Manifestation pour le climat le 16 mars 2019. REUTERS/Charles Platiau

Certains moustiques peuvent être porteurs de maladies virales telles que la dengue, le chikungunya et le Zika. Ces maladies à transmission vectorielle sont responsables de plus d'un million de morts chaque année à travers le monde, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Une étude récemment publiée dans la revue scientifique "PLOS" et citée par Wired affirme que près d'un milliard de personnes pourraient être exposées aux maladies infectieuses comme la dengue ou le Zika à cause du réchauffement climatique. A noter que le paludisme, qui tue plus de 400 000 personnes chaque année selon l'OMS et notamment en Afrique, n'a pas été pris en compte dans l'étude. Si un scénario extrême de réchauffement climatique, soit une hausse des températures moyennes globales de plus de 4°C, se produisait d'ici 2080, le nombre de morts causés par ces maladies à transmission vectorielle ne ferait qu'augmenter. 

Les scientifiques de l'étude indiquent que certaines maladies tropicales qu'on ne trouve actuellement qu'en saison, dans certaines régions du globe — dans le Sud des Etats-Unis et en Europe du Sud — pourraient s'étendre dans les régions nordiques comme l'Alaska et le Nord de la Finlande. "Le changement climatique augmentera considérablement le potentiel d'expansion et d'intensification de la transmission du virus Aedes [ndlr: espèce d'insectes qui constitue le principal vecteur de la dengue, du Zika etc]", selon l'étude.

Ainsi, en Europe, le nombre de personnes exposées aux moustiques porteurs de la dengue pourrait doubler dans les 30 prochaines années. En revanche, les Caraïbes, l'Afrique de l'Ouest et l'Asie du Sud-Est deviendront des régions trop chaudes pour que les moustiques porteurs puissent transporter le virus efficacement. Les cas de maladies tropicales pourraient potentiellement diminuer. 

"Pour dire les choses simplement, le changement climatique va tuer un grand nombre de personnes", a déclaré le biologiste Colin J. Carlson, chercheur en postdoctorat au département de biologie de l'Université de Georgetown et coauteur de l'étude.

Robert T. Schooley, un expert des maladies infectieuses à l'Université de California, à San Diego, a souligné au site Popular Science que "les moustiques sont capables de propager les agents pathogènes transmissibles par le sang plus rapidement que les épidémiologistes ne peuvent suivre une épidémie. Il y a beaucoup de portes qui se refermeront au fur et à mesure que la planète se réchauffera. La propagation des moustiques et d'autres vecteurs qui peuvent transmettre de multiples agents pathogènes est un problème important sur lequel ceux qui ne pensent pas que le changement climatique soit un problème sérieux devraient réfléchir".

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