La NASA et SpaceX comptent envoyer le premier vol habité avec la capsule Crew Dragon début 2020

La capsule Crew Dragon de SpaceX. Nasa/spus/ABACAPRESS.COM

La NASA et SpaceX envisagent de lancer un vol habité avec la capsule Crew Dragon conçue par la société d'Elon Musk dès début 2020, peut-être même au premier trimestre, a indiqué l'administrateur de la NASA Jim Bridenstine, ce jeudi 10 octobre 2019, lors d'une visite de l'usine de SpaceX à Hawthorne, en Californie. Il s'agirait de la première fois depuis 2011 que des astronautes américains s'envoleraient dans l'espace à bord d'un vaisseau américain et depuis le sol américain. 

En effet, l'agence spatiale n'a plus de véhicule propre pour transporter les astronautes en direction et en provenance de la Station spatiale internationale (ISS) depuis près de huit ans. La NASA dépend totalement de la Russie pour envoyer ses astronautes vers l'ISS, à raison de 85 millions de dollars la place. Mais la capsule russe, Soyouz, a rencontré des problèmes techniques en octobre 2018, avec notamment un lancement raté où deux astronautes ont dû atterrir en urgence

SpaceX construit pour la NASA le vaisseau Crew Dragon pour assurer la liaison entre la Terre et l'ISS, mais le développement a pris du retard, en particulier après l'explosion d'une capsule lors d'un test des moteurs au sol en avril dernier. Au tout départ, SpaceX avait déclaré que le premier vol habitué devrait avoir lieu avant la fin 2019.  

Les retards ont créé des tensions publiques entre l'agence spatiale américaine et SpaceX, mais Elon Musk, fondateur et DG de SpaceX, a indiqué ce jeudi, en recevant le patron de la NASA que l'appareil devrait être livré à Cap Canaveral en Floride d'ici la fin de l'année. "Si tout se passe normalement, ce serait au premier trimestre de l'an prochain", a déclaré Jim Bridenstine aux journalistes, en parlant du lancement de la première mission habitée de Crew Dragon.

"Mais nous n'allons pas prendre de risques indus car la sûreté de nos astronautes et le succès de la mission sont la priorité numéro une", a-t-il dit, aux côtés des deux astronautes choisis pour ce premier vol, Bob Behnken et Doug Hurley.

De nouveaux tests de sécurité

Parmi les obstacles qui restent à franchir : de nouveaux tests des propulseurs, ainsi que des parachutes, dont la conception a dû être revue après des tests insatisfaisants. "Les parachutes, ça a l'air simple, mais ce n'est pas simple du tout", a dit Elon Musk. "Nous voulons réussir dix tests de lâchers avant d'envoyer des astronautes".

Le retard était déjà d'environ trois ans quand SpaceX a réussi une première mission à vide de Crew Dragon en mars dernier, avec un aller-retour réussi vers l'ISS. Le premier vol habité aurait dû avoir lieu l'été dernier, mais l'accident d'avril a forcé SpaceX et la NASA à conduire de nouveaux tests. "Honnêtement, s'il ne se passe rien dans un programme de tests, je dirais que le programme de tests n'est pas assez rigoureux", a affirmé Elon Musk.

La NASA compte sur SpaceX mais aussi Boeing — qui construit de son côté CST-100 Starliner — pour parvenir à effectuer un premier vol habité 100% américain dès l'an prochain, mais l'agence a tout de même assuré ses arrières en signant un contrat avec la Russie pour l'achat de deux sièges supplémentaires sur les capsules Soyouz pour assurer une présence américaine sur l'ISS en 2020, a rappelé Ars Technica.

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