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La chute des revenus de ces 3 entreprises montre le fort impact de la pandémie sur le tourisme

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La chute des revenus de ces 3 entreprises montre le fort impact de la pandémie sur le tourisme
© rph-germany/Pixabay

Les mesures de confinement, les restrictions de déplacement, les fermetures de frontières et, plus récemment, l'instauration d'un couvre-feu, ont de lourdes conséquences sur l'économie. Certains secteurs en pâtissent plus que d'autres, à l'image notamment du tourisme. Cette année, les Français ont plus que jamais privilégié des vacances dans leur propre pays, face à l'impossibilité de se rendre dans certains autres Etats et l'incertitude liée à la circulation du coronavirus. Les touristes étrangers ont fait de même, et sont pour beaucoup restés chez eux.

Par conséquent, la France, pays le plus visité au monde avec 89 millions de touristes étrangers en 2018, a vu le nombre d'arrivées de vacanciers étrangers chuter cette année. "La bonne tenue des taux de départ des Français en France et de certains marchés européens (Belgique, Suisse et Pays-Bas) a permis à de nombreuses destinations de contenir l'impact de la crise sanitaire entre mi-juillet et mi-août", estime toutefois Atout France. Mais cet opérateur de l'État français en matière de tourisme s'inquiète pour le reste de l'année compte tenu de la reprise de l'épidémie.

Il estime déjà l'impact sur les recettes touristiques annuelles de la crise entre 50 et 60 milliards d'euros, correspondant à une baisse de la consommation dans le secteur de 30% à 35%.

Accor affiche un chiffre d'affaires en baisse de près de 70%

La publication des résultats de plusieurs entreprises, ce vendredi 23 octobre, vient confirmer le fort impact de la pandémie de Covid 19 sur le tourisme. Le groupe Accor, qui dispose d'un parc de 750 135 chambres pour 5 121 hôtels, affiche notamment un plongeon vertigineux de ses revenus au troisième trimestre. De début juillet à fin septembre, son chiffre d'affaires s'est effondré de 68,7%, à 329 millions d'euros.

Le revenu par chambre disponible (RevPAR), un indicateur clef du secteur, a également reculé de 62,8%, après une chute encore plus marquée au deuxième trimestre, de 88,2%. En France, le RevPAR a mieux résisté, avec une baisse de 44,6%, après une dégringolade de 88,6% d'avril à juin. "Cette performance est le résultat d'une reprise des flux de clientèle loisirs en province au cours de la période estivale (RevPAR en baisse de 27,6%) tandis que Paris et la région parisienne (RevPAR en baisse de 72,2%) ont été affectées par l'absence de la clientèle internationale", détaille Accor dans un communiqué.

Aéroports de Paris subit une dégringolade du trafic passagers

Le groupe ADP tire de son côté un bilan douloureux des neuf premiers mois de l'année 2020. Le trafic de ses aéroports de Roissy et d'Orly ressort en baisse de 66,3%, à 27,8 millions de passagers. Le chiffre d'affaires de l'entreprise a également dévissé de 52,7% par rapport à la même période de 2019, à 1,67 milliard d'euros.

"La crise liée à l'épidémie de Covid-19 continue d'affecter le secteur aéronautique et de peser sur la reprise du trafic aérien. La recrudescence de l'épidémie en France et en Europe nous amène à revoir à la baisse nos hypothèses de trafic pour Paris Aéroport en 2020 de -63 % à une fourchette de -65 % à -70 % par rapport à 2019", a déclaré le PDG d'ADP, Augustin de Romanet, dans un communiqué. Il prévoit en conséquence une baisse du chiffre d'affaires de l'ordre de 2,3 à 2,6 milliards d'euros en 2020. "Le Groupe ADP conserve une trésorerie solide lui assurant un niveau de liquidité suffisant", a-t-il toutefois ajouté.

La Compagnie des Alpes a dû fermer ses stations et ses parcs

La Compagnie des Alpes, qui vient aussi de dévoiler ses résultats, pour le compte de son exercice 2019-2020 clos fin septembre, a également fait part de revenus en net repli. Le chiffre d'affaires de l'exploitant de domaines skiables (La Plagne, Les Arcs, Tignes, Val d'Isère, Méribel, Serre Chevalier...) et de parcs à thèmes (Parc Astérix, Futuroscope, Walibi, Musée Grévin...) a diminué de 27,9%, à 615,6 millions d'euros.

"L'appétence pour la montagne en France cet été, après plusieurs semaines de confinement, a été importante", relève le groupe dans un communiqué. Ce qui a permis une progression de 9,7% de ses revenus au quatrième trimestre dans les stations qu'il exploite, à 7,8 millions d'euros. Mais cette période pesant très peu dans le chiffre d'affaires annuel de l'entreprise, ce trimestre "ne change donc pas la tendance observée avant l'été, à savoir une saison largement tronquée par la fermeture des domaines skiables entre mi-mars et mi-juin".

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L'activité de ses parcs de loisirs a encore plus chuté, avec des revenus en baisse de 39% sur l'ensemble de l'exercice 2019-2020, et de 91,4% rien qu'au troisième trimestre, d'avril à juin. La fréquentation totale sur un an a plongé de 44,5%. Il faut dire qu'à mi-mars, tous les parcs ont été fermés, pour rouvrir que progressivement entre fin mai et début juillet. Pour faire face à l'absence de recettes et s'assurer des liquidités, le groupe a notamment contracté en juin un prêt de 200 millions d'euros garanti par l'Etat.

Les résultats de la Compagnie des Alpes, comme ceux d'Accor et d'ADP, montrent à quel point la pandémie affecte le secteur du tourisme. Avec des perspectives économiques qui restent très floues, la France et l'Europe affrontant une deuxième vague de contaminations.

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