Download_on_the_App_Store_Badge_FR_RGB_blk_100517

La capsule de Boeing censée à terme transporter des astronautes dans l'espace est de retour sur Terre après un vol test au bilan mitigé

La capsule de Boeing censée à terme transporter des astronautes dans l'espace est de retour sur Terre après un vol test au bilan mitigé
© NASA

La mission test non-habitée de la capsule spatiale de Boeing s'est achevée sur un bilan mitigé. La navette CST-100 Starliner, censée pouvoir amener des astronautes vers la Station spatiale internationale (ISS) à l'avenir, a atterri dans le désert du Nouveau-Mexique (Etats-Unis) ce dimanche 22 décembre 2019, soit six jours plus tôt que prévu, après avoir raté son amarrage à l'ISS. Les images diffusées par la NASA ont montré la navette atterrir amortie par des coussins gonflables, après une descente avant l'aube ralentie par trois gros parachutes.

La NASA a annoncé que ce vol test demeurait un succès malgré le fait que la Starliner n'a pas réussi à s'amarrer à l'ISS. "Nous avons eu quelques difficultés mais beaucoup de choses se sont bien passées", notamment l'entrée dans l'atmosphère et l'atterrissage "en plein dans le mille" de la capsule, a déclaré Jim Bridenstine, l'administrateur de l'agence spatiale américaine, lors d'une conférence de presse.

Et d'ajouter : "nous n'avons pas réussi à atteindre la Station spatiale internationale. Nous ne nous sommes pas amarrés, mais le vaisseau spatial a volé de façon exceptionnelle. Nous avons beaucoup de données à examiner." Jim Chilton, vice-président de la division Espace de Boeing a indiqué pour sa part : "nous avons probablement rempli 85 à 90% de nos objectifs".

L'échec partiel de cette mission est un revers pour le géant américain de l'industrie aérospatiale — dont la réputation est ternie par deux accidents de son avion vedette 737 MAX — d'autant plus que son rival SpaceX, lui, avait réussi son amarrage à l'ISS avec sa capsule Crew Dragon en mars dernier. La NASA avait alors parlé d'une "prouesse historique".

A lire aussi — Vous pouvez voler à bord de la Crew Dragon de SpaceX grâce à une nouvelle appli de la NASA, voici ce que ça donne

Mais il s'agit aussi d'un échec partiel pour la NASA qui compte sur ce véhicule pour envoyer dès 2020 ses astronautes dans l'ISS afin de rompre la dépendance envers la Russie, seul pays depuis 2011 à opérer des vaisseaux spatiaux habités, les Soyouz, à raison de 85 millions de dollars la place. C'est pour mettre fin à cette dépendance que la NASA a choisi deux entreprises américaines — SpaceX et Boeing — pour construire les futurs vaisseaux qui assureront la liaison entre la Terre et l'ISS.

La Nasa doit désormais décider si le retour sans dommage de la capsule, baptisée Calypso en l'honneur de l'explorateur français Jacques-Yves Cousteau et de son navire océanographique, suffira à prouver que c'est un véhicule sûr pour y placer ses équipages.

La capsule n'était pas placée sur la bonne trajectoire pour pouvoir s'amarrer

La capsule avait été lancée vendredi 20 décembre 2019 de Cap Canaveral, en Floride sur la côte atlantique, par une fusée Atlas V, construite par United Launch Alliance. Peu après la séparation de la fusée, Starliner n'a pas allumé ses propulseurs comme prévu, et elle ne s'est donc pas placée sur la bonne trajectoire pour gagner en altitude et rattraper l'ISS, qui fait le tour de la Terre à 28.000 km/h, à environ 400 km d'altitude.

Le problème est dû au compteur de temps écoulé, qui affichait onze heures de retard et a fait croire à la capsule qu'elle était plus tard dans la mission. Agissant automatiquement, elle a tenté de corriger sa position et usé trop de carburant dans la manœuvre, empêchant la poursuite de la mission.

Boeing et la NASA ont donc décidé de la faire revenir prématurément, et de profiter des 48 heures en orbite pour tester le plus de systèmes possibles, comme les propulseurs, les batteries, ou encore le système de climatisation de la capsule, conçue pour transporter quatre astronautes.

Malgré un retour réussi, Steve Stich, membre du programme commercial de l'agence spatiale américaine, a refusé de confirmer le maintien du calendrier pour un premier vol habité de Starliner début 2020, avec à bord l'astronaute d'essai de Boeing, Chris Ferguson, et les astronautes de la NASA Nicole Mann et Mike Fincke. "C'est peut-être possible de faire le pas suivant, un vol d'essai habité, mais nous devons d'abord étudier les données" recueillies lors de la mission, a-t-il déclaré.

Jim Bridenstine est sous pression pour faire reprendre les vols habités, lancés depuis les Etats-Unis, depuis l'arrêt du programme des navettes spatiales américaines il y a bientôt neuf ans. Le dernier vol confirmé d'un astronaute américain est prévu en avril 2020 à bord d'une capsule Soyouz. La NASA négocie pour des billets supplémentaires à l'automne 2020 et en 2021, car les Etats-Unis ne conçoivent pas de ne plus avoir d'astronautes dans l'ISS.

Depuis vendredi, Jim Bridenstine a choisi de mettre en valeur ce qui a bien fonctionné dans la mission actuelle : la coordination NASA-Boeing, la bonne santé du véhicule, et le fait que si des astronautes avaient été à bord, ils auraient toujours été en sécurité.

SpaceX, qui a réussi un aller-retour vers l'ISS en mars dernier, doit quant à elle finaliser des tests de parachutes, dans le but d'obtenir l'homologation de l'agence spatiale américaine et d'effectuer son premier vol habité dès début 2020, peut-être même au premier trimestre, avait affirmé l'administrateur de la NASA Jim Bridenstine en octobre dernier.

Business Insider
Découvrir plus d'articles sur :