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La maison-mère du groupe Casino va pouvoir régler ses dettes après l'approbation de son plan de sauvegarde

La maison-mère du groupe Casino va pouvoir régler ses dettes après l'approbation de son plan de sauvegarde
© Business Insider France/Claire Sicard

Et si Jean-Charles Naouri, patron et propriétaire de Casino, parvenait malgré tout à sauver son empire ? Le Tribunal de Commerce de Paris a en effet approuvé le plan de sauvegarde rééchelonnant la dette de Rallye, la maison mère du distributeur Casino, en grandes difficultés financières. Une bouffée d'oxygène salutaire, mais temporaire. Rallye et ses holdings Foncière Euris, Finatis et Euris "annoncent que le Tribunal de Commerce de Paris a arrêté le 28 février 2020 leurs plans de sauvegarde", affirme un communiqué de la société, dont l'actionnaire majoritaire est l'homme d'affaires Jean-Charles Naouri.

Élaborés avec le concours des administrateurs judiciaires, ces plans prévoient le règlement des dettes accumulées par Rallye et les trois holdings sur une durée de dix ans : cela représente un montant total de près de 3,3 milliards d'euros, dont 2,9 milliards d'euros pour Rallye et ses filiales. Les projets de plans de sauvegarde liés à chaque société prévoient un calendrier de règlement des dettes uniforme pour tous les créanciers. Durant les deux premières années, 100 000 euros seront répartis chaque année entre tous les créanciers. Puis de la troisième à la neuvième année, 5% de chaque créance sera acquitté.

Enfin, la dixième et dernière année, 65% de chaque dette sera réglé, montant duquel sera déduit les sommes déjà versées les deux premières années. Ces propositions ont été approuvées par 71% des créanciers, selon le communiqué. À la Bourse de Paris, après avoir bondi de 3,84% à 8,38 euros peu avant 10h, le titre Rallye prenait 0,37% à 8,10 euros à 11h30, dans un marché stable.

Casino prend 'bonne note des décisions du tribunal'

Selon le communiqué, Rallye et ses holdings "disposent de trois types de ressources pour faire face à leurs passifs : les dividendes de Casino, la cession de leurs actifs non-stratégiques et différentes options de refinancement". Casino a toutefois déjà fait savoir qu'il ne verserait aucun dividende en 2020 au titre de l'exercice 2019. Dans un communiqué lundi, il précise que "les décisions sur les futures distributions seront prises en fonction de la situation financière du groupe, dans son intérêt social et dans le respect de sa documentation bancaire et obligataire".

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Le distributeur stéphanois avait annoncé mi-janvier un chiffre d'affaires 2019 en repli de 5,46% à 34,6 milliards d'euros, du fait de la sortie des comptes de Leader Price, en cours de cession à l'allemand Aldi. Il avait également fait savoir qu'il révisait à la baisse, de 10% à 5%, sa prévision d'estimation de la croissance du Résultat Opérationnel Courant (ROC), l'indicateur phare dans la distribution. Dans son communiqué lundi, Casino a souligné qu'il prenait "bonne note des décisions du tribunal, qui emportent pour ces sociétés (Rallye, ses filiales, ainsi que Foncière Euris, Finatis et Euris) des engagements financiers à partir de 2023".

Rallye annonce un nouvel accord avec l'homme d'affaires tchèque Daniel Kretinsky

Dans ce contexte, "le groupe Casino confirme poursuivre l'exécution de son plan stratégique 2020-2022". "Les seules décisions prises à ce jour par le groupe Casino concernant son plan de cession et sa politique de dividende sont celles déjà communiquées" : un plan de "cession d'actifs de 4,5 milliards d'euros au total en France d'ici la fin du premier trimestre 2021" et donc "aucune distribution de dividende pendant l'année 2020".

Rallye a également annoncé lundi avoir un accord avec EP Investment, un créancier non concerné par ces plans de sauvegarde, afin de refinancer ses opérations liées à des produits dérivés et de financer ses opérations courantes. Cette société est contrôlée par l'homme d'affaires tchèque Daniel Kretinsky, qui possède 5,64% du capital de Casino.

Fin novembre, Rallye avait aussi annoncé la conclusion d'accords avec d'autres créanciers non concernés par les plans de sauvegarde, visant le réaménagement de plusieurs échéances financières (ses "opérations de dérivés").

Business Insider
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