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La Bourse de New York pourrait de nouveau s'effondrer et jusqu'à 80%, selon un expert


© Chris Hondros/Getty

David Hunter, chef de la stratégie macroéconomique chez Contrarian Macro Advisors, y va sans détours dans son évaluation de l'environnement économique actuel : "Je pense que nous sommes proche de la faillite", a-t-il déclaré lors d'une récente interview réalisée par O&M Partners. "J'utilise donc le terme 'faillite' (bust en anglais, ndlr) pour décrire quelque chose qui est plus grand qu'une récession, plus fort et pire qu'une récession, mais pas aussi prolongé qu'une dépression."

Selon David Hunter, la crise se déroulera en deux temps : le choc initial et la reprise de courte durée (1), puis un repli "plus abrupt et plus profond" (2). Pour l'instant, nous en serions à la phase 1. Après l'annihilation initiale due à la pandémie de Covid-19, les données économiques — bien qu'encore faibles — commencent à se redresser de leur nadir. Mais selon David Hunter, la phase 2 n'est pas loin. Nous ne sommes pas encore sortis de l'auberge.

Pour lui, ce n'est qu'une question de temps avant que l'économie mondiale ne chute à nouveau. Dans son esprit, les mesures de relance que les banques centrales et les gouvernements mettent en place perpétuent une reprise inégale, qui ne soutient pas de nombreux secteurs de l'économie qui ont besoin d'aide.

"Probablement à la fin de cette année, ou au début de l'année prochaine, nous assisterons à la fin de ce rebond, et le marché recommencera à chuter", prédit-il. "Je pense qu'il y aura bien plus de problèmes d'insolvabilité lors de la deuxième phase."

Les prévisions d'insolvabilité de David Hunter font écho à celles de John Hussman — un investisseur au franc-parler et ancien professeur qui a longtemps prédit un effondrement des marchés. Dans une note récente, John Hussman a fourni le graphique suivant, tiré de Bloomberg, qui dépeint une hausse impressionnante des faillites.

Bloomberg, John Hussman

Lorsque ces problèmes d'insolvabilité sont associés à un endettement et des effets de levier excessifs — deux paramètres que David Hunter surveille comme un faucon (terme employé pour ceux opposés à une politique monétaire accommodante, contrairement aux "colombes" qui y sont favorables, ndlr) — c'est la recette du désastre.

"Nous avons des dettes qui dépassent tout ce que nous pouvons gérer", déclarait David Hunter dans une précédente interview pour "The Contrarian Investor Podcast". "Quand vous avez ce genre de surprises, l'effet de levier exacerbe vraiment le ralentissement de l'économie." L'effet de levier désigne l'utilisation de l'endettement pour augmenter la capacité d'investissement d’une entreprise. Mais ce mécanisme amplifie aussi les risques de pertes.

Pour David Hunter, les implications seront très étendues.

Une chute de 80% des actions, l'or à 10 000 dollars l'once

Avant la crise massive qu'il voit arriver, David Hunter pense que les marchés vont connaître un "melt-up" (envolée des prix des actifs boursiers, ndlr), ce qui entraînera de nouveaux sommets historiques. Selon lui, la prise de conscience brutale d'un environnement économique sous-jacent décimé n'a pas encore eu lieu dans l'esprit des investisseurs. Cette situation, associée aux stimulus sans précédent générés par les plans de relance des banques centrales et des gouvernements, devrait entraîner un nouveau rally boursier.

"Je crois donc que dans les prochains mois, vous verrez... J'anticipe le S&P (indice boursier qui regroupe les 500 plus grandes entreprises américaines, ndlr) entre 4 200 et 4 500 points. Je pense que cela arrivera cette année et probablement d'ici l'automne", assure-t-il. "Et cette envolée signifie que ça va faire une parabole. Elle sera encore plus raide qu'elle ne l'a été depuis le creux de mars."

Pourtant, alors que l'exubérance des investisseurs se tarit et que l'économie est toujours dans une situation difficile, David Hunter pense que l'on va assister à une détente sur les marchés. Et bien qu'il prévoie une chute massive des actions, il est beaucoup plus optimiste quant à l'avenir de l'or, qui a récemment atteint un niveau record de près de 2 000 dollars l'once.

"Je pense qu'il peut atteindre 2 300 dollars cette année", avance-t-il. "Et puis je pense qu'il sera touché, comme la plupart des actifs, dans la descente aux enfers. Mais alors que les actions peuvent chuter de 80% dans la deuxième phase, dans un marché en forte baisse, je suppose que l'or et les valeurs minières ne subiront pas une correction supérieure à 30% ou 35%."

Le raisonnement de David Hunter derrière ses perspectives est celui-ci : un stimulus sans précédent conduit à l'inflation, ce qui entraîne un affaiblissement du dollar américain, qui conduit à une envolée de l'or. "Je crois que nous verrons l'once d'or à 10 000 dollars, probablement même plus que cela, d'ici à la fin de cette décennie."

Version originale : Christopher Competiello/ Business Insider

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