La crainte d'une récession au plus haut depuis 8 ans à Wall Street

La crainte d'une récession au plus haut depuis 8 ans à Wall Street

Brendan McDermid/Reuters

Selon Bank of America Merrill Lynch (BAML), la branche banque d'investissement de la Bank of America, les gestionnaires de fonds s'inquiètent de plus en plus de la possibilité d'une récession aux États-Unis au cours de la prochaine année. Le dernier sondage de la firme auprès des gestionnaires de fonds a révélé que 34% des investisseurs pensent qu'une récession est probable dans les 12 prochains mois, tandis que 64% pensent toujours que c'est improbable. Ces estimations en font la probabilité globale de récession la plus haute depuis 2011, selon l'enquête de BAML, qui se compose d'un panel de 171 personnes, gérant un total de 455 milliards de dollars (environ 406 milliards d'euros). Ce changement peut se voir dans le graphique ci-dessous :

Bank of America Merrill Lynch

Les économistes de BAML ont des points de vue similaires. Ils disent qu'il y a près d'une chance sur trois qu'une récession ait lieu d'ici les 12 prochains mois. "Et cette fois, nous sommes inquiets", a déclaré Michelle Meyer, économiste en chef de la Bank of America, la semaine dernière. "Nous avons maintenant un certain nombre d'indicateurs précoces qui commencent à signaler un risque accru de récession."

L'enquête mensuelle de BAML montre que de plus en plus d'investisseurs s'inquiètent de la possibilité d'un ralentissement économique aux États-Unis. Les gestionnaires de fonds sont désormais les plus optimistes en ce qui concerne les taux depuis 2008, car les inquiétudes suscitées par l'escalade de la guerre commerciale ont fait grimper le risque de récession.

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L'enquête du mois d'août arrive juste après un mois difficile pour les marchés. Lorsque la Réserve fédérale des Etats-Unis a baissé les taux en juillet pour la première fois depuis la crise financière, les actions ont chuté et les obligations se sont redressées, après que les marchés aient pris en compte les signaux dont le président Jérôme Powell avait alerté, comme quoi la banque centrale n'allait pas entamer un cycle d'assouplissement prolongé.

Depuis lors, les tensions liées à la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine se sont intensifiées et un certain nombre de banques centrales ont procédé à une baisse de leurs propres taux, faisant craindre que l'économie mondiale ait besoin d'un assouplissement pour continuer à fonctionner.

"Avec les faibles mesures d'investissement public depuis deux ans et demi, la Réserve fédérale des Etats-Unis, la BCE et la Banque du Canada doivent redonner confiance aux investisseurs", ont écrit les analystes de BAML dans le cadre de l'enquête. 

Mais il semble que ceux-ci ne soient pas convaincus que les banques centrales agiront en conséquence. Environ un quart des personnes interrogées estiment que la politique budgétaire est trop restrictive, ce qui signifie que les banques centrales devraient faire davantage pour stimuler l'économie. Les analystes de BAML affirment qu'il s'agit du cumul de politiques va-t-en-guerre depuis novembre 2016, tout en notant une évolution par rapport à ce que les investisseurs pensaient il y a un an.

L'an dernier, 90% des investisseurs s'attendaient à des taux à court terme plus élevés et 64% s'attendait à des taux à long terme plus élevés. Dans le sondage de juillet, les gestionnaires de fonds s'inquiétaient surtout de l'incidence que la politique monétaire de la Réserve fédérale des Etats-Unis aurait sur les taux d'intérêt bas et l'inflation à venir.

Les investisseurs sont maintenant bien positionnés avec valeurs en surperformance lorsque les taux d'intérêt et les bénéfices baissent, préférant les valeurs refuges à celles qui sont associés à un risque plus élevé. Le mois d'août a été le plus achalandé par le marché des capitaux à long terme du Trésor américain, et le troisième mois consécutif au cours duquel il s'est classé en tête des palmarès.

De plus, 43% des investisseurs s'attendent à voir une baisse des taux à court terme au cours des 12 prochains mois, ce qui représente l'opinion la plus optimiste sur les obligations depuis la Grande Récession.

Version originale : Carmen Reinicke/Markets Insider

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  1. Can we have account from other country in Selon Bank of America Merrill Lynch (BAML) ?

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