Le contrôle exercé par Zuckerberg sur Facebook pourrait menacer son cours de Bourse, selon Macquarie

Mark Zuckerberg, CEO de Facebook, le 19 novembre 2016. REUTERS/Mariana Bazo

  • "Zuckerberg contrôle les droits de vote et l'entreprise, s'il veut changer quelque chose, il peut le faire, même si cela a un impact négatif sur les résultats financiers à court terme", affirment deux analystes de Macquarie.
  • "En tant qu'analystes financiers, nous avons tendance à nous inquiéter lorsque nous voyons des PDG qui contrôlent les droits de vote décider de ce qui compte", ont-ils dit à leurs clients.
  • Ils évaluent l'action à "surperformer".
  • Mais leur critique rappelle que Zuckerberg a beaucoup de pouvoir et qu'il fait des erreurs.

Le contrôle de Mark Zuckerberg sur la majorité des actions Facebook  — ce qui lui confère un pouvoir absolu sur la société alors même qu'elles est cotée en bourse — pourrait nuire à la valeur de ces actions, selon les analystes de Macquarie Capital, Benjamin Schachter et Ed Alter.

Ils ont exprimé cet avis après que Zuckerberg annonce que le fil d'actualité Facebook allait donner des priorités différentes aux contenus, notamment en fonction de notes de confiance attribuées par les utilisateurs à des médias.

"Les changements annoncés par FB devraient rappeler aux investisseurs que Zuckerberg contrôle les droits de vote et la société. S'il veut changer quelque chose, il peut le faire, même si cela a un impact négatif sur les résultats financiers à court terme", ont indiqué les deux analystes dans une note adressée à leurs clients le 17 janvier et consultée par Business Insider.

"Il est inquiétant pour nous que Zuckerberg mette l'accent sur des 'interactions sociales significatives' qui sont plus interactives et moins passives. Cette direction est admirable, mais en tant qu'analystes financiers, nous avons tendance à nous inquiéter un peu quand nous voyons des PDG qui contrôlent les droits de vote définir ce qui est significatif et interactif", ont déclaré Schacter et Alter. Il est relativement rare que les analystes actions critiquent Zuckerberg, vu la hausse fulgurante du cours de bourse.

Dans un sens, ils ne font que répéter l'évidence: Zuckerberg a longtemps conservé un contrôle majoritaire des parts, et œuvré et manœuvré pour maintenir ce contrôle, même s'il passe moins de temps à gérer l'entreprise au jour le jour. Donc, la note n'est pas une énorme surprise.

Mais c'est aussi une réaffirmation du fait que sous Zuckerberg, Facebook a fait des erreurs. Ainsi, fin 2016, Zuckerberg avait qualifié de "folle" l'idée que de fausses nouvelles propagées par des agents russes sur le réseau social auraient pu avoir un impact sur l'élection présidentielle américaine cette année-là. Plus récemment, cependant, Facebook a convenu que 126 millions de personnes avaient vu de la propagande russe achetée sur le réseau social avant les élections.

La dernière annonce de Zuckerberg paraît ainsi être une tentative pour corriger la facilité étonnante avec laquelle des éditeurs de médias douteux ont pu manipuler l'algorithme du newsfeed à leur avantage, et diffuser des informations intentionnellement mensongères (fake news) dans votre compte Facebook.

Zuckerberg a longtemps été obsédé par l'information dans Facebook. En 2013, il avait annoncé une refonte du fil d'actualités en disant: "Ce que nous essayons de faire, c'est de donner à tous dans le monde le meilleur journal personnalisé possible." Il avait matérialisé cette vision avec une illustration d'un faux journal local appelé le Monterey Times. En 2014, il a essayé à nouveau, en lançant une application dédiée à l'actualité, appelée Paper.

Ce qui est essentiel, c'est que la vision fondamentale de Zuck pour ce "journal" était locale, personnelle et pertinente. Son interprétation erronnée de l'influence de la Russie lors des élections de 2016, et sa dernière initiative visant à réprimer les fausses nouvelles, portent à croire qu'il a peu d'appétence pour les informations nationales, internationales ou politiques dans le fil d'actualité de Facebook.

Les analystes de Macquarie — qui qualifient FB de "surperformer" — ont écrit:

  • "Encore une fois, nous admirons beaucoup ce qu'il fait, mais d'un point de vue purement financier à court terme, les Unes de l'année dernière sur l'influence sociétale des médias sociaux augmentent les risques non-financiers pour FB. "
  • "... Zuckerberg a clairement déclaré qu'il s'attend à ce que le temps passé et certaines mesures d'engagement baissent, mais croit que les changements seront bons pour la communauté et l'entreprise à long terme."
  • "... C'est le monde de Zuck, et nous faisons juste y poster des choses —  C'est aussi un rappel occasionnel que quand il s'agit de changements radicaux sur Facebook, Mark Zuckerberg est le seul à avoir un mot à dire. L'année dernière, Zuckerberg possédait 59,7% des droits de vote, les investisseurs ayant une opinion divergente ont peu de recours, tandis que Larry Page et Sergey Brin détiennent 51,1% des voix, ainsi qu'Eric Schmidt. Or, ce n'est pas le cas chez autres grands réseaux sociaux ou entreprises tech à forte valorisation, dans la mesure où aucun des dirigeants de AAPL, AMZN ou TWTR n'a le contrôle total du vote. Il est peu probable que cela suscite un débat sérieux à ce sujet, mais cela nous rappelle la réalité de la situation. "

Version originale: Jim Edwards/Business Insider UK

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