27 Etats membres de l'UE succédait au feu vert partiel du gouvernement britannique à la participation de Huawei à son propre réseau 5G.

L'UE recommande pour "atténuer les risques pour la sécurité" de procéder à des "exclusions nécessaires (...) pour les actifs critiques et sensibles (...) tels que les fonctions de gestion et d'orchestration du réseau". L'implantation d'usines en Europe contribuerait à persuader les Etats membres de l'UE de renoncer à des mesures sévères à l'encontre de Huawei. Désormais, tous les regards sont tournés vers l'Allemagne, qui a retardé sa décision d'interdiction.

Déjà plus de 13 000 employés et 23 centres de recherche dans l'UE

Dans son discours, Abraham Liu a reconnu que le monde de la technologie était "de plus en plus mêlé aux questions géopolitiques, aux négociations commerciales et au dialogue diplomatique entre les nations". "Toute suspicion motivée par des raisons politiques ne permet pas de relever les défis à venir", a-t-il lancé à l'adresse de Washington. Il a également exhorté l'Europe, les Etats-Unis et la Chine à "investir davantage, dans la discussion politique, pour parler de collaboration et de règles communes".

Huawei affirme employer plus de 13 000 personnes et gère deux centres régionaux et 23 centres de recherche dans 12 pays de l'UE. Le groupe chinois est l'un des principaux fournisseurs mondiaux de technologies de réseau, et l'un des rares — avec les groupes de télécoms européens Nokia et Ericsson — capable de bâtir des réseaux 5G.

Découvrir plus d'articles sur :