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Jack Dorsey, le patron de Twitter, sort de son silence après avoir banni Trump de son réseau

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Jack Dorsey, le patron de Twitter, sort de son silence après avoir banni Trump de son réseau
Le PDG du réseau social a publié une série de tweets où il justifie la décision de bannir définitivement le président américain. © Burhaan Kinu/Hindustan Times via Getty Images
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Le DG de Twitter, Jack Dorsey, s'est exprimé mercredi 13 janvier pour la première fois après l'attaque qui a visé le Capitole américain la semaine dernière — qui a précédé la décision de Twitter de bannir définitivement le président pour son rôle d'incitation. Dans une série de tweets, Jack Dorsey a déclaré qu'il estimait que Twitter avait pris la bonne décision compte tenu de la situation extrême, tout en exprimant ses préoccupations quant aux éventuelles conséquences négatives à long terme et en préconisant des efforts plus décentralisés pour réguler les réseaux sociaux.

"Je ne me réjouis pas et je ne suis pas fier que nous ayons dû interdire @realDonaldTrump sur Twitter, ni de la façon dont nous en sommes arrivés là. Après avoir clairement averti que nous allions prendre cette mesure, nous avons pris une décision en nous basant sur les meilleures informations dont nous disposions concernant les menaces à la sécurité physique sur et en dehors de Twitter", a déclaré Jack Dorsey.

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"Je crois que c'était la bonne décision pour Twitter. Nous avons été confrontés à une situation extraordinaire et intenable, qui nous a obligés à concentrer toutes nos actions sur la sécurité publique. Le préjudice hors ligne résultant de la parole en ligne est manifestement réel, et c'est ce qui motive avant tout notre politique et son application", a-t-il ajouté.

Ses commentaires ont fait allusion à la justification de Twitter après avoir banni le président américain la semaine dernière, qui faisait part du "risque de nouvelles incitations à la violence".

Toutefois, le DG du réseau social a également indiqué que le blocage de Donald Trump était loin de constituer l'option la plus plaisante, estimant qu'il s'agissait "d'un échec de notre part à promouvoir en fin de compte un discours sain. Et le moment pour nous de réfléchir à nos opérations et à l'environnement qui nous entoure".

Jack Dorsey a déclaré que de telles actions "fragmentent la conversation publique... nous divisent... limitent le potentiel de clarification, de rédemption et d'apprentissage", tout en créant un précédent "dangereux" en soulignant "le pouvoir qu'un individu ou une entreprise a sur une partie de la conversation publique mondiale".

Peu après l'interdiction de Trump par Twitter la semaine dernière, Facebook et sa filiale Instagram ont pris des mesures similaires, tandis que Snapchat a suivi mercredi — citant chacun l'incitation à la violence de Donald Trump — marquant ainsi la plus importante répression des réseaux sociaux contre une personnalité publique de si haut niveau.

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Cela a incité de nombreux partisans de Trump à se rendre rapidement sur des réseaux sociaux d'extrême droite comme Parler et Gab, qui ont cherché à se faire passer pour des bastions de la liberté d'expression en raison de leur approche laxiste du contrôle des contenus.

Mais alors que de nombreux rapports ont émergé, détaillant la mesure dans laquelle les émeutiers se sont appuyés sur Parler pour organiser et inciter à la violence le 6 janvier, d'autres grandes entreprises technologiques ont commencé à couper les liens avec le site : Amazon, qui l'héberge à partir d'Amazon Web Services, sa plateforme d'hébergement web, et Apple et Google retirant l'application de Parler de leurs stores respectifs.

Jack Dorsey a déclaré qu'il "remettait en question" l'idée qu'une vérification du pouvoir de Twitter sur le débat public avec la concurrence de sites comme Parler et Gab.

"Je ne crois pas que cela ait été coordonné. Il est plus probable que les entreprises soient arrivées à leurs propres conclusions ou aient été encouragées par les actions des autres", a-t-il déclaré à propos des actions des géants technologiques. "A long terme, cela sera destructeur pour les nobles objectifs et les idéaux de l'internet ouvert", s'est-il inquiété.

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Selon le fondateur de Twitter, les réseaux sociaux devaient réfléchir aux "incohérences de (leur) politique et de son application", à la manière dont elles "encouragent la diversion et le préjudice", et accroître la transparence de leurs efforts de modération de contenu, tout en plaidant pour une approche plus décentralisée de la surveillance des plateformes, en donnant le Bitcoin et Bluesky en exemple.

Les questions sur le rôle que les réseaux sociaux — majeurs comme Twitter, Facebook, Instagram, Snapchat et Reddit ainsi que les marginaux comme Parler, Gab, et MeWe — ont joué dans la radicalisation, la connexion, l'incitation et la complicité des extrémistes sont devenues centrales après les événements du Capitole.

Et si le premier amendement de la Constitution américaine ne s'applique pas aux entreprises privées, il a également relancé les débats sur la manière dont ces plateformes — qui ont également cours dans de nombreux pays autoritaires — devraient équilibrer la sécurité publique avec la liberté d'expression et d'autres valeurs conflictuelles.

Version originale : Tyler Sonnemaker/Business Insider US

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