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La France et l'Allemagne proposent un vaste plan d'aide européen qui se distingue par son caractère 'solidaire'

La France et l'Allemagne proposent un vaste plan d'aide européen qui se distingue par son caractère 'solidaire'
La chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, et Emmanuel Macron, en décembre 2019. © Christophe Morin/Bloomberg via Getty Images

Paris et Berlin veulent relancer l'économie, en empruntant une voie plus solidaire pour les Etats de l'Union européenne. Emmanuel Macron et Angela Merkel ont proposé lundi 18 mai un plan de relance en Europe de 500 milliards d'euros face à l'impact du nouveau coronavirus, qui ouvrirait la voie à une mutualisation des dettes sur le continent. "Pour soutenir une reprise durable qui rétablisse et renforce la croissance dans l'UE, l'Allemagne et la France soutiennent la création d'un Fonds de relance ambitieux, temporaire et ciblé" dans le cadre du prochain budget de l'UE" doté "de 500 milliards d'euros", souligne une déclaration commune.

Élément important : Paris comme Berlin proposent que la Commission européenne finance ce soutien à la relance en empruntant sur les marchés "au nom de l'UE". Cet argent sera ensuite reversé en "dépenses budgétaires" aux pays européens et "aux secteurs et régions les plus touchés", souligne la déclaration. En outre, "les pays bénéficiaires du plan de relance n'auront pas à rembourser les aides", a affirmé Emmanuel Macron, ce qui inclut un élément de solidarité inédit.

Des emprunts en commun sujet de divergence

"C'est un jour important", a souligné le chef de l'Etat français, alors que la question d'emprunts en commun est restée un sujet de divergence majeur ces dernières années entre pays du Nord et du Sud de l'Europe, notamment entre la France, qui y est favorable, et l'Allemagne, réticente. La chancelière allemande a affirmé que "l'objectif est de faire en sorte que l'Europe ressorte avec une cohésion renforcée et solidaire de cette crise".

"La France et l'Allemagne se positionnent en faveur de la solidarité" européenne, a souligné Angela Merkel, en reconnaissant que la proposition était "courageuse" et susceptible de s'attirer des critiques notamment en Allemagne. Elle avait ouvert la voie la semaine dernière à cette initiative franco-allemande en appelant à "une plus grande intégration" de la zone euro, suite à un jugement de la Cour suprême allemande critiquant les plans d'aide de la Banque centrale européenne.

L'accord franco-allemand "est un accord décisif mais il restera à emporter la conviction d'autres Etats membres, en particulier de quatre Etats : l'Autriche, le Danemark, la Suède et les Pays-Bas", a déclaré de son côté Bruno Le Maire, lors d'une audition à l'Assemblée nationale mardi 19 mai. "Ce sera une partie difficile, il ne faut pas se le cacher", a ajouté le ministre français de l'Economie et des Finances. Les négociations doivent avoir lieu lors du Conseil européen de juin, a-t-il précisé.

'Pas des prêts mais des dotations' directes aux pays les plus touchés

Les financements "seront ciblés sur les difficultés liées à la pandémie et sur ses répercussions", souligne le communiqué commun de Paris et Berlin. L'argent sera progressivement remboursé sur plusieurs années. Il ne s'agit pas encore avec cet outil des fameux "eurobonds", de la dette mutualisée directement entre les Etats européens, tels que l'Italie en particulier les a réclamés mais qui sont rejetés par l'Europe du Nord et Berlin. Mais ce plan, s'il est retenu par les 27 pays de l'Union européenne, se rapprocherait de ce modèle.

Le chef de l'Etat français a souligné qu'il s'agissait "d'une étape majeure" dans l'histoire européenne de ces emprunts européens. "Ce ne seront pas des prêts mais des dotations" directes aux pays les plus touchés, a dit la président de la République Macron. L'Italie, soutenue par la France, refusait que le plan de relance se borne à verser des lignes de crédits à rembourser.

La Commission européenne a indiqué se "réjouir" de la proposition franco-allemande. Ce plan de relance viendrait s'ajouter au programme d'urgence de 500 milliards d'euros environ déjà décidé face à la pandémie par les ministres des Finances de la zone euro et constitués de capacités de prêts notamment. Au total l'Europe débloquerait ainsi environ 1 000 milliards d'euros.

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Business Insider (avec AFP)
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