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La Chine invite le footballeur Mesut Özil à venir au Xinjiang pour voir par lui-même les camps de détention des Ouïghours

La Chine invite le footballeur Mesut Özil à venir au Xinjiang pour voir par lui-même les camps de détention des Ouïghours
© Eric Lafforgue/Art in All of Us/Corbis via Getty Images

Lundi, la Chine a répondu aux critiques du footballeur Mesut Özil sur l'internement de la population ouïghoure, en déclarant que l'attaquant d'Arsenal avait été "aveuglé par des fake news". Le footballeur allemand d'origine turque avait déclenché la fureur des Chinois : la semaine dernière, il publié sur ses pages Instagram et Twitter des articles sur la détention et la surveillance de millions de musulmans dans la région autonome du Xinjiang.

Traduit par CNN, voici le post en turc d'Özil : "Des corans sont brûlés, des mosquées sont fermées, des écoles théologiques islamiques et des madrasas sont interdites, des religieux sont tués un par un. Malgré tout cela, les musulmans restent silencieux." Dimanche, en réponse aux critiques d'Özil, la Chine a déprogrammé la rencontre qu'elle devait retransmettre entre Arsenal et Manchester City. Selon Jessica Lin de Business Insider Singapore, les utilisateurs chinois du réseau social Weibo ont fustigé les posts d'Özil. Un usager a même déclaré qu'ils contenaient "des informations malveillantes, fournissant une excuse bon marché à l'extrémisme".

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#HayırlıCumalarDoğuTürkistan 🤲🏻

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Le club d'Arsenal a rapidement pris ses distances avec les positions du germano-turc de 31 ans, déclarant que le club "a toujours adhéré au principe de ne pas se mêler de politique".

Lundi, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, a répondu à la controverse en invitant le joueur à "venir voir le Xinjiang par lui-même". "Je ne sais pas si M. Özil est allé personnellement au Xinjiang. Mais il semble avoir été trompé par de fausses informations, et son jugement a été influencé par de fausses rumeurs", a déclaré M. Geng, selon l'agence de presse Xinhua. "Nous invitons M. Özil à venir au Xinjiang pour y jeter un coup d'œil. Tant qu'il aura une conscience, qu'il saura distinguer le bien du mal et qu'il conservera une attitude objective et impartiale, il verra un Xinjiang différent des rumeurs."

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Mesut Özil n'est pas la seule personnalité sportive à susciter la fureur en Chine, le marché étranger le plus lucratif pour les droits TV de la Premier League. En octobre, Daryl Morey, le directeur général du club de basket-ball des Houston Rockets, qui évoluent en NBA, a exprimé, sur Twitter, son soutien aux manifestations de Hong Kong. En réaction, les ligues chinoises, les services de streaming, les sponsors et les partenaires ont coupé les liens avec le club et la NBA.

Les images satellites examinées ce mois-ci par le Mouvement d'éveil National du Turkestan Oriental, basé à Washington, ont identifié au moins 465 centres de détention, camps de travail et prisons présumées dans le Xinjiang. Des auditions d'anciens détenus portent des allégations de passages à tabac, de privation de nourriture, ainsi que d'expérimentations médicales sur des prisonniers.

La Chine a reconnu l'existence de certains "camps de rééducation", mais a nié à maintes reprises toute allégation d'abus. Une fuite récente de documents classifiés du gouvernement chinois — les "China Cables" — a révélé le fonctionnement de ces centres de détention. Ainsi, afin d'éviter les évasions, toutes les portes sont fermées à double tour. La Chine utilise également un "système à points", basé sur le comportement des détenus, sur lequel sont basées les "récompenses, punitions et les visites de la famille".

Version originale : Rosie Perper/ Business Insider

Business Insider
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