Des investisseurs de la Silicon Valley font la queue pour investir dans Telegram, l'appli de messagerie critiquée par Theresa May mais adorée des traders en crypto-monnaie

Pavel Durov. Flickr/Techcrunch

  • D'après le Financial Times, Kleiner Perkins Caufield & Byers, Benchmark et Sequoia Capital veulent tous participer à la prochaine levée de fonds de 1,2 milliard de dollars de Telegram.
  • Telegram a vu sa popularité décoller: elle est aujourd'hui l'appli préférée des traders en crypto-monnaie. 
  • Mais l'appli est aussi utilisée par des terroristes ou pour arnaquer des gens sur le marché des crypto-monnaies.

De nombreux investisseurs en capital-risque (VC) de la Silicon Valley rêvent d'investir dans l'appli de messagerie russe Telegram, d'après le Financial Times (FT).

Le FT rapporté vendredi 25 janvier que Kleiner Perkins Caufield & Byers, l'un des premiers investisseurs dans Google et Amazon mais qui a aussi soutenu Uber et Twitter, et Sequoia Capital, qui a parié sur Google et Apple, veulent investir 20 millions de dollars dans Telegram.

Telegram, qui affirme avoir 170 millions d'utilisateurs uniques par mois, veut aujourd'hui lever 1,2 milliard de dollars (960 millions d'euros) via une ICO, ou Initial Coin Offering.

Une ICO est une méthode de levée de fonds au cours de laquelle une startup crée sa propre monnaie virtuelle, structurée comme le bitcoin.

Le FT a souligné que les investisseurs achèteraient cette monnaie digitale pour soutenir la startup. 

Ce qui est intéressant, c'est que de nombreux VC ont l'impression de passer à côté du "boom" des crypto-monnaies.

Les retours sur investissement dans les ICO de l'an dernier ont dépassé les 1000%, mais très peu de VC ont pu y investir car la plupart des termes d'investissements leur interdise. Pendant ce temps, plusieurs entreprises tech se tournent vers les ICO pour lever de l'argent plutôt que de solliciter des fonds de capital-risque.

Capture d'écran d'une chaîne sur Telegram où s'organise un réseau d'arnaqueurs dans les crypto-monnaie. Business Insider/Oscar Williams-Grut/Telegram

Telegram veut utiliser les nouveaux fonds pour créer sa propre plate-forme basée sur la blockchain, qui pourra "accueillir une nouvelle génération de crypto-monnaies et des applis décentralisées".

La messagerie chiffrée et anonyme est devenue l'appli de choix pour les échanges de crypto-monnaie et des entreprises qui souhaitent lever des fonds à travers une ICO.

Par exemple, nos confrères de Business Insider US ont reçu récemment un pitch d'une entreprise en pleine ICO affirmant être la "chaîne sur Telegram à la croissance la plus élevée", ce qui montre le rôle central de l'appli au sein de cet écosystème.

Mais Telegram est aussi devenu un aimant à arnaqueurs, qui veulent exploiter le monde de la crypto-monnaie en manipulant les prix, ce que BI US avait montré l'an dernier, suivie de The Outline et BuzzFeed.

La Première ministre britannique a également critiqué Telegram, lui donnant le nom de "maison des criminels et des terroristes". L'appli a notamment été utilisé par des terroristes de Daesh.

Le DG de Telegram, Pavel Durov, a dit lors d'une conférence TechCrunch Disrupt en 2015:

"La vie privée, et, à long terme, le droit à la vie privée, sera plus important que notre peur des mauvaises choses, comme le terrorisme."

Version originale: Oscar Williams-Grut/Business Insider

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