L'Inde devrait jouer un rôle majeur dans le spatial dans les années à venir, voici pourquoi

La fusée indienne PSLV-C37 a mis en orbite 104 satellites en février 2017. ISRO

L'Inde a une année spatiale 2019 chargée avec 32 missions de prévu dont notamment la mission Chandrayaan-2, qui devrait être lancée au mois d'avril depuis le port spatial de Sriharikota à Andhra Pradesh, dans le sud de l'Inde, et qui consistera à poser sur la Lune un atterrisseur et un rover. Selon Anita Sengupta, ingénieure spatiale qui avait travaillé sur l'atterrissage du rover Curiosity de la NASA sur Mars et qui est aujourd'hui responsable produit d'Airspace Experience Technologies, une société privée de transport aérien, l'Inde est un acteur majeur à suivre dans ce secteur.

En marge de la conférence internationale Hello Tomorrow dédiée à la deeptech, qui se déroulait les 14 et 15 mars 2019 au Centquatre à Paris, Anita Sengupta a affirmé à Business Insider France que "l'Inde a un lanceur [ndlr: PSLV], qui coûte beaucoup moins cher que tous les autres actuellement en service. Au moment même où il sera sur le marché et que des clients pourront l'utiliser, ça changera la donne. SpaceX avait drastiquement réduit les coûts de lancement avec la Falcon 9, l'Inde pourrait réduire ce prix de moitié, voire plus."

A titre de comparaison, SpaceX a officiellement déclaré dans ses brochures commerciales que le prix moyen d'un lancement avec la Falcon 9 était de 60 millions de dollars, même si selon une lettre adressée au Département américain du commerce, l'entreprise spatiale fondée par Elon Musk fait allusion à un prix beaucoup plus élevé d'environ 120 millions de dollars.

Anita Sengupta a souligné que l'Inde pouvait se reposer sur "de très bonnes écoles d'ingénieurs, une société qui soutient globalement les ingénieurs et qui les voit au même niveau que les avocats ou médecins, sans oublier une mission spatiale qui a permis de mettre en orbite une sonde autour de Mars dès 2014 avec un budget très restreint de 74 millions de dollars et qui a été un véritable succès".

Elle a ajouté que globalement, "l'Asie est la région à surveiller" dans le spatial, avec la Chine, le Japon et l'Inde, précisant que les deux géants asiatiques "ont des bases de lancement très innovantes" pour pouvoir accomplir de grandes choses à l'avenir.

L'Inde a par ailleurs annoncé qu'il comptait envoyer des astronautes dans l'espace d'ici 2022, si l'on se fie au discours du Premier ministre indien Narendra Modi à l'occasion du jour de l'indépendance du pays, le 15 août dernier. Après la Russie, les Etats-Unis et la Chine, l'Inde pourrait ainsi devenir la 4e nation à envoyer des humains dans l'espace par ses propres moyens. Enfin, le géant asiatique prépare aussi une mission spatiale pour Vénus en 2023. Cette planète, un peu délaissée par les Américains ces dernières années, intéresse particulièrement l'agence spatiale indienne qui envisage d'y envoyer une charge utile de 100 kg d'instruments scientifiques, avec notamment un spectromètre UV.

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