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La dette mondiale va atteindre un nouveau record en 2020

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La dette mondiale va atteindre un nouveau record en 2020
© HeungSoon/Pixabay

Le niveau d'endettement dans le monde ne cesse de grimper et il s'est envolé avec la crise du coronavirus. Après un record à 322% du produit intérieur brut (PIB) fin 2019, la dette mondiale devrait atteindre 277 000 milliards de dollars fin 2020, soit 365% du PIB, selon l'Institute of International Finance (IIF). À fin septembre, elle avait déjà augmenté de 15 000 milliards de dollars depuis le début de l'année. Cette forte hausse, liée notamment au financement de vastes plans de relance, peut donner le vertige.

Les pays développés sont à l'origine de près de la moitié de la progression de l'endettement mondial. Ils ont vu leur dette totale — publique et privée — décoller à 432% de leur PIB à la fin du troisième trimestre, contre environ 380% fin 2019, précise L'Agefi. Ce bond résulte de l'effet combiné de l'endettement et de la baisse du PIB, en raison du confinement et des mesures de restrictions sanitaires.

'Nationalisation' du marché de la dette

La dette a déjà augmenté de 1 500 milliards de dollars sur les neuf premiers mois de l'année dans la zone euro, pour s'élever à 53 000 milliards fin septembre, proche du record de 55 000 milliards atteints en 2014. Aux Etats-Unis, la dette a progressé de 9 000 milliards cette année et devrait atteindre 80 000 milliards de dollars fin 2020. Tant que les banques centrales sont derrière, il n'y a toutefois pas lieu de s'inquiéter, selon Christopher Dembik, chef de la recherche macroéconomique chez Saxo Bank.

"Du fait des plans de relance, on a accentué un phénomène préexistant : les banque centrales détiennent des parts de plus en plus importantes de dettes souveraines", souligne-t-il. "Depuis mars, la banque centrale européenne (BCE) a racheté 70% des émissions de dettes publiques." Aux Etats-Unis, la Réserve fédérale (Fed) a racheté 57% des émissions. Ce taux monte à 75% du coté de la banque centrale japonaise, précise Christopher Dembik. On assiste en quelque sorte à "une nationalisation du marché obligataire" (marché de la dette).

L'action des banques centrales préserve des attaques spéculatives

Les grandes banques centrales sont rassurantes et préservent les Etats endettés d'attaques spéculatives. "Elle peuvent continuer pendant de longues années à acheter de la dette. Après la Covid, il y a aura le réchauffement climatique", insiste l'économiste de Saxo Bank. Ces institutions pourraient injecter de nombreuses liquidités dans l'économie pour favoriser le financement de la transition écologique.

Un bond de l'inflation, provoqué par exemple par un choc pétrolier, pourrait en revanche changer la donne. Les banques centrales seraient alors contraintes de faire évoluer leurs politiques monétaires. "Mais on est structurellement sur des tendances déflationnistes", rassure Christopher Dembik, qui ne voit pas la courbe des prix s'envoler sur les dix prochaines années.

Un risque pour les Etats émergents

En revanche, l'IIF alerte sur les pays émergents, qui affichent un ratio d'endettement proche de 250% à fin septembre. Surtout, environ 7 000 milliards de dollars d'emprunts et d'obligations (titres de dette) de ces Etats arriveront à échéance d'ici la fin de l'année prochaine, dans un contexte de baisse des recettes fiscales en raison de la crise.

Si de grands pays émergents comme la Chine et le Brésil apparaissent très solides et sont de nature à rassurer les marchés, des Etats comme le Chili, l'Indonésie ou encore la Pologne, dont les banques centrales rachètent aussi massivement de la dette, ne sont pas forcément à l'abri d'attaques spéculatives, relève Christopher Dembik.

L'IIF reste préoccupé par l'endettement global des pays, qui pourrait atteindre jusqu'à 360 000 milliards de dollars d'ici 2030. "Il y a beaucoup d'incertitude sur la manière dont l'économie mondiale pourra se désendetter à l'avenir sans conséquences négatives importantes pour l'activité économique", estime l'institution. Les Etats devraient en tout cas éviter les politiques d'austérité, qui ont fait des ravages au lendemain de la crise financière de 2008.

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