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La chloroquine sera réservée aux "formes sévères" du Covid-19

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La chloroquine sera réservée aux "formes sévères" du Covid-19
En l'attente d'un consensus scientifique sur son efficacité, la chloroquine ne pourra être administrée qu'aux patients atteints d'une forme grave de la maladie. © HeungSoon/ Pixabay

Certains — dont le président américain Donald Trump ou encore plusieurs élus français — y voient le meilleur espoir de remède contre le Covid-19. Mais la France choisit la prudence alors que l'efficacité de la chloroquine n'est pas encore établie. Ainsi, elle ne pourra être administrée qu'aux malades souffrant de "formes graves" du coronavirus, mais ne devra pas être utilisée pour des formes "moins sévères", a statué lundi le Haut conseil de santé publique, a rapporté le ministre de la Santé Olivier Véran.

"Le Haut conseil recommande de ne pas utiliser ce traitement en l'absence de recommandation, à l'exception de formes graves, hospitalières, sur décision collégiale des médecins et sous surveillance stricte", a annoncé le ministre lundi soir lors d'un point presse sur l'évolution du coronavirus en France. Le comité scientifique "exclut toute prescription dans la population générale ou pour des formes non sévères à ce stade, en l'absence de toute donnée probante", a-t-il souligné. Un arrêté encadrant précisément le recours à ce traitement, qui fait polémique, sera pris "dans les prochaines heures", a précisé le ministre.

De son côté, l'AP-HP, qui réunit les 39 hôpitaux de la région parisienne, a mis en garde à son tour lundi soir contre "une utilisation désordonnée de multiples molécules sans contrôle et surtout sans possibilité de tirer des conclusions valides". L'AP-HP, écrit-elle dans un communiqué signé notamment de son directeur général Martin Hirsch, "s’est déjà engagée dans plusieurs études, certaines utilisant l’hydroxy-chloroquine et la comparant à d’autres traitements": "pour être utiles, ces études doivent avoir des critères d’inclusion précis, correspondant aux différentes situations cliniques qui peuvent ou doivent être étudiées s’agissant de patients hospitalisés, de patients suivis en ambulatoires, de populations spécifiques".

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Par conséquent, "elle met solennellement en garde contre des utilisations non contrôlées de médicaments qui conduiraient non seulement à retarder le moment où il sera possible de trancher sur leur efficacité thérapeutique ou non (...) mais qui pourraient également compromettre toutes les autres études conduites ou à lancer".

L'OMS met aussi en garde contre l'administration de la chloroquine

En France, plusieurs élus font monter la pression pour généraliser rapidement l'utilisation de la chloroquine. Quant à Donald Trump, il en a vanté les mérites a plusieurs reprises. Mais des voix appellent à la prudence, insistant sur la nécessité d’attendre de vastes essais cliniques menés selon la stricte orthodoxie scientifique pour valider ou non le traitement. De très nombreuses personnes se sont pressées lundi à Marseille, pour se faire tester par les équipes du professeur Didier Raoult qui préconisent ce traitement testé jusqu'ici sur un nombre très limité de patients (24).

Dans son avis, le Haut Conseil de santé publique "incite les médecins à inclure le plus possible de malades dans les différents essais thérapeutiques en cours dans notre pays car c'est le moyen le plus sûr de déterminer rapidement si un traitement est efficace ou pas", a encore souligné le ministre. Quant à l'AP-HP, elle martèle que "le meilleur, voir le seul moyen, d’avoir des réponses utiles au plus grand nombre sur l’efficacité de médicaments, repose sur des études rigoureuses, qui peuvent utiliser différentes méthodologies interventionnelles et observationnelles, randomisées ou non randomisées".

L'OMS a également mis en garde contre l'administration généralisée de ce médicament, dont les effets sur les patients atteints de Covid-19 sont encore trop peu connus. Elle a condamné son utilisation avant que la communauté scientifique se soit accordée sur leur efficacité, mettant en garde contre les "faux espoirs" qu'il pourrait susciter. "Des études réduites et non randomisées, réalisées à partir d'observations, ne nous apporteront pas les réponses dont nous avons besoin", a averti le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d'une conférence de presse virtuelle depuis Genève.

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