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La NASA a choisi le premier rover américain qui atterrira sur la Lune en 48 ans et il s'agit d'un robot chasseur de glace

La NASA a choisi le premier rover américain qui atterrira sur la Lune en 48 ans et il s'agit d'un robot chasseur de glace
Une illustration montrant le système d'alunissage Griffin d'Astrobotic déployant une rampe pour livrer le robot VIPER de la NASA sur la surface lunaire. © Astrobotic

La NASA a choisi le premier rover américain qui atterrira sur la Lune en 48 ans, en octroyant un contrat de 199,5 millions de dollars à la société aérospatiale Astrobotic, basée à Pittsburgh, rapporte Business Insider US. Le rover s'appelle "VIPER" (pour "Volatiles Investigating Polar Exploration Rover") et atterrira fin 2023 dans la mystérieuse région du pôle Sud afin d'y rechercher de la glace d'eau. Il s'agira du premier rover lunaire de la NASA depuis la fin du programme Apollo en 1972 et si la mission est un succès, du tout premier à explorer le pôle Sud de notre satellite naturel.

"Il y a treize ans, nous avons lancé Astrobotic pour rendre la Lune accessible au monde entier. Aujourd'hui, nous sommes très heureux d'annoncer que notre atterrisseur Griffin livrera le rover VIPER de la NASA au pôle Sud de la Lune en 2023. C'est une opportunité vraiment importante pour Astrobotic. Merci à nos amis de la NASA pour ce grand honneur. Nous sommes impatients de vous rendre fiers, vous et notre nation", a déclaré John Thornton, patron d'Astrobotic, à Business Insider US dans un communiqué envoyé par e-mail.

Astrobotic a obtenu ce contrat dans le cadre du programme "Commercial Lunar Payload Services (CLPS)" de la NASA. Doté de 2,8 milliards de dollars, cette initiative doit permettre à 14 entreprises d'obtenir des contrats pour la livraison de charges utiles sur la Lune pour la NASA. C'est l'équivalent lunaire du "Commercial Crew Program", celui-ci même qui a permis à SpaceX et Boeing de concevoir des vaisseaux pour le transport d'astronautes vers et depuis la Station spatiale internationale (ISS). Le 31 mai dernier, SpaceX a d'ailleurs réussi la première partie de sa mission, à savoir l'envoi et l'amarrage à l'ISS de son vaisseau transportant les deux astronautes de la NASA Bob Behnken et Doug Hurley.

La mission du rover VIPER s'inscrit dans les grandes ambitions de la NASA de retour sur la Lune et d'exploration future de Mars dans le cadre d'une nouvelle ère où elle s'associerait d'avantage avec des entreprises commerciales. Objectifs ? Rendre l'exploration spatiale moins coûteuse et plus rapide, en s'appuyant sur les technologies développées par le secteur privé. Les Etats-Unis espèrent notamment un retour d'humains sur la Lune en 2024 avec son programme Artemis.

"Le rover VIPER et le partenariat commercial qui le livrera sur la Lune sont un excellent exemple de la manière dont la communauté scientifique et l'industrie américaine font de la vision de la NASA en matière d'exploration lunaire une réalité", a déclaré l'administrateur de la NASA, Jim Bridenstine, dans un communiqué de presse. "Les partenaires commerciaux changent le paysage de l'exploration spatiale, et VIPER va donner un grand coup de pouce à nos efforts pour envoyer la première femme et le prochain homme sur la surface lunaire".

Le rover VIPER, de la taille d'une voiture de golf, devrait se poser sur la Lune en décembre 2022 à l'aide de l'atterrisseur Griffin d'Astrobotic. Pour l'instant, on ne sait pas encore quel système de fusée permettra à l'atterrisseur et au rover de quitter la Terre. Cela "reste à être déterminé", a indiqué un porte-parole d'Astrobotic à Business Insider US. Toutefois, une vidéo promotionnelle publiée par la NASA montre le lancement de Griffin à bord d'une fusée Atlas V, construite par United Launch Alliance (ULA). Mais ni la NASA ni ULA n'ont fait de commentaires à ce sujet.

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Pourquoi rechercher de la glace ?

Le rover VIPER devrait passer 100 jours à collecter des données qui permettront de cartographier pour la première fois la glace d'eau présente dans la région du pôle Sud. La NASA entend ensuite réaliser les premières cartes mondiales de ressources en eau sur la Lune. "Depuis la confirmation de la présence de glace d'eau lunaire il y a 10 ans, la question est de savoir si la Lune pourrait vraiment contenir la quantité de ressources dont nous avons besoin pour vivre hors de la planète", a déclaré Daniel Andrews, le directeur du projet de la mission, en octobre dernier. "Ce rover nous aidera à répondre aux nombreuses questions que nous nous posons sur la localisation de l'eau et sur la quantité d'eau que nous pouvons utiliser". En 2021 et 2022, la NASA prévoit ainsi d'envoyer sur la Lune des versions tests des instruments qui équiperont le rover et lui permettront de mener sa mission à bien. Une première dans l'histoire de la NASA.

Pourquoi la recherche d'eau est-elle si importante ? L'eau n'est pas seulement un élément indispensable pour la survie des voyageurs humains, mais aussi pour faire du carburant. Et pour retourner sur la Lune et y rester de façon plus permanente comme l'envisagent désormais les Etats-Unis et l'Europe notamment, il faudra avoir des ressources in situ. "L'eau, dans l'espace, est nécessaire à la vie des futurs voyageurs, protège des radiations, mais sert surtout à produire le carburant nécessaire à toute l'entreprise (hydrogène et oxygène, par hydrolyse)", avait expliqué l'astronaute français Thomas Pesquet.

Trouver de l'eau pour les missions vers des planètes plus lointaines, dont Mars, est donc d'autant plus nécessaire. Sachant que pour les Etats-Unis, faire atterrir à nouveau des hommes sur la Lune constitue un point d'étape "pour apprendre et développer les techniques et l'expérience nécessaires pour envoyer l'Homme sur Mars", avait expliqué à Business Insider France Francis Rocard, responsable des programmes d'exploration du système solaire au Centre national d'études spatiales (CNES).

En effet, la NASA a comme projet d'établir une base lunaire qui lui permettrait de construire des radiotélescopes, qui seraient ainsi loin du bourdonnement polluant des activités humaines sur Terre. Les astronautes en mission dans cette base pourraient y tester des technologies susceptibles de les aider à vivre sur Mars et recueillir d'autres données pour en savoir plus sur l'histoire de notre satellite naturel.

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Business Insider
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