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La Bourse de Paris s'effondre après l'annonce de Donald Trump, et la dégringolade n'est sûrement pas finie


Les cours n'en finissent plus de chuter sur les marchés. Et la Bourse de Paris n'est pas épargnée. Ce jeudi 12 mars, l'indice phare la place parisienne, le CAC 40, s'enfonce encore de 6% à 12h30. Il tombe ainsi à 4 334,25 points, alors qu'il s'affichait encore à plus de 6 000 points le 21 février. L'inquiétude des investisseurs est à son comble après que le président américain, Donald Trump, a annoncé la suspension pour les 30 prochains jours, à partir de vendredi, de tous les vols depuis l'Europe (hors Royaume-Uni) vers les Etats-Unis pour tenter d'enrayer la propagation du coronavirus.

"On a une succession depuis trois semaines d'éléments de surprise négatifs et de chocs", commente Alexandre Baradez, chief market analyst chez le courtier IG, pour expliquer cette nouvelle dégringolade des marchés. Les craintes sont accentuées par les déclarations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). L'institution a expliqué mercredi soir que l'épidémie de Covid-19 pouvait désormais être qualifiée de pandémie. Elle a aussi alerté les Etats sur les "niveaux alarmants d'inaction" de la communauté internationale.

Le marché peut encore chuter à mesure que le virus se propage

Résultat, le CAC 40 retombe ce matin à son niveau de juillet 2016. "En trois semaines, le marché a effacé trois ans et demi", souligne Alexandre Baradez. Les effets négatifs du coronavirus sur l'économie se font plus pressants et l'épidémie provoque un choc de demande pour les entreprises. Loin de s'arrêter, les cours de Bourse pourraient poursuivre leur chute au cours des prochaines semaines. "Le marché a déjà baissé de près de 30% en trois semaines, il y a un risque qu'on aille jusqu'à - 40% voire - 50%", prévient l'analyste financier.

"Le point bas sur les Bourses n'est probablement pas atteint", assure Christopher Dembik, chef économiste de Saxo Bank. Les mises en quarantaine risquent encore de s'étendre à de nouvelles zones géographiques. En France, le Président de la République, Emmanuel Macron, pourrait annoncer ce soir le passage au stade 3 de l'épidémie, alors qu'en Italie le gouvernement a déjà décidé la fermeture de tous les commerces dans la péninsule, sauf les magasins alimentaires et liés au secteur de la santé. "Nous fermons les commerces, les bars, les pubs, les restaurants", a déclaré mercredi soir le Premier ministre italien Giuseppe Conte, rapporte l'AFP.

Risque d'une nouvelle crise financière aux Etats-Unis

La situation aux Etats-Unis pourrait devenir plus préoccupante encore. "Le cas américain va être un détonateur important, estime Christopher Dembik. Il y a un réel risque financier sur le marché du crédit aux Etats-Unis." L'impact du coronavirus pourrait fragiliser de nombreuses entreprises et conduire certaines à la faillite. "Le niveau des taux de rendement des obligations des entreprises est très élevé, comme en 2011 juste au lendemain de la crise financière", souligne-t-il. Autrement dit, les dettes de grandes entreprises américaines apparaissent de plus en plus risquées et pourraient se voir dégradées par les agences de notation dans les semaines à venir.

"Le crédit américain peut être un canal de transmission d'une crise financière mondiale", alerte le chef économiste de Saxo Bank. Un scénario similaire à celui de la crise des subprimes pourrait alors se produire, les tensions sur le marché du crédit entraînant une crise de liquidités. "On est au bord du précipice, si on ne réagit pas rapidement, le risque d'une crise financière pointera", ajoute-t-il.

Etats et banques centrales au chevet de l'économie

Les Etats sont donc attendus pour mettre en place des mesures de soutien budgétaires. L'Italie a déjà annoncé le déblocage d'une enveloppe de 25 milliards d'euros, tandis que le Royaume-Uni a mis 30 milliards de livres sur la table. Les banques centrales joueront aussi un rôle déterminant. La Banque d'Angleterre a opté pour une baisse conséquente de ses taux mercredi, dans le sillage de la Réserve fédérale américaine (Fed).

Au tour de la Banque centrale européenne de se prononcer ce jeudi. Sa présidente, Christine Lagarde, pourrait annoncer des mesures similaires en début d'après-midi afin de soutenir l'économie, faciliter le crédit et tenter de rassurer les marchés paniqués par la pandémie.

Business Insider
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