L'Italie va échapper à des sanctions de Bruxelles après avoir accepté de revoir à la baisse son déficit budgétaire

Le Commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, et le ministre de l'Economie italien Giovanni Tria, à Bruxelles, en Belgique, le 3 décembre 2018. REUTERS/Yves Herman

La Commission européenne avait sommé le gouvernement italien de revoir son objectif de déficit budgétaire pour 2019. Les deux parties sont finalement parvenues à un accord, officiellement dévoilé ce mercredi 19 décembre 2018.

En dépit de l'opposition affichée dans un premier temps par la coalition au pouvoir, formée par la Ligue d'extrême droite et le Mouvement 5 Etoiles (M5S), l'Italie a fini par abaisser sa prévision à 2,04% du produit intérieur brut (PIB).

La Péninsule va ainsi échapper à une procédure disciplinaire pour déficit excessif, a annoncé le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, rapporte Reuters.

La tension sur le marché obligataire est retombée après cette annonce. La prime de risque réclamée par les investisseurs pour acheter de la dette souveraine italienne a fortement diminué, comme l'illustre la chute du spread entre les emprunts d'Etat italiens et allemands à 10 ans

Le spread entre les emprunts italiens et allemands à 10 ans, à 14h30, mercredi 19 décembre 2018. Investing

Le pays devra appliquer dans sa totalité l'accord conclu avec Bruxelles. "La solution sur la table n'est pas idéale. Elle n'apporte pas de solution à long terme aux problèmes économiques de l'Italie, mais elle nous permet d'éviter à ce stade une procédure pour déficit excessif", a déclaré le vice-président de l'exécutif européen.

La Commission avait rejeté le budget 2019 présenté par Rome fin octobre et qui prévoyait un déficit de 2,40% l'an prochain, contre 0,8% promis par le précédent gouvernement. Elle reste préoccupée par le niveau d'endettement de l'Italie, qui dépasse les 130% de son PIB, et milite pour que le pays réduise son déficit structurel.

Pourquoi Bruxelles se montre aussi exigeante envers l'exécutif italien quand elle ne brandit pas la menace de sanctions à l'encontre de la France, qui prévoit un déficit supérieur à 3% après les mesures concédées par le président Emmanuel Macron aux "Gilets jaunes"?

Pierre Moscovici, le commissaire européen aux Affaires économiques, a apporté la réponse mardi 18 décembre au micro de RTL:

"Il y a deux différences majeures entre la France et l'Italie. En France, il y a une urgence sociale, des mesures exceptionnelles, sur un an avec un dépassement temporaire. C'est autorisé par les règles. S'agissant de l'Italie, il y a une politique de relance sur trois ans."

Si la France devrait être le seul pays de l'Union européenne à dépasser les 3% de déficit en 2019, sa dette publique, bien qu'élevée, reste inférieure à celle de l'Italie rapportée au PIB. Elle frôlait les 100% du PIB au deuxième trimestre 2018.

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : Le concessionnaire d'autoroute Vinci renonce finalement à traquer ceux qui ont profité des barrières levées par les 'Gilets jaunes' et à leur envoyer la facture

VIDEO: On a testé le sommeil polyphasique — il modifie considérablement le mode de vie