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Il y a plein de contraintes pour les rhums français — l’Europe vient d’alléger légèrement l’une d’elles

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Il y a plein de contraintes pour les rhums français — l’Europe vient d’alléger légèrement l’une d’elles
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La Commission européenne vient de décider de relever le contingent annuel de rhum traditionnel des Outre-mer bénéficiant d'une fiscalité réduite, passant de 120.000 à 144.000 hectolitres, a annoncé le commissaire européen Pierre Moscovici, estimant qu'il s'agissait d'une "bouffée d'oxygène pour l'économie ultramarine".

La filière canne-sucre-rhum dans les départements d'outremer emploie 22.000 personnes et 23 distilleries.

Environ 25% de la production de rhum dit traditionnel est exporté vers l'Europe, dont 70% dans l'Hexagone.

"Je suis conscient de l’importance économique de la filière rhum-canne-sucre dans les DOM. Le relèvement du quota sur lequel s’applique ce taux réduit, est une bouffée d’oxygène pour l’économie ultramarine. Il porte aussi une promesse de croissance, de dynamisme et d’emplois pour ces territoires", a déclaré Pierre Moscovici lors d’un point-presse.

Ce nouveau volume autorisé par l'Europe doit permettre aux rhums de Guadeloupe, Guyane, Martinique et de la Réunion d'affronter plus sereinement la concurrence de groupes internationaux comme Bacardi et Pernod-Ricard — avec la marque Havana Club — et des rhums de Cuba, du Venezuela, du Brésil, des États-Unis, du Mexique, de Jamaïque ou de République dominicaine.

En effet, ces derniers ne sont pas soumis aux mêmes contraintes réglementaires et financières.

"Par exemple, le prix de la canne payé par une distillerie des DOM peut être six fois supérieur à celui payé par son homologue brésilien", précise le site outremers360.com.

Le prix de revient du rhum des DOM est "environ trois fois supérieur à celui d’un rhum d’un pays environnant: 200 euros par HAP [hectolitre d'alcool pur, nldr] contre 60 à 70 euros pour un rhum brésilien", relevait un rapport du Sénat en 2013.

Pour obtenir l'appellation de "rhum traditionnel", il faut produire et vieillir les produits dans des conditions précises et il n'est pas possible d'importer de la canne ou de la mélasse d'autres régions quand les cours mondiaux varient. Sans compter la différence de salaires.