Franck Zal

Franck Zal, cofondateur d'Hemarina, entreprise de biotechnologies. H. Taillard GPO

La recherche française est souvent plébiscitée pour son excellence. Dernière preuve en date : un de ses scientifiques, Jean-Pierre Sauvage, a reçu le prix Nobel de Chimie — avec l'Écossais Fraser Stoddart et le Néerlandais Bernard Feringa — pour ses travaux sur les machines moléculaires.

Mais, hormis le manque de financements comparés à d'autres pays comme l'Allemagne ou encore les Etats-Unis, il lui reste d'autres défis à relever. Selon Franck Zal, cofondateur de la société de biotechnologie Hemarina qui développe des transporteurs d'oxygène à partir d'un ver marin, "il faudrait surtout avoir plus de passerelles entre la recherche fondamentale et la recherche appliquée."

Celui qui a quitté le CNRS pour fonder sa propre société en 2007 explique à Business Insider France : 

"Quand on fait de la recherche fondamentale, on ne sait pas forcément comment une découverte va aboutir à une innovation industrielle. On ne connaît pas les contraintes environnementales, les réglementations etc. On pense qu'il ne 'reste plus qu'à industrialiser', mais le chemin à parcourir pour commercialiser un produit est aussi long que le temps de recherche lui-même. Quand j'ai fondé Hemarina, j'ai dû apprendre tout ça sur le tas."

Ce "manque de réflexes pragmatiques" de la part des scientifiques fait défaut à la France, selon Franck Zal qui prend comme exemple le cas américain. "Le MIT a sa propre unité de production de molécules et donc le chercheur a directement accès à des machines industrielles pour fabriquer son produit. Et ça existe depuis au moins dix ans."

Le dirigeant d'Hemarina — qui devrait bientôt clôturer un tour de table "de plusieurs millions d'euros" — estime que le manque de passerelles entre la recherche fondamentale et la recherche appliquée se traduit in fine par "la réticence de certains chercheurs à déposer des brevets pour leurs recherches" pour les laisser "au service de l'humanité."

"Ces chercheurs ne connaissent pas les codes du monde économique. Si une trouvaille n'est pas protégée, aucun investisseur ne va mettre un euro dessus."

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