Le président de la République Emmanuel Macron à Berd’huis, France, 12 avril 2018. Yoan Valat/Pool via Reuters

Alors qu'il était interviewé ce jeudi dans le 13h de TF1, Emmanuel Macron en a profité pour faire une annonce surprise: afin de développer l’intéressement et la participation, deux dispositifs d'épargne salariale, les entreprises de moins de 250 salariés ne seront plus assujetties au forfait social à partir du 1er janvier 2019.

La mesure est loin d'être anodine. L'intéressement et la participation, comme toute rémunération hors-salaire, est soumis à une cotisation patronale appelée forfait social. Ce dernier a été introduit en 2009 à hauteur de 2%. Il a depuis explosé et affiche deux taux depuis août 2012: 8% pendant six ans pour les entreprises qui signent leur premier accord et 20% pour les autres. Une part qui pouvait représenter plusieurs milliers d’euros de manque à gagner par an et par salarié et donc décourageante pour l’employeur.

Un coût à 440 millions selon Bercy

Conçue pour augmenter le pouvoir d'achat des salariés, la participation permet de leur redistribuer une partie des bénéfices réalisés par leur entreprise. Elle est obligatoire dans les entreprises d'au moins 50 salariés et facultative pour les autres. Au contraire, l'intéressement est totalement facultatif et consiste, pour les employeurs qui ont conclu un accord, à verser aux salariés un complément de rémunération "fondé sur la réalisation d’objectifs ou de performances" tels que le résultat d'exploitation ou la productivité.

La mesure annoncée par le Président sera incluse dans le projet de loi Pacte, présenté le mois prochain par le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Lemaire. Ce dernier, interrogé par Europe 1, a annoncé que la suppression du forfait "coûte cher à l’État": 440 millions d’euros. "C'est donc un effort très significatif en faveur de la rémunération du travail", a-t-il affirmé. La disparition du forfait social sera cependant "intégralement financé par la réduction de niches fiscales dont bénéficient aujourd’hui certaines entreprises" a précisé Bercy.

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : Voici ce qu'il fallait retenir de l'atypique interview du président français sur TF1 enregistrée dans une école de l'Orne

VIDEO: Voici comment Rafael Nadal gagne et dépense ses millions