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La Bourse pourrait de nouveau plonger, et dès cet été

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© Pixabay

Si les premiers indicateurs économiques montrent logiquement une reprise de l'activité après la fin du confinement de la population, celle-ci reste bien en deçà du niveau d'avant-crise. Selon l'Insee, elle resterait en juin inférieure de 12% à la normale, un bond par rapport aux pertes d'activité de 29% en avril et de 22% en mai, mais un niveau encore bien bas comparé à la contraction du PIB de "seulement" 3% observée en France lors de la crise financière de 2009, souligne les analystes de la Banque Postale.

Dans ce contexte, la forte remontée des marchés, après une dégringolade fulgurante en mars, interroge. Et laisse penser qu'ils sont totalement déconnectés de la réalité. D'autant que les perspectives économiques dessinées par les grandes organisations internationales ne sont guère optimistes. L'OCDE anticipe ainsi en 2020 une récession d'au moins 6% dans le monde, de 9,1% en zone euro et de 11,4% en France. Et ses prévisions sont encore plus basses en cas de survenue d'une deuxième vague de Covid-19.

Des marchés dopés par les injections des banques centrales

"L'erreur d'interprétation des investisseurs qui penseraient que la crise s'étalerait seulement sur deux trimestres pourrait entraîner un nouveau décrochage des marchés vers la fin de l'année", prévient Andrea Tueni, analyste chez Saxo Banque. L'indice S&P 500, qui regroupe 500 des plus grandes entreprises américaines cotées en Bourse, s'est envolé de plus de 40% depuis son point bas atteint en mars. Il est presque revenu à son plus haut historique auquel il était parvenu début 2020. "Avant la crise du Covid, des marchés étaient déjà survalorisés, en surchauffe, notamment aux Etats-Unis", souligne Andrea Tueni.

Si l'indice CAC 40 de la Bourse de Paris n'a pas connu une telle ascension, il a tout de même repris plus de 33% depuis le 18 mars, pour regagner les 5 000 points. Les marchés sont dopés par les injections de liquidités des banques centrales, notamment de la Fed aux Etats-Unis, qui rachètent des actifs à coup de centaines de milliards. "Un quart du PIB mondial a été injecté en l'espace de deux-trois mois par les banques centrales", précise Christopher Dembik, chef économiste chez Saxo Banque. À cela s'ajoute les mesures budgétaires décidées par les Etats et les vastes plans de soutien déployés par eux.

Des séquelles de très longue durée pour l'économie

Si la dégradation de l'économie aurait pu être encore plus prononcée, "il y a la crainte que la consommation ne reprenne pas très fort, notamment pour un secteur comme le tourisme", note Christopher Dembik. Il alerte sur "des séquelles de très longue durée" laissées par la crise sanitaire. "La reprise du commerce international est extrêmement graduelle, notamment au vu des données en Asie. Les circuits économiques ne sont pas restaurés."

De plus, de nombreuses destructions d'emplois pourraient s'inscrire dans la durée. "Aux Etats-Unis, 50% des entreprises considèrent qu'elles n'auront pas la nécessité dans les prochains mois de renouer avec le même nombre d'employés", avance l'économiste de la banque d'investissement danoise.

Les marchés semblent aujourd'hui entrés dans une phase de consolidation, c'est-à-dire de relative stabilisation. "L'été et la saison des résultats des entreprises pour le deuxième trimestre qui arrive vont donner la température de l'économie réelle", estime Alexandre Baradez, chef de l'analyse marché chez le courtier IG. "Or beaucoup n'ont pas encore donné de prévisions, car la situation est trop incertaine. Il y a un énorme brouillard sur les perspectives des groupes du S&P 500", prévient-il. Le risque est que les résultats et les prévisions des entreprises déçoivent, ce qui pourrait entraîner un nouveau décrochage des marchés, revenus à de hauts niveaux, notamment outre-Atlantique.

Encore de fortes incertitudes

Pour se lancer en Bourse, Alexandre Baradez conseille donc d'attendre la fin de la période des résultats du deuxième trimestre. Pour un investissement sur un horizon de plusieurs années, ce type de placement est pertinent selon lui, dans la mesure où l'action des banques centrales contribue à maintenir les taux bas et qu'il reste donc compliqué d'espérer autrement des rendements substantiels.

Des mouvements erratiques pourraient toutefois encore s'observer sur les places boursières au cours des prochains mois. L'émergence d'une deuxième vague pourrait entraîner une nouvelle forte baisse, alors que Pékin s'est de nouveau confiné, qu'un nouveau foyer de contamination est apparu à l'ouest de l'Allemagne et que le bilan continue de s'alourdir aux Etats-Unis. "Il y a un créneau d'incertitudes sur quelques mois voire quelques trimestres, avec la possibilité de nouvelles chutes de 10% à 20% des marchés", souligne Alexandre Baradez.

La campagne présidentielle aux Etats-Unis et l'imprévisibilité du président et candidat Donal Trump, prêt à tout pour séduire son électorat, pourraient de plus raviver les tensions commerciales dans le monde. Et susciter l'inquiétude des investisseurs.

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