Julian Assange va rester en prison, a décidé la justice britannique

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Julian Assange va rester en prison, a décidé la justice britannique
Manifestation en soutien à Julian Assange, pour s'opposer à son extradition, en septembre 2020, à Londres. © Richard Baker / In Pictures via Getty Images

Julian Assange est encore loin d'être tiré d'affaire. Le fondateur de WikiLeaks va rester derrière les barreaux au Royaume-Uni, dans la prison londonienne de haute sécurité de Belmarsh, rapporte l'AFP. La juge Vanessa Baraitser a refusé mercredi 6 janvier une remise en liberté de l'Australien de 49 ans, bien qu'il n'ait pas été condamné. Elle assure craindre une fuite de Julian Assange à l'étranger, lui qui bénéficie de nombreux soutiens, parmi lesquels de nombreuses organisations de défense de la liberté de la presse.

La même juge avait pourtant rejeté lundi la demande d'extradition du prisonnier vers le territoire américain. Mais les Etats-Unis ont décidé de faire appel de cette décision. Un nouveau jugement est donc attendu au Royaume-Uni. L'avocat du lanceur d'alerte, Edward Fitzgerald, a de son côté certifié au cours de l'audience que son client ne risquait plus de fuir, après la décision de lundi. Mais il n'a pas été entendu et sa demande de remise en liberté sous caution a été rejetée, comme toutes les précédentes.

Les arguments avancés par son avocat concernant les risques sur sa santé en prison en raison de la pandémie de Covid-19 n'ont pas non plus convaincu la juge.

Julian Assange a été arrêté en avril 2019 par la police britannique, après avoir passé sept ans confiné dans l'ambassade d'Equateur à Londres, où il s'était réfugié alors qu'il était en liberté sous caution. Il voulait éviter ainsi une éventuelle extradition vers les Etats-Unis ou la Suède, où il faisait l'objet de poursuites pour viol finalement abandonnées.

Risque de suicide aux Etats-Unis

L'Australien risque jusqu'à 175 ans de prison outre-Atlantique pour avoir diffusé plus de 700 000 documents classifiés à partir de 2010, portant sur les activités militaires et diplomatiques américaines, en lien notamment avec les guerres d'Irak et d'Afghanistan. Certains font état de crimes de guerre, comme la vidéo montrant des civils tués, dont deux journalistes de Reuters, par les tirs d'un hélicoptère de combat américain en Irak, en juillet 2007. Les Etats-Unis estiment que Julian Assange a mis en danger des sources des services américains, ce qu'il conteste.

Pour justifier sa décision de ne pas l'extrader, la juge Vanessa Baraitser a invoqué des raisons de santé mentale, considérant que "les procédures décrites par les Etats-Unis ne vont pas l'empêcher de se suicider", précise l'AFP. En revanche, elle n'a pas retenu les arguments portant sur la défense de la liberté d'expression. Elle a même estimé que l'accord passé par le fondateur de WikiLeaks avec des hackeurs pour se procurer des documents allait "au-delà du rôle lié au journalisme d'investigation".

Julian Assange bénéficie toujours du soutien du rapporteur spécial de l'Organisation des Nations unies sur la torture, Nils Melzer, qui a appelé en décembre le président Donald Trump à le gracier et qui a salué la décision de la justice britannique de ne pas l'extrader. Nils Melzer estime qu'il aurait été exposé aux Etats-Unis "à des conditions d'emprisonnement 'oppressantes' qui l'aurait très certainement amené à se suicider".

Dans un communiqué publié mardi, le rapporteur spécial de l'ONU demande que Julian Assange soit "immédiatement libéré, réhabilité et indemnisé pour les abus et l'arbitraire auxquels il a été exposé". Il estime que le lanceur d'alerte est persécuté et évoque une "atteinte à la liberté de la presse et à l'état de droit".

Le Mexique a offert lundi l'asile politique à l'Australien, que sa femme, l'avocate Stella Moris, et ses deux enfants espèrent voir libéré prochainement.

À lire aussi — La justice britannique s'oppose à l'extradition de Julian Assange vers les Etats-Unis

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