Download_on_the_App_Store_Badge_FR_RGB_blk_100517

La Lune serait plus riche en métaux qu'on ne le pensait et ça pourrait changer nos hypothèses sur sa formation

La Lune serait plus riche en métaux qu'on ne le pensait et ça pourrait changer nos hypothèses sur sa formation
© NASA

Une nouvelle étude publiée dans la revue Earth and Planetary Science Letters présente de nouvelles preuves indiquant que le sous-sol de la Lune pourrait être plus riche en métaux (fer, titane...) que les scientifiques ne le pensaient jusqu'à présent. Les résultats de cette étude ont été obtenus à l'aide des données du Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO) lancé en 2009 par la NASA. "La mission du LRO et son instrument radar [ndlr : baptisé Mini-RF] continuent de nous surprendre avec de nouvelles idées sur les origines et la complexité de notre plus proche voisin", a déclaré dans un communiqué Wes Patterson, chercheur principal de l'instrument miniature à radiofréquence (Mini-RF) de la LRO du Johns Hopkins Applied Physics Laboratory (APL) et co-auteur de l'étude.

Cette étude permet de mieux comprendre le processus de formation de la Lune et ses liens avec la Terre, estiment les chercheurs. "Cela soulève vraiment la question de savoir ce que cela signifie pour nos hypothèses de formation précédentes", a déclaré Essam Heggy, co-chercheur des expériences Mini-RF de l'Université de Californie du Sud à Los Angeles et auteur principal de l'étude. L'hypothèse largement retenue concernant la formation de la Lune est la suivante : la Lune s'est formée il y a 4,46 milliards d'années — soit 100 millions d'années après la naissance du Système solaire — à la suite de la collision de la proto-Terre avec un impacteur (objet percutant un astre) de la taille de la planète Mars appelé Théia. "C'est à partir des débris résultant de cette collision que la Lune s'est formée", avait expliqué à Business Insider France Alessandro Morbidelli, chercheur CNRS au Laboratoire J-L Lagrange à l'Observatoire de la Côte d'Azur. Ainsi, une grande partie de la Lune est composée de matière provenant de la Terre, de sa croûte supérieure plus précisément, censée être pauvre en métaux.

Pourtant, la Lune semble être plus riche en métaux que la Terre — seules les quelques premières centaines de mètres de la surface lunaire seraient pauvres en oxydes de fer et de titane, mais sous cette surface, il y a une augmentation constante jusqu'à atteindre une abondance riche et inattendue — et cela "remet en question l'idée que ce sont des parties du manteau et de la croûte terrestre qui ont été mises en orbite. Une plus grande concentration de dépôts de métaux peut signifier que d'autres hypothèses sur la formation de la Lune doivent être explorées. Il est possible que la collision avec Théia ait été plus dévastatrice pour notre Terre primitive, des sections beaucoup plus profondes ayant été mises en orbite, ou que la collision ait pu se produire alors que la Terre était encore jeune et couverte par un océan de magma. Une autre possibilité serait que la présence de plus de métal pourrait indiquer un refroidissement compliqué de la surface de la Lune en fusion, comme le suggèrent plusieurs scientifiques", selon le communiqué de presse de l'Université de Californie du Sud présentant l'étude.

Par ailleurs, Essam Heggy, co-chercheur des expériences de la Mini-RF de l'Université de Californie du Sud et auteur principal de l'étude, a estimé qu'une meilleure compréhension de la quantité de métaux que possède réellement la surface de la Lune pourrait permettre aux scientifiques de "lever les ambiguïtés sur la façon dont elle s'est formée, sur son évolution et sur sa contribution au maintien de l'habitabilité sur Terre". Il a ajouté : "notre Système solaire compte à lui seul plus de 200 lunes. Comprendre le rôle crucial que jouent ces lunes dans la formation et l'évolution des planètes qu'elles orbitent peut nous permettre de mieux comprendre comment et où les conditions de vie en dehors de la Terre peuvent se former et à quoi elles peuvent ressembler".

Quoi qu'il en soit les recherches des scientifiques ne s'arrêteront pas là : ils ont déjà commencé à étudier les sols des cratères de l'hémisphère Sud de la Lune pour voir s'ils découvrent des compositions en métaux similaires.

A lire aussi — La Lune pourrait toujours avoir une activité tectonique, même aujourd'hui

Business Insider
Découvrir plus d'articles sur :