Jeff Bezos, le patron d'Amazon, accuse de 'chantage' un tabloïd proche de Donald Trump qui menace de publier des photos intimes de lui

Jeff Bezos, DG d'Amazon. Getty Images/Alex Wong

  • Jeff Bezos, DG d'Amazon, accuse American Media Inc. (AMI), l'éditeur du National Enquirer, de "chantage et extorsion".
  • Le milliardaire, par ailleurs propriétaire du Washington Post, déclare que AMI menace de publier des photos de lui nu.
  • Le National Enquirer a déjà publié un article révélant la relation extra-conjugale de Jeff Bezos. Le DG, âgé de 55 ans, enquête actuellement sur cet article.
  • AMI menace de publier les photos à moins que Jeff Bezos n'arrête son enquête sur les fuites et ne fasse une déclaration publique niant l'idée que l'article était motivé par des raisons politiques, affirme Jeff Bezos. Celui-ci ajoute que faire une telle déclaration serait un "mensonge".
  • David Pecker, le propriétaire du National Enquirer, est depuis longtemps un allié du président Donald Trump, qui est critique envers Jeff Bezos, Amazon et le Washington Post.

Jeff Bezos, DG d'Amazon, accuse American Media Inc. (AMI), l'éditeur du National Enquirer, d'avoir tenté de l'extorquer en menaçant de publier des photos de lui nu.

En janvier 2019, le National Enquirer a publié un article sur une relation entre le milliardaire et l'ancienne présentatrice et pilote d'hélicoptère Lauren Sanchez. Le magazine a déclaré qu'il avait vu des photos explicites de lui.

Dans un billet de blog exceptionnel publié sur Medium jeudi 7 février, Jeff Bezos affirme qu'AMI avait par la suite tenté de l'extorquer sur ces photos. Il dit que l'éditeur a menacé de publier les photos à moins qu'il n'arrête une enquête sur les fuites qui ont permis la rédaction de l'article. AMI exigeait également qu'il désavoue l'idée que cette enquête sur sa vie personnelle puisse avoir été motivée par des considérations politiques, écrit Jeff Bezos.

"Plutôt que de capituler devant l'extorsion et le chantage, j'ai décidé de publier exactement ce qu'ils m'ont envoyé, malgré le coût personnel et l'embarras qu'ils pourraient créer", assume Jeff Bezos.

Les porte-parole d'AMI et d'Amazon n'ont pas répondu immédiatement aux demandes de commentaires de Business Insider.

Bezos insinue que le National Enquirer pourrait avoir été motivé par des considérations politiques

AMI a longtemps été accusé d'avoir des raisons politiques à sa couverture de l'actualité.

Son propriétaire, David Pecker, est un allié du président Donald Trump et a déjà acheté des scoops négatifs au sujet de Donald Trump afin de les enterrer (un processus appelé "catch and kill"). Ainsi, il y a eu des spéculations selon lesquelles l'article du National Enquirer sur Jeff Bezos était au moins en partie motivé par la querelle de longue date entre Donald Trump et Jeff Bezos, qui possède le Washington Post.

Gavin de Becker, le chef de la sécurité de Bezos, qui dirige l'enquête sur l'incident, avait déjà dit que "de fortes pistes mènent à des motifs politiques". Gavin De Becker a "le budget dont il a besoin" pour mener à bien cette enquête, écrit Bezos.

Bezos ne dit pas clairement qu'il croit que les révélations du National Enquirer sont motivées par des raisons politiques. Mais il y fait allusion, en commençant son billet de blog par un retour sur les pratiques de "catch and kill" d'AMI et en disant que le fait qu'il possède le Washington Post signifie que "les gens puissants qui sont suivis par les médias... vont conclure à tort que je suis leur ennemi".

Il fait également allusion à un lien potentiel entre l'Arabie saoudite et son enquête sur AMI, en écrivant : "Il y a quelques jours, un dirigeant d'AMI nous a informés que David Pecker était 'apoplectique' au sujet de notre enquête. Pour des raisons qui restent à mieux comprendre, l'angle saoudien semble toucher un nerf particulièrement sensible."

"Quelques jours après avoir entendu parler de l'apoplexie de David Pecker, nous avons été approchés, verbalement au début, avec une offre. Ils m'ont dit qu'ils avaient d'autres messages et photos, qu'ils publieraient si nous n'arrêtions pas notre enquête", ajoute-t-il.

Les prétendus emails d'AMI ont été publiés

Les commentaires de Jeff Bezos représentent une intervention extraordinaire du DG de 55 ans dans ce scandale de tabloïd. Il s'était jusqu'à présent abstenu de tout commentaire, alors même que Gavin de Becker donnait des interviews aux médias, lui qui s'adresse rarement à la presse.

Le billet de blog de Jeff Bezos contient également des copies des mails envoyés par AMI, qui incluent des descriptions explicites des photos intimes.

"Dans les lettres d'AMI que je rends publiques, vous verrez les détails précis de leur proposition exorbitante : ils publieront ces photos personnelles à moins que Gavin de Becker et moi ne fassions une fausse déclaration publique à la presse, affirmant que nous 'n'avons aucune connaissance ou raison de suggérer que l'enquête d'AMI était motivée ou influencée par des forces politiques'", écrit Bezos.

"Si nous n'acceptons pas de rendre public ce mensonge, ils disent qu'ils publieront les photos, et rapidement. Et il y a une menace associée : ils garderont les photos sous la main et les publieront à l'avenir si jamais on s'écarte de ce mensonge."

Voici, selon Jeff Bezos, certaines des conditions qu'AMI a essayé de lui faire accepter en échange de la non-publication des photos :

"1. Un retrait mutuel et complet de toutes les réclamations que American Media, d'une part, et Jeff Bezos et Gavin de Becker (les "partis Bezos"), d'autre part, peuvent avoir l'un contre l'autre.

2. Un accord public, conclu avec les partis Bezos, publié par l'intermédiaire d'un organe de presse accepté par les deux partis, affirmant qu'elles n'ont aucune connaissance ou raison de suggérer que l'enquête d'AMI était motivée ou influencée par des forces politiques, et un accord selon lequel elles cesseront de faire référence à une telle possibilité.

3. AM s'engage à ne pas publier, distribuer, partager ou décrire les textes et les photos non publiés (les "documents non publiés")."

Jeff Bezos ajoute que ses avocats estiment qu'AMI n'a pas le droit de publier les photos en tout état de cause parce qu'il est l'auteur des photos en question, ce qui donne droit à leur propriété.

Version originale : Rob Price/Business Insider

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