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Il n'est pas nécessaire de laver ses masques en machine à 60°, d'après l'Académie de médecine

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La consigne de l'Académie de médecine va à l'encontre de celle de Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. © Vera Davidova/Unsplash

Serait-on face à un énième retournement de situation au sujet des masques ? L'Académie de médecine a publié un communiqué, lundi 7 septembre, réaffirmant l'importance de porter le masque dans les lieux publics. Elle a aussi indiqué la façon dont devraient être lavés, d'après elle, les masques en tissu, aujourd'hui utilisés aux côtés des masques chirurgicaux par le grand public. "Ils peuvent être lavés à la main ou en machine, avec un détergent, comme le linge de corps, la température de 60°C n'étant pas plus justifiée pour le lavage des masques que pour le lavage des mains", peut-on lire dans le communiqué. Une recommandation qui va à l'encontre des consignes données par les autorités sanitaires depuis le début de l'épidémie.

En effet, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) appelle les particuliers à laver leur masque en tissu en machine avec "un produit lessiviel" et à choisir "un cycle à 60°C, d'une durée de 30 minutes minimum". Elle précise aussi qu'il convient de procéder une fois que les masques sont secs à "un repassage sans vapeur à une température de 120 à 130 °C". Le tout pour être sûr d'éliminer le SARS-Cov-2 "mais également d'autres microorganismes potentiellement pathogènes".

Il n'est donc pas question de descendre sous les 60°C, et encore moins de laver son masque en tissu à la main. C'est cette consigne de l'ANSM qui a été reprise par le gouvernement et a été largement diffusée.

Contactées par Business Insider France, l'Académie de médecine et l'ANSM n'ont pour le moment pas répondu à nos sollicitations.

La peau et le tissu ne sont pas forcément comparables

Pour justifier sa consigne, l'Académie de médecine écrit de son côté que "la température de 60°C n'est pas plus justifiée pour le lavage des masques que pour le lavage des mains", un argument qui a été souvent utilisé au début par ceux qui ne comprenaient ce qui justifiait un lavage en machine. "Ici, si le choix du savon et de l’eau n’a pas été choisi pour les masques, c’est que c’est un assemblage de tissus complexe et que le lavage manuel avec de l’eau et du savon serait trop dépendant du facteur humain", expliquait en mai à Ouest-France le Professeur Didier Le Pelletier, chef du service de bactériologie-hygiène du CHU de Nantes et expert auprès du Haut conseil de la santé publique. Il rappelait aussi qu'on ne conseille pas de se laver les mains à 60° C car "on se brûlerait", tout simplement.

L'Académie de médecine va aussi à l'encontre des autorités sanitaires sur un autre point : le temps au bout duquel il faut changer son masque. Dans son communiqué, elle estime qu'il est possible d'utiliser le même masque en tissu durant toute une journée — mais pas au-delà. Pourtant, les autorités sanitaires sont claires : le "masque grand public" doit être changé au bout de 4 heures maximum.

En revanche, tout le monde s'accorde à dire que le masque doit être changé s'il est humide et ne doit plus être utilisé s'il est endommagé.

L'Académie souhaite qu'on porte le masque dans tous les lieux publics, même à l'extérieur

Si une divergence apparaît sur la méthode à adopter pour laver son masque en tissu, les deux organisations sont d'accord sur l'importance de porter un masque.

L'Académie de médecine recommandait dès le 2 avril au grand public de porter des masques "alternatifs". Ce lundi 7 septembre, elle appelle à ce que "l’obligation du port du masque, systématiquement associée aux mesures de distanciation, soit instaurée dans tous les lieux publics, clos et ouverts".

L'Académie estime aussi que "dans l’espace public, les masques en tissu, lavables, doivent être préférés aux masques jetables pour d’évidentes raisons économiques et écologiques" alors que les masques chirurgicaux devraient être plutôt utilisés pour les "activités de soins" et "les personnes malades ou en isolement". Elle reconnaît toutefois que les masques en tissu "ont des performances légèrement inférieures à celles des masques chirurgicaux en termes de filtration et d’étanchéité" mais estime qu'ils offrent plus de confort et de "respirabilité".

Actuellement, le port du masque est obligatoire dans les lieux publics clos et est imposé par les préfets à l'extérieur dans certaines grandes villes comme Paris, Marseille ou Strasbourg.

Par ailleurs, l'Académie de médecine regrette qu'"une pléthore d’affirmations souvent contradictoires entretient la confusion générale et alimente le discours des contempteurs du masque obligatoire, les plus extrêmes n’hésitant pas à dénoncer son caractère liberticide". Espérons alors qu'on se mette d'accord sur la façon de laver les masques en tissu...

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