Publicité

Jauge, pass sanitaire, Plexiglas... Comment les parcs d'attractions vont-ils rouvrir ?

  • Recevoir tous les articles sur ce sujet.

    Vous suivez désormais les articles en lien avec ce sujet.

    Ce thème a bien été retiré de votre compte

Jauge, pass sanitaire, Plexiglas... Comment les parcs d'attractions vont-ils rouvrir ?
Le parc Walt Disney Studios à Disneyland Paris. © Pixabay
Publicité

Un secteur d'activité ne figurait pas dans le plan de déconfinement tel que dévoilé par Emmanuel Macron jeudi 29 avril : celui des parcs d'attractions. Ce jeudi 6 mai, le secrétaire d'État au tourisme a enfin donné une date. Ou plutôt deux. "Les parcs à thème pourront rouvrir le 19 mai, mais les attractions resteront fermées dans un premier temps", a indiqué Jean-Baptiste Lemoyne sur RMC. "Le 19 mai, ce sera les activités de plein air, les zoos avec quelques espaces comme les aquariums, mais les attractions en elles-mêmes, au sens juridique du terme, ce sera le 9 juin."

Ces dernières heures, quelques destinations de loisirs françaises ont déjà dévoilé leur date de réouverture. Ce sera le 9 juin pour le parc auvergnat Le Pal et le 12 juin pour la Mer de Sable, au nord de Paris. Mais il reste encore quelques points à éclaircir sur les conditions d'accueil du public. Comme le rapportent Le Point et le média spécialisé TourMag, le gouvernement envisage de limiter la capacité des parcs à 5.000 visiteurs dans un premier temps, et de conditionner l'accès à la présentation d'un pass sanitaire.

À lire aussi — La vaccination sera ouverte à tous 's’il reste des doses' la veille pour le lendemain, annonce Emmanuel Macron

Quelle jauge ?

Deux conditions inacceptables pour les représentants du secteur. Pour Arnaud Bennet, directeur du Pal et président du SNELAC, syndicat professionnel des parcs à thème, la jauge de 5.000 visiteurs "est intenable si on veut ouvrir dans de bonnes conditions", confie-t-il à Business Insider France. Son parc couvre une superficie de 15 hectares, et accueille jusqu'à 9 000 visiteurs lors des plus grosses journées d'été. Pour Disneyland, le nombre moyen de visiteurs quotidiens sur une année est de 40 000. Autant dire qu'ouvrir pour 5 000 personnes relève du non-sens économique.

"On peut être 5 000 dans un parc public en centre-ville mais pas 8 000 dans un parc à thème de 15 hectares", ironise Arnaud Bennet. "Est-ce que vous avez des jauges sur les pelouses du Champ de Mars ou au parc des Buttes-Chaumont ?"

Pour le patron du Pal, il faut revenir au protocole mis en place pour la saison 2020 avec une jauge fixée en fonction de la taille du parc, à raison de 4m² par visiteur. "On a l'impression que le gouvernement ne comprend rien", regrette Arnaud Bennet. "Ils ont oublié l'expérience réussie de l'année dernière, alors qu'aucun cluster n'avait été détecté dans les parcs d'attractions."

Pas de pass sanitaire

Quant à l'utilisation du pass sanitaire pour conditionner l'accès aux parcs — comme ce sera le cas pour les grands événements de type concerts, festivals ou salons professionnels —, l'idée fait bondir Arnaud Bennet.

"Je ne vois pas comment on peut gérer le pass sanitaire", affirme-t-il. "On ne pourra pas le contrôler en plus du billet d'entrée et du contrôle Vigipirate." Et surtout, cela imposerait des contraintes qui ne correspondent pas au mode de fonctionnement des parcs d'attractions : il faudrait que les visiteurs non-vaccinés prévoient en amont de se faire tester. Impensable, alors que la plupart des visiteurs ne réservent pas à l'avance et parfois se décident le jour même, avance Arnaud Bennet. "Aucun pays n'impose de pass sanitaire pour entrer dans un parc d'attractions."

Si l'idée figure dans l'avis du conseil scientifique transmis au gouvernement le 3 mai, elle n'a pas encore été retenue par les autorités, et les discussions sont toujours en cours. "Le conseil scientifique nous assimile aux grands événements ponctuels, qui ont besoin d'autorisations préfectorales et qui rassemblent beaucoup de monde sur des petites surfaces, parfois en intérieur", déplore Arnaud Bennet qui va jusqu'à critiquer la "méconnaissance absolue du conseil scientifique".

Le représentant du secteur a toutefois bon espoir d'être entendu. Une réunion s'est tenue ce mercredi avec le secrétaire d'État au tourisme et le ministre délégué aux PME, et Arnaud Bennet estime que les deux hommes ont été "à l'écoute". Reste à savoir si les arbitrages décidés au sommet de l'État lui seront favorables.

Mise à jour le 14 mai : le pass sanitaire ne sera finalement pas utilisé pour permettre l'accès aux parcs d'attraction. Le SNELAC l'annoncé mercredi 12 mai sur Twitter et a remercié les ministres pour "pour la qualité des échanges et l'écoute des problématiques de nos entreprises". Une information confirmé par Le Monde.

Gestes barrières et distanciation sociale

Si les parcs n'ont pas encore communiqué sur les mesures qu'ils prendront pour faire respecter les gestes barrières, on peut s'attendre à ce que celles mises en place à l'été 2020 soient reconduites. Parmi les plus évidentes : le port du masque obligatoire, la présence de marquage au sol dans les files d'attente, ou encore de distributeurs de gels hydroalcooliques.

Des parcs comme Disneyland ou le Parc Astérix avaient également imposé un système de réservation de créneaux horaires, via une appli mobile, pour accéder à certaines attractions populaires et ainsi réduire les files d'attente.

En plus, comme le rapporte le site de fans Outsidears, Disney, a cet hiver, ajouté des parois en Plexiglas entre les sièges de certaines attractions pour augmenter leur capacité, tout en isolant les visiteurs les uns des autres.

Le parc de Seine-et-Marne, première destination touristique payante d'Europe, pourrait d'ailleurs être l'une des dernières à rouvrir. "Les salariés qui ne travaillent pas depuis longtemps doivent pouvoir suivre une formation de pré-reprise", notamment sur les nouvelles mesures sanitaires, indique Djamila Ouaze, responsable syndicale CFDT. "Ces formations doivent débuter un mois avant l'ouverture." Il serait donc difficile d'imaginer une réouverture de la destination avant la deuxième moitié de juin.

À lire aussi — Un premier feu vert pour le 'pass sanitaire' prévu pour les rassemblements supérieurs à 1 000 personnes

Découvrir plus d'articles sur :