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La justice française restreint l’activité d’Amazon le temps d’évaluer la sécurité de ses employés

La justice française restreint l’activité d’Amazon le temps d’évaluer la sécurité de ses employés
Une employée dans un entrepôt Amazon prépare un coli. © Chris Radburn/PA Wire/ABACA

Amazon va devoir limiter son activité en France. Le tribunal judiciaire de Nanterre a ordonné mardi 14 avril au géant du e-commerce d'établir une évaluation des risques inhérents à l'épidémie de Covid-19 sur ses entrepôts et de restreindre en attendant son activité aux seuls produits essentiels, selon le jugement obtenu par l'AFP. La juridiction estime que la société a "de façon évidente méconnu son obligation de sécurité et de prévention de la santé des salariés". Le tribunal avait été saisi en référé par le syndicat Sud Solidaires, qui demandait la fermeture des six entrepôts de l'entreprise en France, rappelle Le Parisien.

La justice enjoint Amazon de restreindre son activité "aux seules activités de réception des marchandises, de préparation et d'expédition des commandes de produits alimentaires, d'hygiène et médicaux, sous astreinte d'un million d'euros par jour de retard et par infraction constatée". C'est ce que réclamait, à minima, le syndicat Sud Solidaires. Dans un communiqué publié le 8 avril, celui-ci reprochait à Amazon de ne pas protéger suffisamment ses employés et de poursuivre son activité "comme si de rien n'était, en dépit de la mobilisation du personnel, des mises en demeure des syndicats, de l'inspection et de la médecine du travail, mais aussi des critiques des ministres de l'Economie et du Travail".

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"C'est une bombe sanitaire et sociale qui est en train d'exploser et qui concerne plus de 10 000 travailleurs directs mais aussi une armée d'intérimaires et de livreurs", prévenait le syndicat. Le 3 avril, Amazon France avait promis des masques de protection pour ses employés et la mise en place de contrôles de la température à l'entrée de ses entrepôts dès le lundi 6 avril.

L'entreprise avait annoncé le 21 mars cesser de prendre des commandes jugées "moins prioritaires" sur ses sites français et italien pour se concentrer sur les produits les plus demandés, d'hygiène ou de base. Une source syndicale CFDT de l'entrepôt de Saran, dans le Loiret, cité par l'AFP le 8 avril, s'était montrée dubitative sur cette mesure, sous couvert d'anonymat : "on a eu des collègues qui nous disent que cela n'a pas été appliqué et ce dès le 17 mars."

Dans un communiqué transmis à Business Insider France, Amazon se dit "en désaccord avec la décision rendue aujourd’hui par le tribunal judiciaire de Nanterre" et indique évaluer "actuellement ses implications" pour ses sites logistiques français. "Nous continuerons également à travailler avec toutes les parties prenantes et à apporter les éclaircissements nécessaires comme nous l'avons fait depuis le début de cette crise sans précédent", précise l'entreprise, tout en indiquant que "rien n’est plus important que la sécurité de nos collaborateurs".

Dans son communiqué, Amazon annonce avoir distribué 127 000 paquets de lingettes désinfectantes, 27 000 litres de gel hydroalcoolique et plus de 1,5 million de masques. "Nous avons aussi mis en place des contrôles de température et des mesures de distanciation sociale et également triplé nos équipes d’entretien en France pour renforcer le nettoyage de 200 zones supplémentaires sur chaque site", détaille Amazon.

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