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Ikea, Printemps... Les grands magasins accusent le coup à cause de la pandémie

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Ikea, Printemps... Les grands magasins accusent le coup à cause de la pandémie
Le géant suédois de l'ameublement Ikea a dû fermer 32 magasins sur les 34 que compte l'enseigne en France à la suite des décisions du gouvernement. © Business Insider France/Claire Sicard

La pandémie de coronavirus complique décidément la vie des commerçants, même en 2021. Et cette fois-ci, ce sont les grands magasins qui trinquent. L'addition du Covid-19 commence à être salée et ils appellent le gouvernement à l'aide, après une année 2020 largement tronquée et une nouvelle fermeture administrative début 2021 décrétée à peine les soldes entamés, au sortir de plusieurs mouvements sociaux. Les professionnels ont encaissé un rude coup vendredi soir avec l'annonce d'une fermeture administrative portant sur tous "les commerces non alimentaires de plus de 20 000 m² de surface commerciale utile".

Le géant de l'ameublement Ikea, par exemple, est touché avec la fermeture de 32 magasins sur les 34 que compte l'enseigne en France : "nous avons dû fermer tous nos magasins hier matin, à part celui de Vélizy (au sud-ouest de Paris) et l'atelier de conception de Nice, qui ne sont pas concernés par la limitation de 20 000 m²", explique une porte-parole du groupe à l'AFP. Tous les magasins du groupe suédois n'accueillent pas de clients sur 20 000 m², mais c'est "la surface utile" qui est prise en compte, "y compris celle qui n'accueille pas de public", comme les entrepôts ou encore les bureaux.

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Des difficultés à venir pour les petits commerces des galeries marchandes

Autre subtilité : les grandes surfaces alimentaires installées dans les centres commerciaux restent ouvertes mais sont prises en compte dans le calcul de la surface utile. Gontran Thüring, délégué général du Conseil national des centres commerciaux (CNCC), évoque une "petite galerie commerciale de 3 000 m² à Valenciennes, dans le Nord, qui doit rester fermée parce qu'elle est adossée à un hypermarché de 18 000 m²".

Il y voit un "problème de distorsion de concurrence, puisque dans le même temps l'hypermarché peut continuer à vendre de l'électroménager, du textile ou autre". Lors du second confinement, c'était cette question d'avantage concurrentiel qui avait décidé le gouvernement à condamner les rayons des grandes surfaces proposant des biens "non essentiels", les autres commerces en proposant étant fermés pour lutter contre la propagation de l'épidémie de Covid-19.

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"Les petites galeries marchandes, ce sont aussi des coiffeurs, des opticiens, des cordonniers, qui ne pourront pas ouvrir, contrairement à leurs confrères en pied d'immeuble", abonde Frédéric Merlin, président de la Société des Grands Magasins, qui possède et exploite le centre commercial des Tanneurs à Lille ainsi que cinq autres centres commerciaux en France.

Évoquant un "manque de concertation et de cohérence", il craint en outre que la mesure soit "lourde de conséquences", "un peu le coup de trop". "Les soldes devaient permettre aux commerçants de se refaire un peu de trésorerie" et d'écouler leur stock, mais "on leur a coupé l'herbe sous le pied", regrette-t-il.

Des fermetures au moment des soldes d'hiver

"On stigmatise de grands sites qui avaient investi pour la mise en place d'un protocole sanitaire et prouvé qu'ils n'étaient pas forcément propagateurs de l'épidémie", déplore aussi Yohann Petiot, de l'Alliance du Commerce. Pour certaines enseignes, "cela devient extrêmement compliqué, il y a eu trois mois de fermeture, la perte de la clientèle touristique, et maintenant une fermeture sur la période des soldes", qui doit s'achever le 16 février...

Au moment de leur ouverture le 25 janvier, le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux avait rappelé qu'il s'agissait d'"un jour très important pour les commerçants qui ont souffert énormément depuis plus de trois ans entre les manifestations diverses et le confinement". Bien sûr, "les soldes vont se poursuivre sur internet, mais ce n'est pas ce qui va sauver le business", avertit Yohann Petiot.

Le Printemps et les Galeries Lafayette en grandes difficultés à Paris

La situation est notamment compliquée pour les enseignes parisiennes, comme le Printemps Haussmann ou les Galeries Lafayette, qui ont subi le double coup du télétravail dépeuplant la capitale de nombreux travailleurs et de la fuite temporaire, mais persistante, des touristes. David Pereira, élu SUD au CSE des Galeries Lafayette, rappelle que l'enseigne avait déjà présenté un "projet de plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) associé incluant un plan de départs volontaires (PDV)" au siège du groupe, et se montre "extrêmement inquiet qu'il y en ait un au niveau des magasins".

Les différents acteurs attendent beaucoup d'une réunion prévue en milieu de semaine avec le ministre de l'Économie Bruno Le Maire. "Pour le moment, les aides ne sont pas du tout satisfaisantes", alerte encore Yohann Petiot. Tous demandent en outre "de la visibilité sur la réouverture". Mais comment prévoir dans un tel contexte d'incertitudes?

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