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La NASA avertit qu'un astéroïde 'potentiellement dangereux' passera 'près' de la Terre ce vendredi


Illustration d'un astéroïde près de la Terre. © Science Photo Library - ANDRZEJ WOJCICKI

La NASA a prévenu qu'un astéroïde d'un diamètre compris entre 130 et 290 mètres et classé dans la catégorie "potentiellement dangereux" (les PHA pour "potentially hazardous asteroids" en anglais) passera "à côté" de la Terre vendredi 24 juillet 2020. L'astéroïde, baptisé "2020 ND", fait partie des objets géocroiseurs ("Near-Earth Object"), autrement dit ceux croisant l'orbite de la Terre. D'après les calculs de la NASA, l'astéroïde 2020 ND sera à 0,034 unité astronomique de notre planète, soit environ 5,1 millions de kilomètres, puisqu'une unité astronomique équivaut à la distance entre la Terre et le Soleil (150 millions de kilomètres). L'objet se déplace à une vitesse de 48 000 kilomètres par heure.

Les astéroïdes "potentiellement dangereux" sont suivis de près par la NASA et l'Agence spatiale européenne (ESA) notamment, et par définition, cette catégorie comprend les astéroïdes dont le diamètre moyen est supérieur à 140 mètres et/ou qui ont une distance minimale à l'orbite de la Terre en-dessous de 0,05 unité astronomique (7,5 millions de kilomètres). Mais ce nom est un peu trompeur, car cela ne signifie pas que l'objet 2020 ND risque de s'écraser sur Terre. Comme l'explique la NASA, "un passage 'proche' astronomiquement peut être très éloigné en termes humains : des millions ou même des dizaines de millions de kilomètres." Ce n'est pas la première fois que l'astéroïde 2020 ND passe "à côté" de notre planète : il l'a déjà fait à cinq reprises dans le passé, car il maintient une orbite autour du Soleil qui l'approche à la fois de la Terre et de Mars de temps à autre.

Mais comment ces objets géocroiseurs se retrouvent-ils "près" de la Terre ? Dans son introduction sur les objets géocroiseurs, l'agence spatiale américaine précise que ces objets "sont des comètes et des astéroïdes qui ont été poussés par l'attraction gravitationnelle de planètes proches sur des orbites qui leur permettent d'entrer dans le voisinage de la Terre." Concernant les astéroïdes, la NASA indique que "la plupart des astéroïdes rocheux se sont formés dans le système solaire intérieur plus chaud entre les orbites de Mars et de Jupiter" et que "l'intérêt scientifique pour les comètes et les astéroïdes est dû en grande partie à leur statut de débris relativement inchangés du processus de formation du Système solaire il y a environ 4,6 milliards d'années". Et d'ajouter : "les astéroïdes actuels sont les restes de l'agglomération initiale des planètes intérieures qui comprennent Mercure, Vénus, la Terre et Mars."

Trois autres astéroïdes devraient passer "près" de la Terre ce mois-ci, selon la NASA : il s'agit des astéroïdes 2020 MX3 le 29 juillet 2020, 2018 PY7 et 2007 RF1 le 31 juillet 2020.

Si un astéroïde s'écrasait réellement sur Terre, les dégâts seraient quasi similaires à ceux causés par l'explosion de plusieurs centaines, milliers voire centaines de milliers de bombes nucléaires, mais sans les conséquences liées au nucléaire. Tout dépendra également de la taille de l'astéroïde en question. Interrogé précédemment par Business Insider France, Patrick Michel, directeur de recherches au CNRS et responsable du groupe de planétologie du laboratoire Lagrange à l'Observatoire de la Côte d'Azur, avait déclaré qu'il "est impossible de dire que le risque est nul en général, il est très très faible, et c'est d'ailleurs le risque naturel le plus faible par rapport à celui que pose par exemple, les tremblements de terre. Mais on ne peut pas totalement l'écarter et les conséquences peuvent être importantes, sachant que l'on ne connaît que 30% des objets de plus de 140 mètres qui croisent la trajectoire de la Terre".

Les agences spatiales travaillent actuellement sur différents projets parmi lesquels le lancement d'AIDA, la mission conjointe entre la NASA et l'ESA et la toute première déviation d'un astéroïde en conditions réelles prévue pour juillet 2021, et le lancement par la NASA d'un nouveau télescope pour détecter les astéroïdes dangereux.

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