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La lutte de Facebook contre les 'fake news' liées au Covid-19 pourrait forcer le réseau social à combattre davantage la désinformation

La lutte de Facebook contre les 'fake news' liées au Covid-19 pourrait forcer le réseau social à combattre davantage la désinformation
Mark Zuckerberg, PDG de Facebook. © AP Photo/Alex Brandon

Face à la pandémie, Facebook se montre plus dur que par le passé en matière de lutte contre la désinformation. Cette décision pourrait revenir le hanter. Parallèlement au coronavirus, les fausses informations et les canulars se sont propagés comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux. Les remèdes miracles, la désinformation intentionnelle sur les politiques gouvernementales et les allégations sauvages selon lesquelles Bill Gates aurait orchestré toute la crise sanitaire abondent.

Dans le passé, Facebook a été fortement critiqué pour ne pas lutter contre la diffusion de fausses informations sur la plateforme. Certes, les mensonges sur les coronavirus sont encore faciles à trouver sur Facebook — mais le groupe a pris des mesures plus décisives que les années précédentes :

  • Pour commencer, Facebook affiche désormais des messages d'avertissement aux personnes qui ont partagé de fausses informations sur le Covid-19. Ils sont imparfaits — Stat rapporte qu'ils sont trop vagues pour avoir un impact majeur —, mais c'est un pas de plus que ce que Facebook a fait en matière de désinformation dans le passé.
  • L'entreprise supprime également les pages d'événements qui rejettent la science traditionnelle et demandent aux gens de faire fi des règles de confinement.
  • Facebook a également interdit "Plandemic", une vidéo conspirationniste sur les coronavirus qui s'est propagée sur les réseaux sociaux et qui contient de nombreuses fausses informations.

Mais les mesures prises par Facebook pour lutter contre la désinformation sur Covid-19 pourraient se retourner contre l'entreprise. Elles pourraient augmenter la pression sur la plateforme pour qu'elle prenne des mesures plus fermes contre d'autres formes de désinformation.

Historiquement, l'approche de Facebook n'est pas de supprimer les "fake news", mais d'essayer d'étouffer leur portée par des modifications algorithmiques. Malgré cela, la pseudo-science, les théories conspirationnistes anti-gouvernementales et autres fausses informations abondent encore sur le réseau social. Mais l'entreprise a maintenant démontré qu'elle pouvait prendre des mesures plus décisives en matière de désinformation, lorsque les enjeux sont suffisamment importants. Ses détracteurs pourraient par la suite se demander pourquoi le réseau social est si réticent à lutter contre les fausses informations alors qu'il a su lutter contre les "fake news" liées au coronavirus.

La défense attendue de Facebook ? Que l'entreprise se concentre sur le retrait des contenus qui causent un "préjudice imminent", et que si la désinformation liée Covid-19 entre dans cette catégorie, beaucoup d'autres fausses informations n'en font pas partie. Cependant, utiliser "l'imminence" comme baromètre d'acceptabilité est douteux : le déni de vaccin entraîne directement la mort de bébés et d'enfants. Le fait que ce préjudice ne soit pas "imminent" ne le rend pas moins dangereux — mais, pour l'instant, ce type de contenu est librement publié sur Facebook.

Et Facebook est toujours plein de groupes qui rallient des opposants à la technologie 5G, avec des allégations sans preuve sur ses effets sur la santé (des théories la tenaient pour responsable de l'épidémie de coronavirus). Ces messages ont mené à l'incendie de tours émettrices et à l'agression de techniciens des télécoms. Facebook censure en effet les incitations à la violence, mais la campagne de peur plus générale qui peut servir de passerelle vers des actions extrêmes demeure.

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Cette semaine, Facebook a annoncé la nomination des 20 premiers membres de son conseil des sages — une entité de type "Cour suprême", qui examinera les rapports des utilisateurs et décidera des contenus répréhensibles qui sont ou non autorisés sur Facebook et Instagram, avec le dernier mot sur l'entreprise. Il reste à voir si ses décisions peuvent affecter l'approche de la société en matière de fausses informations. Elle doit encore nommer le reste de ses membres.

Pour l'instant, des limites ont été instaurées quant à ce que Facebook va accepter dans sa lutte contre la désinformation liée aux coronavirus. Le PDG Mark Zuckerberg a annoncé que l'entreprise supprimerait immédiatement les messages faisant la publicité de faux remèdes dangereux au Covid-19, comme la consommation d'eau de javel. Cela "va évidemment créer un préjudice imminent", a-t-il déclaré en mars. "C'est tout autre chose que le va-et-vient des accusations qu'un candidat pourrait formuler lors d'une élection."

Mais en avril, le président américain Donald Trump a suggéré que les gens pourraient essayer de s'injecter du "désinfectant" comme remède. Ce qui présente un potentiel extrêmement nocif. Facebook n'a toutefois pas retiré la vidéo de sa plateforme.

Version originale : Rob Proce/Business Insider

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