La Banque Postale veut que vous parliez à son application pour payer en ligne

Raj n'est pas client de La Banque Postale. Mais c'est un adepte de la reconnaissance vocale. YouTube

Les banques françaises réduisent drastiquement le nombre de leurs agences et essaient dans le même temps de tirer parti des nouvelles technologies pour retenir et séduire de nouveaux clients.

La Banque postale, filiale de La Poste, lance aujourd'hui son premier service de reconnaissance vocale — Talk To Pay — pour les paiements effectués sur internet, indique France Info.

Pour le moment, la Banque postale s'adresse uniquement à ses 8 millions de clients porteurs d'une carte bancaire — moyennant 5 euros par an pour les 18-25 ans et 10 euros pour les autres.

Cette biométrie vocale, disponible sur l'application Mes Paiements, supprime le code à trois chiffres au dos de la carte, demandé pour valider un achat et prisé des fraudeurs.

Il est remplacé par un code — une phrase — généré à chaque achat.

L'utilisateur n'aura pas besoin d'un smartphone. Il recevra un appel téléphonique et devra prononcer une phrase qui permet de l'identifier. La technologie est également disponible sur un ordinateur en installant une extension sur son navigateur internet.

Une fois le client authentifié, tout le formulaire est rempli automatiquement, y compris le cryptogramme unique à chaque paiement.

La Banque postale se donne trois ans pour déployer massivement cette solution d'authentification auprès de ses clients.

"A terme, la biométrie vocale a vocation à dépasser les frontières du paiement. On peut imaginer qu'elle soit utilisée pour accéder à d'autres services financiers", explique Aurélien Lachaud, directeur du développement des marchés des paiements de la banque, dans Les Echos.

En France, la Caisse d'épargne et le Crédit du Nord viennent tout juste de se lancer dans la course et commencent les tests, précise France Info.

A l'étranger, la banque espagnole Santander permet déjà à ses clients de son offre SmartBank d'utiliser la reconnaissance vocale pour transférer de l'argent aux bénéficiaires existants, vérifier le solde de leur compte, signaler une carte mal placée ou volée et demander un aperçu de leurs modes de dépenses.

Il a fallu cinq ans de développement à la Banque postale, avec le cabinet PW Consultants, et des tests auprès de 600 clients. Elle avait reçu il y a plus d'un an l'aval de la Cnil. Le gendarme de la vie privée lui avait notamment demandé de laisser le choix à ses clients de posséder un mot de passe ou de recevoir un sms.



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