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Human Rights Watch appelle les gouvernements à interdire 'd'urgence' les robots tueurs

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Human Rights Watch appelle les gouvernements à interdire 'd'urgence' les robots tueurs
Human Rights Watch participe depuis 2013 à la Campagne contre les robots tueurs, qui appelle au maintien d'un contrôle humain sur l'usage de la force. © Campaign to Stop Killer Robots/Wikimedia Commons
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L'ONG Human Rights Watch (HRW) a de nouveau appelé les gouvernements, lundi 2 août, à entamer d'urgence "des négociations sur l’adoption d’un traité d’interdiction et de restriction des systèmes d’armes autonomes." Un appel lancé à la veille d'une nouvelle réunion, à Genève, réunissant les représentants d'une cinquantaine de pays pour discuter de ce sujet des plus brûlants.

L'ONG s'est saisie de cette occasion pour publier, conjointement avec la Clinique de défense des droits humains internationaux de la faculté de droit de Harvard (IHCR), un rapport de dix-sept pages relatant "les objections fortes contre la délégation de décisions de vie ou de mort à des machines" exprimées lors de la dernière réunion en date de la Convention sur certaines armes classiques (CCAC), en septembre 2020.

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Alors que les progrès en intelligence artificielle révolutionnent le secteur de la défense, la question d'un contrôle des systèmes d'armes létales autonomes (SALA) divise la communauté internationale. Depuis 2013, une trentaine de pays ont clairement appelé à l'interdiction des SALA — parmi lesquels le Brésil, le Maroc ou encore l'Argentine — en addition de plusieurs dizaines d'organisations non gouvernementales.

'Sommes colossales' investies dans le secteur

"Pourtant, une poignée de puissances militaires, plus particulièrement les États-Unis, Israël et la Russie, considèrent le moindre pas vers une nouvelle loi internationale comme prématuré. Ces pays investissent des sommes colossales dans les applications militaires de l’intelligence artificielle et développent des systèmes d’armes autonomes aériens, terrestres et maritimes", regrette HRW.

L'ONG basée à New York a co-fondé en 2013 la Campagne contre les robots tueurs, un groupe de pression international dont elle coordonne la plupart des actions. "Tuer ou blesser des personnes en se fondant sur des données collectées par des capteurs et traitées par des machines serait un affront à la dignité humaine", s'indigne Bonnie Docherty, chercheuse senior auprès de la division Armes de Human Rights Watch et directrice associée de la division Conflit armé et protection des civils à l’IHRC. "Le recours à des algorithmes pour cibler des individus déshumanisera la guerre et portera atteinte à notre humanité."

L'opinion publique opposée aux SALA

Les velléités de signature, au sein de la CCAC, d'un traité encadrant l'utilisation des SALA n'ont pour l'heure pas abouti, et pour cause : il ne suffit que d'une seule opposition au sein de la Convention pour faire échouer un consensus, nécessaire à l'obtention d'un accord.

"Cependant, un nouveau traité n’a pas à être négocié sous l’égide de la CCAC et on constate que certains dirigeants politiques souhaitent vivement avancer sur la question et aboutir plus rapidement à un résultat durable", affirme HRW.

En 2018, un sondage mené par l'institut Ipsos auprès de plus 18 000 personnes issues de 26 pays a montré que 61% du panel était opposé à l'utilisation des SALA.

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