Imaginez avoir un avion privé à votre disposition, qui vienne vous chercher dans n'importe quel aéroport, et ce dans un délai de 10 heures, pour vous emmener où vous le souhaitez. C'est la promesse folle de NetJets pour sa clientèle d'élite. L'entreprise, propriété de Berkshire Hathaway, la holding du milliardaire Warren Buffet, ne révèle pas son chiffre d'affaires mais affirme être la plus grande entreprise d'aviation privée au monde.

Elle compte 7 000 clients, principalement des entreprises, mais aussi des golfeurs, des joueurs de tennis, des artistes, et des hommes et femmes d'affaire. C'est un club privé très exclusif : le tarif d'entrée — une carte prépayée qui vous offre 25 heures de vol — vaut entre 200 000 et 300 000 euros selon la catégorie d'avion. Roger Federer, Novak Djokovic ou encore le groupe U2 font partie des ambassadeurs de la marque.

J'ai eu l'occasion d'embarquer à bord d'un des avions de la flotte de NetJets, pour un vol de démonstration d'une heure autour de Paris. Voici comment cela s'est déroulé :

Rendez-vous à l'aéroport du Bourget. C'est le principal aéroport de la région parisienne pour le jets privés.

Une vue aérienne de l'aéroport Paris-Le Bourget en octobre 2016. Wikimedia Commons/Citizen59/CC

Le Bourget a accueilli 57 295 mouvements en 2018, ce qui en fait la principale plateforme européenne pour l'aviation d'affaire.

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L'aéroport compte huit terminaux. Celui depuis lequel nous embarquons n'a clairement rien à voir avec les immenses aérogares auxquelles on a l'habitude lorsqu'on voyage avec une compagnie aérienne classique. Ici, les clients ont droit à un choix de boissons fraiches et chaudes, et à des canapés confortables — avec vue sur le tarmac — pour attendre leur vol.

Le passage par la sécurité se fait en quelques secondes. On doit retirer tous les objets métalliques qui sont sur nous et passer notre sac au scanner — comme dans tout aéroport — sauf qu'il n'y a évidemment pas la queue.

Voici l'avion dans lequel on va monter. C'est un Citation Latitude, du fabricant américain Cessna.

Il peut accueillir jusqu'à sept passager et est capable de voler pendant sept heures. C'est un appareil de catégorie "moyenne" selon la nomenclature de NetJets.

L'entreprise a quatre catégories d'appareils — légère, moyenne, super moyenne, et grande. Les plus grands jets, les Bombardier Global 6000, peuvent accueillir jusqu'à 13 personnes.

Voici jusqu'où le Citation Latitude peut voler, au départ de Paris.

L'intérieur de l'avion est digne d'une cabine première classe. Il y a une rangée de sièges à l'arrière et quatre sièges qui se font face à l'avant de l'appareil.

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Bien sûr la place à bord n'a rien à voir avec un avion de ligne. Je mesure 1m86 et mes genoux touchent systématiquement la rangée de devant en classe éco. Ce n'est pas le cas ici.

Chaque siège a sa prise de courant (américaine) et son port USB.

Il y a aussi un sac en papier pour les passagers malades.

Il y a également un rideau motorisé, avec deux épaisseurs de tissu, qui permet de laisser passer plus ou moins de lumière.

Au moment du décollage, je suis surpris de la douceur avec laquelle l'avion s'envole. C'est exactement comme le décollage d'un avion de ligne. Je m'attendais à pire. En revanche, je suis assis à l'arrière, juste à côté des moteurs — qui sont très bruyants.

Juste après le décollage, on a une vue incroyable sur Paris — l'aéroport est plus proche de la capitale que Roissy ou Orly. On passe notamment juste au dessus du Stade de France...

...puis au dessus de La Défense, ce qui nous permet d'admirer les Champs Elysées et la Tour Eiffel.

La tablette devant mon siège est, là aussi, beaucoup plus spacieuse qu'en classe éco. On a pu profiter d'un petit déjeuner en plein vol — il y a un frigo et une cafetière Nespresso à bord.

L'arrière de l'appareil est occupé par les toilettes, qui sont très bien aménagées, avec un grand lavabo, de vraies serviettes en tissu, et des produits de luxe pour se laver les mains.

La cuvette est en fait située sous ce siège.

En face, il y a un espace pour pendre des vêtements, et un autre siège. On peut tenir debout et se changer sans problème, tout en fermant la porte.

Et voici la vue du cockpit en plein vol.

Un écran affiche l'emplacement de l'avion en temps réel.

Le vol se passe sans encombre, l'appareil est très stable, sauf dans les virages où ça penche plus que dans un plus gros avion. Sur le retour, on survole le Château de Versailles.

Après une heure dans les airs, on est de retour au Bourget.

Le retour à la vie normale est un peu difficile, on s'habitue vite à ces conditions de voyage.

NetJets opère 750 avions dans le monde et compte plus de 7 000 clients. En France, ils sont 150, ce qui en fait le deuxième marché européen pour l'entreprise, derrière le Royaume-Uni. Et si vous voulez faire partie de cette clientèle d'élite, il faut y mettre le prix.

NetJets opère selon un système de propriété partagée. Vous pouvez ainsi acheter une fraction d'un avion et, en échange, accéder à toute la flotte de NetJets pour un temps de vol donné. Par exemple, en achetant 1/16ème d'un avion, vous pourrez voler 50 heures par an avec NetJets. 1/16ème d'un Citation Latitude, comme celui dans lequel j'ai volé, coûte 1 million d'euros. A ce prix d'achat, il faut ajouter les frais de fonctionnement (150 000 euros par an) et le coût des heures de vol (3 000 euros par heure).

Pour ceux qui souhaite voler moins de 50 heures par an, NetJets propose également des cartes prépayées pour 25 heures de vol. Le prix est un peu plus accessible : "seulement" entre 200 000 et 300 000 euros.

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