La chute de Renault en Bourse n'est probablement pas terminée

REUTERS/Michael Dalder

Fiat Chrysler Automobiles (FCA) a surpris les marchés en annonçant le retrait de son offre de fusion à 30 milliards d'euros avec Renault, mercredi soir. L'action du constructeur automobile français a chuté brutalement en conséquence, ce jeudi 6 juin, à la Bourse de Paris. A la fin de la séance du jour, elle reculait encore de 6,41%. "C'est une déception pour les marchés, mais cette baisse est à relativiser. Il y a toujours des spéculations lors d'un deal. La violence de cette réaction est normale par rapport à la surprise de la nouvelle", estime Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marchés chez le courtier IG.

Les investisseurs étaient optimistes à l'idée d'un mariage avec le constructeur italo-américain, qui aurait permis au nouveau groupe de constituer le troisième constructeur automobile au monde. Le titre Renault avait bondi de plus de 12% lundi 27 mai, après le projet de fusion dévoilé par Fiat Chrysler. FCA a précisé avoir retiré son offre en raison des conditions politiques en France. L'Etat français souhaitait que le conseil d'administration de Renault dispose d'un délai additionnel de cinq jours pour se prononcer, afin d'obtenir le soutien explicite de son partenaire japonais Nissan, rapporte Reuters. 

Le ministre français de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, se veut optimiste et pense que "les discussions pourraient reprendre" prochainement. En attendant, Renault pourrait poursuivre sa dégringolade en Bourse. Avant l'annonce du projet de fusion avec Fiat Chrysler, le constructeur voyait son action plonger depuis des mois. Elle avait perdu 50% de sa valeur depuis avril 2018.

Le patron de Fiat n'y croyait peut-être pas assez

"S'il n'y a pas rapidement une nouvelle offre de Fiat et une reprise des négociations, alors que la pression commerciale se poursuit, l'action Renault risque de retomber sous son plus bas niveau annuel de 2014 (donc sous les 50 euros, ndlr)", prévient Alexandre Baradez. Les craintes sur le secteur automobile demeurent, alors que la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine continue de faire rage et que le président américain Donald Trump n'a pas abandonné l'idée de taxer les importations d'automobiles européennes.

De plus, les immatriculations de nouvelles voitures en Europe ne cessent de baisser depuis le début de l'année. "Il n'y a pas d'arguments dans la phase économique et politique actuelle pour repartir sur quelque chose de serein", résume l'analyste d'IG. 

Le patron de Fiat Chrysler, Mike Manley, ne croyait peut-être pas lui-même au mariage avec Renault. La vente d'une partie de ses actions, pour un montant de 3,46 millions de dollars (3,11 millions d'euros) selon Les Echos, au lendemain seulement de l'annonce du projet de fusion peut en tout cas le laisser penser. "Qu'il revende une partie de ses actions alors que le cours s'apprécie, ce n'est pas choquant. Dans la tech américain, des dirigeants comme Tim Cook l'ont déjà fait", tempère Alexandre Baradez. "Mais on peut aussi considérer que s'il avait été confiant dans ce projet de fusion, il aurait attendu que le cours augmente encore plus."

De son côté, le titre Fiat Chrysler a finalement peu réagi au retrait du projet de rapprochement avec Renault. Il a terminé en très légère hausse (+0,09%) à la Bourse de Milan ce jeudi. Lors d'une fusion éventuelle, "c'est souvent le cours du chassé (Renault, ndlr) qui s'apprécie très fortement, puis baisse quand l'opération ne se fait pas".

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