La marque de smartphones Crosscall assied sa crédibilité face à Samsung ou Huawei en équipant les contrôleurs de la SNCF

Le nouveau smartphone Trekker-X4 de Crosscall pour les sportifs, aventuriers ou tout simplement ceux qui n'ont pas peur de faire tomber leur téléphone. Business Insider France/Thomas Giraudet

Wiko n'est pas la seule marque de smartphones originaire du sud de la France. Il y a également Crosscall, installée à Aix-en-Provence. Et à l'inverse de Wiko, passée sous pavillon chinois,  et qui va perdre une partie de ses effectifs à Marseille, Crosscall vient de glaner un joli succès en équipant en smartphones les contrôleurs de la SNCF. L'entreprise va fournir 21 500 exemplaires de son dernier smartphone, le Trekker-X4, aux contrôleurs de trains, agents d'escale, ceux en charge de la gestion de groupe et ceux responsables de la relation distance, d'ici avril 2020.

"Les 21 500 agents de la relation clients des trois activités Voyages, TER et Intercités vont pouvoir ainsi bénéficier de l'expertise technologique avancée de Crosscall en pleine mobilité, sachant que les terminaux seront notamment amenés à être utilisés à plus de 300 km/h sur le rail. Crosscall avec son Trekker-X4 va nous permettre de répondre à l'ensemble des usages liés à nos différents métiers", s'enthousiasme Benoît Pasquier, directeur de projets au Pôle Mobilité de la DSI Personnels Roulants chez SNCF, cité dans un communiqué. Selon nos informations, Crosscall, qui conçoit en France mais fait fabriquer ces smartphones en Chine, s'est imposée au nez et à la barbe de Nokia, Huawei ou encore Samsung. La SNCF aurait récompensé la durabilité des smartphones et notamment l'usage en conditions réelles.

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Un contrat à 8 M€

Ce marché est évalué à 8 millions d'euros sur trois ans et devrait permettre à Crosscall d'approcher la barre des 100 millions d'euros de chiffre d'affaires à la fin de l'exercice fiscal de 2019, en avril prochain. Il était de 72 millions d'euros en 2018. A date, les revenus de Crosscall se partagent à parts égales entre les produits vendus aux professionnels et au grand public. Ce type de contrat est un fort levier de notoriété, à la fois pour les futurs marchés publics mais aussi pour le grand public. Les 21 000 personnes qui auront un Trekker-X4 entre les mains sont en effet autant de prescripteurs possibles. "Une marque comme la notre a besoin d'asseoir sa crédibilité dans le monde des entreprises", assure David Eberlé, associé et vice-président de la PME aixoise.

C'est aussi une bonne nouvelle pour le smartphone dont les ventes ont semble-t-il un peu déçu en interne. Cyril Vidal, fondateur et PDG, le reconnaissait à demi-mot le mois dernier, à l'occasion d'une visite presse au siège de l'entreprise. "Le produit était innovant. On l'a positionné comme un flagship très technique. On est satisfait mais on a peut être donné trop d'options". Crosscall est distribuée à ce jour dans 1050 points de vente en France mais aussi dans 16  pays dont la Suisse, la Belgique, l'Italie et l'Espagne.

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'On ne voit pas de réelle menace arriver'

Crosscall a écoulé 500 000 terminaux sur l'exercice passé et deux millions depuis sa création en 2009. Face à Apple, Samsung, Huawei, OnePlus ou encore Nokia, l'entreprise de 140 personnes est un nain, sans les moyens financiers et marketing inhérents à un marché qui représente chaque année des dizaines de millions de smartphones en France (20 millions en 2016). "A l'avenir, on peut espérer allier des bons produits, résistants, durables, capables de séduire tout à chacun. On a toujours décidé d'être rentable, d'évoluer sagement avec des objectifs réalisables, qui ont du sens. On peut nous souhaiter de continuer à croître. La croissance (40% l'an dernier), ça fait du bien", assurait Cyril Vidal en septembre, interrogé sur sa vision de Crosscall pour les dix prochaines années.

Le dirigeant n'a pas voulu de donner de chiffres précis, évoquant simplement le doublement ou triplement des effectifs et du chiffre d'affaires à l'avenir en démontrant que "Crosscall n'est plus sur une niche", celle des adeptes "des sports d'aventures et des professionnels". Pour David Eberlé, ancien président de Samsung France, Crosscall a le temps de grandir car elle serait à l'abri de l'offensive de l'un des géants ou d'un nouvel entrant asiatique alors que le taux d'équipement en smartphones commence à atteindre des limites — 75% des Français en ont un. "On ne voit pas de réelle menace arriver, tranche le dirigeant. Ce marché, en quelque sorte, on l'a créé et il reste trop petit pour des plus gros acteurs. Ce sont des centaines de milliers d'unités écoulées mais sans le renouvellement habituel de 18 à 24 mois. C'est compliqué pour eux vu l'investissement consenti".

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